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TÉNOTOMIE DU TENDON D'ACHILLE

La ténotomie du tendon d’Achille ne donne un résultat satisfaisant que si elle est suivie de soins méthodiques et continus qui font l’œuvre complémentaire indispensable.

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La plaie opératoire sera pansée aseptiquement et protégée par un tissu élastique ; à l’hôpital des Enfants-Malades, chez le professeur Lannelongue, nous utilisions une manche de jersey de coton qui engainait le pied et la jambe. Puis on immobilisera le pied en flexion et abduction dans un appareil, confectionné de préférence avec des bandes plâtrées.

Le traitement consécutif est très simple. Le premier appareil sera enlevé au bout de trois semaines pendant lesquelles l’enfant devra garder le lit. La plaie et l’attitude vérifiées, on refera un appareil avec lequel on pourra autoriser l’enfant à se lever. Trois semaines plus tard, on lui fera porter une chaussure à tuteurs, tout en le soumettant à des séances répétées de massage pendant lesquelles on surveillera l’attitude du pied.

Les accidents sont très rares après la ténotomie. On cite toujours cependant une complication redoutable, la gangrène du pied , consécutive à la compression des vaisseaux nourriciers au moment de la correction de l’équinisme. Il sera toujours facile de la combattre, en laissant libres les orteils et en notant soigneusement leur coloration après la pose de l’appareil plâtré. Il ne faudra pas abandonner son malade sans le revoir le soir et le lendemain, pour être à même de lever l’appareil en cas décompression trop énergique.

Les récidives devront être combattues par une deuxième et même une troisième ténotomie, toujours moins satisfaisantes que la première, mais qui facilitent singulièrement le redressement consécutif.

SUTURES ET ANASTOMOSES TENDINEUSES

La suture des tendons, primitive ou secondaire, exige pour ne pas être compromise, un traitement ultérieur que le chirurgien doit surveiller lui-même. Il en est de même des anasto-

MERCADÉ. o

CHIRURGIE DES MEMBRES

moses tendineuses, qui, au point de vue opératoire, sont des sutures plus ou moins complexes.

5 OINS P OS T- OPÉRA TOI RE S

On n’établit un drainage en général que lorsque la suture a été faite en milieu suspect. Le drain ne sera pas conservé au delà du premier septénaire.

Toute la région sera immobilisée dans l’attitude qui favorise le mieux le relâchement des tendons suturés. On maintiendra cette position à l’aide d’un appareil plâtré qu’on laissera en place trois à quatre semaines. Quelques auteurs immobilisent plus longtemps encore. On lèvera l’appareil vers le vingt-cinquième jour, on enlèvera les fils et on commencera le traitement post-opératoire par la mobilisation, le massage et l’électricité. Il faudra avoir soin, dans l’intervalle des séances, de maintenir encore l’hypercorrection à l’aide d’un appareil de soutien (en celluloïd de préférence), qu’on fera porter plus ou moins longtemps suivant la nature de la lésion causale.

La mobilisation sera exécutée sans violence, pour ne pas faciliter l’allongement secondaire des tendons.

Le massage sera fait avec douceur : sur le ou les muscles en cause tous les deux jours; sur le reste du membre une fois par semaine.

Le traitement électrique devra se conformer aux mêmes principes. En général, on a recours aux courants galvaniques (8 à io milliampères pendant un quart d’heure trois fois par semaine) ; chaque séance devra être suivie d’une application faradique de deux à trois minutes.

S’agit-il d’une anastomose tendineuse pour corriger une paralysie infantile, il faudra, en outre, éduquer le sujet, car si on a fait une transplantation d’un fléchisseur sur un extenseur, par exemple, il faut lui apprendre a fléchir le pied lois-

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qu’il voudra l’étendre. Le malade devra porter ultérieurement un appareil orthopédique léger qui maintiendra la correction et améliorera le résultat.

ACCIDENTS POST-OPÉRATOIRES

La suture des tendons expose à des complications qui, quoique de plus en plus rares, méritent d’être signalées.

— La suppuration peut être évitée aujourd’hui. Il est cependant des cas où la suture faite primitivement dans un milieu insuffisamment désinfecté suppure ultérieurement. Ces cas qu’il faut débrider dès que les phénomènes inflammatoires se manifestent aboutissent généralement à l’insuccès.

— Par suite d’un isolement insuffisant du tendon suturé, ou de phénomènes infectieux, des adhérences peuvent s’établir entre le tendon, les aponévroses et la peau. Elles sont généralement peu étendues et cèdent au massage et à l’électricité.

— Lorsqu’il s’agit de paralysie infantile les complications peuvent être plus sérieuses :

Une nouvelle attaque de paralysie peut survenir, compromettant le résultat.

U ne gangrène partielle de la peau peut se manifester à la suite d’une compression par l’appareil (Nicoladini).

RÉSULTATS OPÉRATOIRES

Il est bien difficile à l’heure actuelle de donner des statistiques exactes sur les résultats des anastomoses tendineuses. Certains chirurgiens admettent que les résultats en sont parfaits; d’autres en sont moins satisfaits.

En réalité, aucun cas n’est comparable tant par la différence des lésions, que par 1 opération exécutée et le traitement consécutif institué. Aussi nous contenterons-nous de dire que e est une méthode qui a donné de bons résultats dans certains

CHIRURGIE DES MEMBRES

cas, et que, bien appliquée à des cas bien déterminés, elle a pu être suivie de guérison complète.

Il faut bien savoir, en outre, que la méthode n’est pas exempte de récidives qu’on ne saurait imputer à l’opération.

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