‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 220 sur 299 · AMPUTA TIONS · texte numérisé non relu

AMPUTA TIONS

coussins de sable chaud et des injections de morphine. Le pansement a presque toujours besoin d’être refait le lendemain, à cause du suintement et au bout de 48 heures, poui l’ablation des drains. Il persiste parfois un suintement noirâtre, dû à un écoulement sanguin venant de l’os ; il faut alors drainer plus longtemps, jusqu’à ce qu’il soit tan.

L’attitude qu’on donne au membre pendant son séjour au lit a une très grande importance au point de vue ultérieur.

Si vous fléchissez un moignon de cuisse, au lieu de le maintenir en extension, nous a souvent répété M. Campenon, vous aurez un malade qui ne pourra pas marcher avec son appareil prothétique, ou qui marchera mal. Le moignon, sous l’influence du psoas plus ou moins rétracté, restei a en flexion, et, quand vous adapterez une jambe artificielle, elle formera un angle plus ou moins obtus avec le bassin. Dès lors, pour se servir de son membre, l’amputé sera obligé de corriger cette attitude par une ensellure lombaire qui le fatiguera vite et le gênera considérablement.

Chaque fois qu’on refera le pansement, on aura bien soin soin d’attirer les téguments en masse vers l’extrémité du moignon afin qu’il ne se produise aucun tiraillement sur la cicatrice. C’est en outre une excellente précaution pour éviter quelques fâcheuses complications post-opératoires (moignons coniques, adhérences). Au 8e jour, on enlèvera les fils.

Le moignon se présente dès lors dans de bonnes conditions pour prendre appui sur un appareil prothétique. Il ne faut cependant pas trop se hâter de l’appliquer, et savoir attendre que les tissus qui constituent le moignon soient complètement cicatrisés. En attendant trop, on s’expose en revanche à voir les muscles du moignon dégénérer et devenir incapables de rendre les services qu’on leur demandera.

Avant d’adapter l’appareil prothétique au moignon, il faudra toujours préserver celui-ci en le recouvrant d’une gaine de laine.

CHIRURGIE DES MEMBRES

Il faut un certain temps au malade pour s’habituer à son appareil. Il faudra le prévenir et exiger dans les débuts beaucoup de patience et de persévérance.

ACCIDENTS POST-OPÉRATOIRES

Il ne saurait être question ici des graves complications d’ordre infectieux si fréquentes jadis. L’antisepsie et l’asepsie modernes ont rayé de l’histoire des amputations les longues suppurations des moignons avec leurs vastes décollements et leurs fusées purulentes, l’ostéomyélite ascendante et l’infection purulente.

L’anesthésie a permis de tailler les lambeaux avec plus de soin, de faire mieux l’hémostase.

Mais il reste encore quelques complications, à l’abri desquelles le chirurgien ne peut jamais être sûr de s’être placé, ce sont les seules que nous envisagerons.

Hémorragies. — Quand l’hémostase a été bien faite et que le moignon ne suppure pas, il est exceptionnel d'observer des hémorragies post-opératoires. Il n’en est pas de même quand l’asepsie n’a pas été rigoureuse; les catguts sont alors facilement détruits, et, si cet accident arrive avant qu’une artère soit complètement cicatrisée, on voit se produire une hémorragie secondaire, qui nécessite presque toujours la désunion de la plaie et la recherche de l’artère qui saigne. A l’hôpital ou dans une clinique, il est facile de faire transporter le malade dans une salle d’opération et de lier l’artère; en ville, on se contentera de pincer les vaisseaux qui saignent et de laisser les pinces à demeure quelques jours.

Fistules. — Il arrive parfois qu’après une amputation, il persiste longtemps quelque fistule donnant lieu à un écoulement peu abondant mais intarissable. Il s’agit le plus souvent d’un fil infecté ou d’un fragment d’os nécrosé resté dans la profondeur. Quel que soit le corps étranger qui empêche la cicatrisation complète, il faudra aller à sa recherche et l’enlever.

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