AMPUTATIONS
Gangrène. — La gangrène partielle des lambeaux cutanés s’observe encore quelquefois après les amputations. Elle doit toujours être rapportée à une négligence opératoire.
Qu’on ait négligé de laisser la peau bien matelassée des tissus sous-jacents, que la compression du pansement vienne appliquer le lambeau cutané contre l’os, que la circulation de ce lambeau soit insuffisante, on verra plus ou moins tôt apparaître une altération des téguments et la gangrène. Que 1 os ait été dénudé, que le périoste en ait été détaché sur une étendue de plus de 2 millimètres, que la moelle ait été lésée, et la nécrose se manifestera.
Il faudra dans tous ces cas faire des réserves pour certains sujets dont la vitalité des tissus est très faible, et qui, vieillards, alcooliques, diabétiques, etc., font très facilement de la gangrène.
Adhérences de la cicatrice. — C’est une complication presque inévitable, si on n’a pas soin, dès que la plaie est cicatrisée, de la mobiliser tous les jours. Aussi faut-il s’y employer avec soin. De légers massages seront faits dans le but d’empêcher l’adhérence de la cicatrice dans la profondeur, et plus tard, pour rompre les adhérences qui auraient pu s’établir avec l’os ; si ces manœuvres sont insuffisantes, il sera indiqué de recourir au ténotome et de recommencer les massages et la mobilisation.
Moignons coniques. — A côté des cas où une suppuration abondante retarde la guérison, en nécessitant une désunion partielle et une réunion par seconde intention, il faut signaler ceux où le moignon est défectueux, conique, recouvert d’une peau lisse, tendue, cicatricielle, ayant une grande tendance à s’ulcérer; parfois même l’os saille à l’extérieur, nécrosé, dénudé (fig. 64), ou recouvert de bourgeons charnus (fig. 65).
Il ne faudrait pas, dans ces derniers cas, accuser toujours le chirurgien.
Les téguments ont pu faire défaut autour du lieu d’amputation; la suppuration, le retard dans la cicatrisation, ont pu
CHIRURGIE DES MEMBRES
a me ne 1 une îéti action des parties molles secondaire; enfin chez 1 enfant, 1 os a pu grandir et saillir à travers la cicatiicc. Il faut néanmoins bien savoir que le procédé employé doit être parfois incriminé. « Une des grandes causes des
Fig'. 64-
Moignon conique apres amputation de cuisse.
Fig. 65.
Moignon conique. L'os saillant est recouvert de bourgeons charnus.
moignons coniques, nous a souvent dit M. Campenon, est la méthode circulaire. »
« Si le bout de l’os est nécrosé, dit Farabeuf (*), il faut qu’il tombe spontanément ou qu’il soit enlevé; mais comme la nécrose remonte quelquefois fort haut et qu’alors il se forme un os nouveau qui engaine le séquestre, on conçoit que l’intervention chirurgicale puisse être difficile, contre-indiquée et même impossible.
i. L.-II. Farabeuf. Précis de Manuel opératoire, p. 1 33, 4' éd.