RÉSULTATS DE LA SUTURE
Il n’est plus permis, à l’heure actuelle, de mettre en doute la possibilité de la régénération précoce d’un nerf. Les faits, dits paradoxaux, se renouvellent trop souvent pour qu’on puisse les rejeter, sans vouloir entendre.
Si, autrefois, en présence des cas isolés de Gluck, de Tillaux, on pouvait émettre des doutes sur l’authenticité de faits
qui semblaient bouleverser toute la théorie classique du neurone, actuellement, « un vent de fronde, dit le professeur Reclus, commence à souffler contre ces dogmes déjà suspectés par les praticiens ».
C’est qu’en effet on se trouve en présence de faits qu’il n’est plus possible de nier. Successivement MM. Monod, Reynier, Isch-Wall, Potherat, Chaput, ont apporté devant la Société de Chirurgie des faits indiscutables où non seulement la sensibilité, mais encore la motilité ont reparu immédiatement après la suture.
Rapprochant ces faits des travaux modernes d’Apathy et de Bethe sur le rôle de la cellule nerveuse, le professeur Reclus croit pouvoir expliquer ces cas par la régénération autogène du bout périphérique. La reconstitution du tube nerveux se parachèverait dès lors très rapidement après la suture et la fonction serait rétablie, parfois même avant que les derniers stades de la régénération des neuroblastes fussent réalisés.
Quoi qu’il en soit, nous nous contenterons d’envisager les résultats de la suture pour chacune des propriétés du nerf.
La sensibilité revient dans certains cas immédiatement après la suture; ces faits sont bien connus aujourd’hui, mais ne prouvent rien au point de vue de la réunion immédiate que personne n’admet plus.
M. Quénu(') explique ces cas en disant que le nerf primitivement en état d’inertie, de mort apparente, est en quelque sorte dynamogénié par l’irritation nouvelle et renaît.
Les études récentes sur la réparation autogénique du nerf nous expliquent mieux le retour immédiat de la sensibilité, surtout après les sutures secondaires. « Il nous devient facile de comprendre, dit M. Cunéo(*), les faits de jour en jour plus nombreux, où une suture secondaire est suivie d’un rétablissement presque immédiat de la sensibilité. On peut admettre, en effet, dans ce cas, que la neurotisation du bout périphé-
i. Quénu. Bull, et Mém. de la Soc. de Chir., 1S87, p. 38o.
a. Cunko. Journal de Chirurgie, mars 1909, p. a58.
SUTURE DES NERFS
bc
rique s’est faite par voie collatérale et que les cylindraxes, amenés par cette voie, se sont divisés en deux branches se portant l’une vers l’extrémité centrale, l’autre vers la périphérie. Ainsi se constitue, par ce moyen détourné, la production d’un système de fibres dont le double avivement du bout central et du bout périphérique ne saurait amener la dégénérescence (voir fig. 82) et qui seront prêtes à fonctionner lorsque, au bout de quelques heures, elles auront réalisé leur union avec les fibres du bout central. »
bp
La motilité est toujours beaucoup plus longue à revenir. En général, elle reparaît d’autant plus vite que la section est plus près des centres et que les segments
sont mieux coaptés. Mais rien n’est plus irrégulier. Aussi entre un mois et un an il est impossible de fixer une date certaine. La valeur fonctionnelle du membre opéré sera toujours inférieure, même dans les meilleurs cas, à celle du membre sain.
Les troubles trophiques sont tou-
Ftg. 82. — Schéma de la neurotisatio n du bout périphérique dégénéré [en gris ) par des cylindraxes pénétrant au niveau de l'extrémité sectionnée d'une collatérale et provenant d'un rameau également coupé et fourni par un nerf voisin (d'après M. Cunéo). ( Les nerfs normaux sont en noir, les nerfs dégénérés sont en gris.)
jours longs à disparaître. Il persiste souvent des rougeurs des doigts, probablement dues à un défaut d’équilibre entre les vaso-dilatateurs et les vaso-constricteurs.
Oberndorffer^) a réuni dans une excellente étude sur la suture nerveuse les résultats de tous les cas publiées de 1896
die ■ GrenWbiete der Médian und (^nirurgie, 1908, t. XI, n 8, 9, 10, mai-juin, p. 3o7, 3q5 et 377.
MERCADÉ.
n 1907 ; il a pu recueillir 340 observations portant sur 287 malades. Il envisage les résultats dans leur ensemble et les divise en bons, médiocres, mauvais et inconnus. La suture a donné des résultats :
bons ou médiocres dans 72 pour 100 des cas ;
nuis dans i5 pour 100;
inconnus dans i3 pour ioo.
Cet auteur explique les insuccès par l’infection de la plaie; les résultats de la suture secondaire sont aussi bons que ceux de la suture primitive dans les six premiers mois. Plus tard ils deviennent plus douteux.
COMPLICA TI ON S P OS T- OPÉRA TOI RE S
Elles sont absolument exceptionnelles et d’origine purement infectieuse.
On a reproché autrefois à la suture nerveuse d’exposer au tétanos. Nous savons aujourd’hui qu’il n’en est rien.
Il n’en est pas de même de la névrite. Celle-ci se caractérise par une douleur intense siégeant au niveau du nerf suturé, s’irradiant jusqu’à la racine du membre et dans les nerfs voisins. Elle se manifeste sous forme de crises de plus ou moins longue durée apparaissant dès les premiers jours. Des phénomènes inflammatoires accompagnent ces premières manifestations névritiques; tuméfaction locale, chaleur, induration sont souvent le cortège habituel de la douleur. Le moindre frôlement s’accompagne de ressauts douloureux; des spasmes et des contractures, des paralysies surviennent dans les cas les plus graves.
La fièvre apparaît dès le début, accompagnée de frissons.
Le traitement de ces névrites opératoires doit être surtout prophylactique. C’est en s’entourant de toutes les précautions aseptiques modernes qu’on se mettra le mieux à l’abri de cette complication.
La névrite déclarée, il faudra la traiter par l’immobilisation
SUTURE DES NERFS
du membre, les révulsifs, les applications de glace, l'électricité. Si elle résiste à ces traitements il faudra recounr a in tervention chirurgicale.
Des adhérences cicatricielles peuvent s’établir autour d un nerf suturé, déterminant par la suite des troubles trophiques. C’est pour les éviter qu’on a conseillé de protéger la suture à l’aide de lambeaux de tissu graisseux ou musculaire, de tubes d’os décalcifié, etc. Si on n’a pu les empêcher, il faudia libérer le nerf secondairement et le mettre à l’abri de nouvelles adhérences.
INDEX ALPHABÉTIQUE
Abcès de la paroi après l’appen-
dicectomie o{)3
Abcès du cerveau ' 1 1 1
Abcès du foie 3(33
Abcès rétro-pharyngien 127
Abcès secondaires du Douglas. 295 Abdomen (Chirurgie de 1’) . . . 196
Ablation des fils 14
Accidents broncho-pulmonaires. 85 Accidents dus aux antiseptiques. 5e Accidents post-anesthésiques . . 17
Accidents post- opératoires locaux et généraux 67
Acétonurie 2(5 35
Acide borique 61
— pbénique 52
Adhérences abdominales. ... 21g
Adhérences des cicatrices. . . . 489
Albuminurie 24, 34
Amaurose
Amputations 4^5
Amputation abdomino-périnéale
du rectum 33 !
Amputation de la verge 424
Amputation du sein i85
Amygdalotomie 128
Anastomoses tendineuses. ... 5 29 Anastomose transverso -sigmoïdienne 3j4
Anémie séreuse 223
' Anesthésie générale xy
Anesthésie généralisée ou médullaire ..... 40
Anesthésie locale 38
Anévrismes artériels 534
de l’artère poplitée. 534 de la carotide primitive 538
Anévrysmes du tronc brachio-
céphalique 536
Angine post-opératoire 126
Anurie 12, 386, 394
Anurie calculeuse 377
Anus artificiel 298
Appareil de Campenon 502
— de Collin ....... 3oo
de Reverdin 3oo
— de Socin . 5o5
Appendicectomie 280
Artères (Suture des) 533
Arthrotomies 495
Asphyxie post-opératoire. ... j 5 2
Astragalectomie 5 x g
Atrophie des testicules. . i3i, i3i
Atrophie musculaire 472
Autoplasties 52y
Azoturie 27, 35
Bec de lièvre ,3 r
Brachial antérieur (Ostéome du). 5o6
Bras ballant 504
Bromure d’éthyle 35
Cal normal. . . .
Cals anormaux. .
— difformes . .
— douloureux .
— exubérants .
— pathologiques
— vicieux . . .
MERCADÉ.
INDEX ALPHABETIQUE.
Cancer de la langue 149
Cancer des lèvres 148
Cancer du sein (récidives) . . . 189
Cancer du rectum 323
Castration 417
Cellulite pelvienne 326
Céphalées post-stovaïniques . . 45
Césarienne (Opération) 465
Cheiloplastie 148
Chéloïdes 96
Chirurgie linguale 149
Chirurgie linguale (hémorragies
secondaires) i5a
Chloroforme 17
Chlorure d’éthyle 35
Chlorure de zinc 66
Cholécystectomie 35o
Cholécystostomie 35g
Cholédocotomie 35o
Cholépéritoine 346
Cholerragies 343, 365
Cicatrices 95
Cicatrices douloureuses g5
Circoncision 423
Circulus vitiosus 257
Cocaïne locale 38
— lombaire 41
Cœur (Plaies du). 1 83
Collargol 70
Colopexie 322
Colpo-périnéorraphie 464
Complications encéphaliques
après la trépanation 107
Corps étrangers de la paroi abdominale 214
Cou (Chirurgie du) 1 57
Coude (Résection du). ... 5oo
Craniectomie 108
Cure radicale des hernies ... 22.5
Curettage de l’utérus 425
Cystectomie 3gy
Cysthématomes menstruels postopératoires 449
Cystostomie sus-pubienne . . . 3go Cystite post-opératoire 453
Decubitus acutus
Déformations thoraciques ... 194
Dégénérescence cancéreuse des
cicatrices 97
Dégénérescence cancéreuse du moignon utérin
Déglutition après la palato-
plastie 143
Delirium trerrfens 84
Déplacements second ai res du rein 382
Dermatol 64
Diarrhée post-opératoire .... 88
Diarrhées après la gastro-entérostomie 273
Diététique 16
Dilatation aiguë de l’estomac et
du duodénum 2o5
Dilatation cardiaque a vacuo. . 225
Douleur post-opératoire. ... 6
Douleurs après l’appendicectomie 284
Drain de Freyer modifié par
M. Marion 4i3
Drainage abdominal dans l’hys-
térectomie 429
Drainage après néphrostomie. . 378
Drainage vaginal dans l’hysté-
rectomie 482
Dyspepsie post-opératoire. . . . 270
Eau oxygénée
Echinococcose secondaire . . .
Eczéma phéniqué
Embolies 217,
Emphysème sous-cutané après
la trachéotomie
Emphysème sous-cutané de la paroi abdominale. ... 21 3,
Empoisonnement tardif par le
chloroforme
Empyème
Entérectomie
Entéro-anastomose
Entérostomie
Enucléation des goitres
Énucléation des kystes du foie.
Épanchements biliaires
— bilio-septiques .
Épaule (Résection de 1’)
Épididymo-orchite . . . . 23i,
Épiploïtes 233,
Érysipèle
érythème infectieux
Érythème phéniqué
Escarres du décubitus
Estomac (Chirurgie de 1’). . . .
Éther
Ether iodoformé
Éventrations
3i 3io 3io 1 65 34-5
INDEX ALPHA B ÉTIQUE