‹ La période post-opératoire, soins, suites et accidentsChapitre 57 sur 299 · IODOFORME · texte numérisé non relu

IODOFORME

Nous ne sommes plus au temps où après Tovariotomie on recouvrait d’iodoforme les surfaces cruentées. Nous n’insufflons plus l’iodoforme au fond des plaies par les tubes à drainage. Mais l’iodoforme n’en reste pas moins un très bon antiseptique auquel nous aurons quelquefois recours avec succès dans certaines suppurations spéciales et dont il nous faut connaître les méfaits.

Érythème, eczéma sont encore ici les lésions locales causées par l’antiseptique. Nous n’insisterons pas sur ces lésions banales que la suppression de l’iodoforme suffit à écarter.

Mais il est des accidents généraux qui peuvent survenir même après complète guérison de la plaie et qui, suivant les circonstances, déterminent une intoxication légère ou grave.

L'intoxication légère se traduit par de l’inappétence, du dégoût des aliments, voire même des nausées et des vomissements.

Puis éclatent des phénomènes nerveux : insomnie, agitation, quelquefois même délire. La température ne se modifie pas. La plaie cicatrise bien, mais néanmoins on voit à son pourtour apparaître un érythème ressemblant ù de l’urticaire. L’examen des urines révèle la présence d’iodures.

L'intoxication grave est plus brusque. Après une courte

période de troubles digestifs, apparaissent subitement les symptômes nerveux sous forme de phénomènes d’excitation (hallucinations, délire). Le pouls est très fréquent. Les urines présentent les mêmes caractères que dans la forme légère.

Ces symptômes peuvent ne durer que deux à trois jours ou persister assez longtemps. Ils sont cependant amendés par l’usage de l’opium et de la morphine. Dans les cas où l’intoxication s’accentue, aux phénomènes d’excitation succèdent les phénomènes de dépression et le malade meurt dans le côllapsus. Tels sont les deux cas de Caselli, rapportés par Zimmer dans sa thèse (*).

Brun a signalé, à côté de cette forme, deux autres types cliniques qui s’observent surtout chez l’enfant : une forme méningitique et une forme comateuse.

Terrien (a) vient de rapporter récemment trois cas de malades ayant présenté des accidents oculaires à la suite de pansements ou d’injections d’iodoforme. Dans le premier cas la vue se troublait 3y jours après une injection de glycérine iodoformée dans un abcès froid. Dans le deuxième, un enfant pansé à l’iodoforme fut frappé de cécité à peu près complète pendant un temps et conserva ensuite une atrophie blanche des deux papilles. Le troisième cas a trait à une femme pansée à l’iodoforme chez laquelle survint un affaiblissement extrême des deux yeux qui atteignait son maximum en huit jours et restait définitif.

Le traitement de tous ces accidents doit être institué aussitôt que possible. On supprimera le pansement iodoformé, on lavera la région avec une solution de bicarbonate de potasse; on instituera le régime lacté; on fera des injections de sérum; on administrera des diurétiques, des bromures, du calomel à doses répétées, une solution de 5 à io pour 100 de bicarbonate de potasse ou de soude. En cas d’accidents oculaires, on se conduira de même ; malheureusement une fois l’atrophie

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