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A) CHLOROFORME

Nous savons aujourd’hui mieux manier le chloroforme; aussi ne voyons-nous qu’à de rares intervalles des complications qui survenaient jadis, alors qu’on tenait moins compte, dans l’administration du chloroforme, de l’àge, du tempérament et des antécédents de l’opéré.

De nos jours les partisans des appareils et ceux de la compresse reconnaissent à l’une ou à l’autre méthode des avan-

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tages dans le cours normal de l’anesthésie, mais quel que soit le procédé employé les accidents post-chloroformiques restent les mêmes.

i° Vomissements. — Bien peu de sujets échappent à cette complication de l’anesthésie chloroformique ; mais alors que chez les uns elle se manifeste à peine par quelques fusées dès le réveil, chez d’autres elle n’apparaît qu’au bout de 24 heures et prend des caractères de gravité tels qu’ils .peuvent en imposer pour des vomissements péritonitiques.

C’est un diagnostic qu’il faudra porter tout d’abord. Les vomissements péritonitiques ne se manifestent que quelque temps après l’opération; ils coïncident avec des phénomènes locaux, mais comme ils font souvent suite aux vomissements post-chloroformiques, ils peuvent ne pas attirer l’attention et être mis sur le compte de l’anesthésique. Aussi faudra-t-il se méfier des vomissements d’une trop longue durée, et en tous cas surveiller toujours l’abdomen.

En général, les femmes sont plus sujettes que les hommes aux vomissements post-anesthésiques, sans que toutefois le tempérament joue un rôle quelconque. La quantité de chloroforme administré et la manière de le donner entrent encore en ligne de compte.

Certains praticiens ont également remarqué que le lait était contre-indiqué dans les 24 heures qui précèdent l’opération ; il se produirait en effet, du fait du chloroforme ou de l’éther, une certaine hyperacidité stomacale, qui déterminerait la coagulation et contribuerait à augmenter les vomissements.

En général, on admet que le chloroforme imprègne petit à petit toutes les cellules de l’économie, inhibe les processus métaboliques et n’est éliminé que lentement après l’anesthésie. Le cerveau, le bulbe, la moelle sont imprégnés comme les autres tissus et même avec prédilection, à cause de leur teneur en graisses (Hans Meyer et Overton). Le centre vomitif siégeant au niveau du bulbe serait dès lors

ANESTHÉSIE GÉNÉRALE

irrité par le chloroforme, d’après Wooton('), par les modifications post-opératoires de la pression sanguine, d’après Pillsbury (s).

Certains auteurs pensent que les vomissements sont dus à l’action du chloroforme sur la muqueuse gastrique. L’irritation serait directe pour les uns, la salive étant l’agent de transmission, indirecte pour les autres, les glandes de l’estomac contribuant comme les reins et les poumons à l’élimination de l’anesthésique. Quoi qu’il en soit le meilleur moyen de les combattre serait de défendre la muqueuse gastrique contre le contact irritant en faisant ingérer au patient avant l’anesthésie une grande quantité (800 grammes environ) d’eau par petites quantités dans les heures qui précèdent la narcose (Denucé, Dorsett, Lucarelli). Cette méthode n’a pas donné les résultats qu’en attendaient les promoteurs. Aussi subsiste-t-il des doutes à l’heure actuelle sur la valeur ■de cette théorie.

Dans l’incertitude où nous sommes de l’efficacité de? moyens thérapeutiques employés contre ces vomissements, il faudra, après l’opération, secouer le malade le moins possible, le transporter dans son lit à plat, aérer souvent la chambre pour ne pas laisser s’y accumuler les vapeurs de l’anesthésique. Dès que les vomissements seront déclarés, il faudra, -autant que possible, faire coucher le patient sur le côté droit, afin de faciliter l'écoulement des liquides vers le duodénum. On pourra faire asseoir le malade ; on lui lavera la bouche plusieurs fois par jour avec une solution antiseptique.

Malheureusement, nous ne possédons à l’heure actuelle -aucun remède efficace. Nous nous contenterons donc de signaler les procédés qui ont été préconisés par les différents auteurs. Du café chaud, du champagne, font assez souvent bon effet. L acide cyanhydrique à faibles doses répétées réussit paifois. L eau albumineuse a été aussi recommandée.

1. Wooton. Journal of the Amer. med. Association, 1907, p 1420

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