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GREFFES

C’est lui qui réunit le plus de partisans. Il ne réussit pas toujours d’emblée ; on constate parfois une élimination partielle; mais, en général, c’est une bonne méthode.

Fantino et Valan ont conseillé un mastic composé de thymol, iodoforme et cendre d’or calciné, Joüon (de Nantes) une pâte à l’eugénol.

Enfin, on a eu recours à des substances inertes, non résorbables; il nous faut citer, parmi ces dernières, le plomb, la gutta-percha, le mastic des vitriers, les alliages métalliques.

GREFFES DE THIERSCH ET DE REVERDIN

Dans chacune de ces deux méthodes on aura bien soin, la greffe étant en place, de la recouvrir d’une bandelette de silkprotective, trempée dans une solution de sérum. La plaie résultant de la prise de la greffe sera pansée comme une plaie ordinaire, à la gaze stérilisée ; elle ne présente aucune particularité spéciale de traitement.

On ne touchera au pansement de la greffe qu’au 6R ou 7e jour. On trouvera alors une abondante sécrétion, sous le protective, mais les greffes tiennent bien néanmoins. La plaie nettoyée, on la recouvrira d’un silk-protective, trempé dans le sérum. A partir de ce moment, le pansement devra être refait tous les deux jours de la même manière, jusqu’à ce qu’on voie les bords des greffes proliférer vers la périphérie ; on pourra se contenter dès lors de pansements secs.

On a également proposé de panser ces greffes à l’air libre. Notre ami L. Ombrédanne (*) expose cette méthode en ces termes :

« Au-dessus et au-dessous de la perte de substance, nous

i. Ch. Nélaton et L. Ombrédanne. Les Autoplaslies, p. i58. In Traite de Médecine opérât, et de Thérapeutique chirurgicale. Steinheil, éd.

CHIRURGIE DES MEMBRES

faisons deux tours avec une large bande d’ouate que nous fixons en place avec des bandes de toile.

« Sur ces deux points d’appui, nous faisons porter les deux extrémités d’une attelle en treillage de fil de fer galvanisé, que nous avons coudée en baïonnette à chacune de ses extrémités. L’attelle est juste au-dessus de la plaie et forme pont à ce niveau. On en placerait plusieurs s’il était nécessaire. Ces

Fig. 81 . — Dispositif pour le traitement des greffes exposées à l'air. [D'après MM. Ch. Nélaton et L. Ombrédanne.)

extrémités de l’attelle sont maintenues en place par quelques tours de bande. Toute cette partie du pansement ne sera plus dérangée jusqu’à la guérison du malade (fig. 81).

« Par-dessus ce bâti, enveloppant toute la région, nous jetons deux épaisseurs de mousseline souple, destinée à arrêter les mouches et la poussière.

« Un tour de bande serre cette mousseline sur chacune des extrémités de l’attelle. Tous les deux jours, on enlève la mousseline, et, sans toucher au bâti, on peut soigner les greffes.

« Dans ces conditions, voici ce qu’on observe :

Les greffes ainsi posées semblent prendre très vite. Mais,

AUTOPLASTIES.

entre les bords des différents lambeaux dermo-épidermiques, s’écoule un peu de sérosité jaune qui durcit, foi niant de petites nervures ou des gouttes d’une substance qui a l’aspect et laconsistance du caramel et qui sépare les uns des autres les bords des différentes greffes. Il ne faut pas respecter ces produits d’exsudation : au-dessous d'eux , la sécrétion pourrait continuer à se faire et peu à peu décoller les greffes. Avec une pince, on enlève les plus volumineux d’entre eux, ce qui permet, en comprimant légèrement avec un instrument mousse les bords des greffes voisines ou les croûtes adjacentes de faire sortir un peu de sérosité louche. Il y a là un travail de patience dont l’importance est capitale. »

Empressons-nous d’ajouter que ce mode de traitement n’accélère en rien la guérison qui se fait en trois semaines.

AUTOPLASTIES

Les autoplasties peuvent se faire par trois méthodes : par glissement, par la méthode italienne et par la méthode indienne.

Les autoplasties par glissement et par la méthode indienne ne demandent aucun soin particulier. Le drainage et le pansement se font comme pour une plaie ordinaire.

La méthode italienne , au contraire, réclame tout un traitement post-opératoire. Suivant le siège du lambeau emprunté et de la plaie à recouvrir, on devra avoir recours, pour maintenir les parties rapprochées à des bandes plâtrées de Sayre, à des attelles plâtrées, ou à des appareils de contention spéciaux.

Quel qu’il soit, cet appareil sera appliqué dans la position où le malade devra rester dans son lit.

Le premier pansement ne sera fait qu’au huitième jour. On

CHIRURGIE DES MEMBRES

enlèvera les fils de suture du lambeau et on immobilisera de nouveau les parties.

Ce n’est qu’au quinzième jour qu’on coupera le pédicule. Ce temps doit être un véritable acte opératoire qu’on exécutera sous anesthésie générale si le sujet est très nerveux, ou simplement locale en tout autre état de cause. On insensibilisera alors la base du pédicule avec une ou plusieurs injections d’une solution de cocaïne suivant sa longueur et on la sectionnera.

On appliquera le lambeau sur la plaie à recouvrir en se contentant d’un pansement aseptique. La plaie d’emprunt sera rétrécie par quelques points de suture et pansée à plat. On pourra, dès lors, supprimer l’appareil de contention.

Dans un troisième temps opératoire qui aura lieu dix jours plus tard, on fera l’application du lambeau sous anesthésie générale. Il faudra, à ce moment, faire la toilette du lambeau, le dégraisser, l’aviver sur ses bords et le suturer. Le pansement consécutif sera laissé en place une huitaine de jours, au terme desquels on enlèvera les fils.

Parfois, il est encore nécessaire pour obtenir une restauration satisfaisante, de faire des retouches, qui seront autant d’actes opératoires, indispensables si on veut avoir un résultat louable.

Après l’autoplastie, le lambeau reste souvent un peu exubérant et d’une pâleur tranchant avec les téguments environnants. Ces inconvénients s’atténuent avec le temps et sont du reste de peu d’importance en dehors de la face.

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