ACCIDENTS POST-OPÉRATOIRES LOCAUX ET GÉNÉRAUX
Indépendamment des complications propres à chaque intervention, il est tout un groupe d’accidents d’ordre général qui peuvent survenir, quelles que soient la région sur laquelle on opère et l’opération qu’on ait exécutée. Généralement bénins, ils peuvent parfois prendre un caractère de gravité exceptionnel.
Il est bien difficile, dans l’étude de ces accidents, de faire la part du traumatisme opératoire, de l’hémorragie ou de l’infection. Ces trois facteurs interviennent suivant les cas, pour diminuer la résistance de l’individu et favoriser le développement des germes. Aussi nous contenterons-nous de dire que la dépression du système nerveux, celle du tempérament et du sang sont les causes les plus fréquentes des accidents post-opératoires généraux.
Après toute intervention, il est une lutte que l’organisme a encore à soutenir, c’est la lutte contre l’infection. « On ne devient malade, a dit M. Bouchard, qu’à condition de n’être plus bien portant », tant il est vrai que la résistance de l’individu joue le principal rôle dans la lutte contre la maladie. Or, en chirurgie, l’infection nous guette à tout instant, et si nous faisons le plus possible pour l’éviter, nous ne faisons pas tout. Ce que nous ne faisons pas, l’organisme doit le faire. Si quelque faute a été commise malgré notre vigilance, si quelque microbe a résisté à notre parfaite asepsie, et même à notre antisepsie, il faut qu’il trouve dans la place un terrain impropre à sa culture, des agents prompts à le détruire
ACCIDENTS LOCAUX ET GÉNÉRAUX
et ceux-ci, comme nous le savons, sont représentés par les globules du sang. C’est donc sur la parfaite intégrité de la composition sanguine que nous devons compter, pour réparer nos fautes d’asepsie. Malheureusement, le traumatisme chirurgical, comme l’a montré Bockenheimer (‘), diminue très notablement le pouvoir bactéricide du sang à l’égard du colibacille et même des autres agents pathogènes. Aussi pourrat-il être utile d’étudier ce pouvoir avant l’intervention et différer, s’il y a lieu, l’acte opératoire, ou se contenter d’une opération palliative, chez un malade dont le pouvoir bactéricide du sang est tel que le pronostic post-opératoire en soit assombri.