ANESTHESIE LOCALE
Aujourd’hui les accidents observés sont relativement bénins.
Cependant chez des sujets affaiblis, nerveux, la cocaïne peut encore déterminer des symptômes graves d’empoisonnement, se traduisant par de l’angoisse, de la pâleur de la face au début, par des convulsions plus tard.
Il faudra réagir contre ces phénomènes de vaso-constriction.
Malheureusement nous ne connaissons pas de substance antagoniste de la cocaïne. Le nitrite d’amyle, le chloral, la morphine qu’on a successivement conseillés ne réagissent pas contre le poison. Force nous est donc d’agir sur l’état général.
Dès les premiers symptômes d’intoxication, on étendra le sujet la tête en bas, et on lui aspergera le visage avec de l’eau froide. On fera sous la peau une injection d’éther doublée d’une injection de caféine. On donnera au malade des excitants, du café, un grog. On sera parfois obligé de faire la respiration artificielle et quelquefois même pendant fort longtemps. Dumont rapporte le cas d’un médecin morphinomane, chez lequel on dut la faire pendant cinq heures après une injection de 1 gramme de cocaïne.
Schleich, cité par Dumont dans son Traité de l'aneslliésie , recommande de donner V à X gouttes de menthol camphré sur du sucre.
Actuellement on n’observe d’accidents que si on néglige les principes de l’anesthésie cocaïnique.
L’opération terminée, il est de règle en effet de laisser le malade deux heures étendu. Pour une opération de petite importance (panaris, abcès, etc.), une demi-heure suffit.
Quoi qu’il en soit, il sera bon de toujours faire boire au malade un peu de café, et de le faire manger avant de l’autoriser à se lever.
En se départant de ces règles on s’expose à voir survenir des phénomènes de faiblesse cardiaque et des syncopes plus ou moins graves.