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RÉSECTION DU GANGLION DE GASSER

SOINS ET SUITES POST-OPÉRATOIRES

Quel que soit le procédé employé, la résection du ganglion de Gasser reste encore une opération très grave. Qu’on adopte la voie temporo-sphénoïdale (Doyen, Quénu et Sébileau, Poirier) ou la voie temporale (Krause, Cushing, Ricard, Prat), l’opéré est exposé à des accidents ultérieurs redoutables et parfois même à la récidive de son affection. Aussi faudra-t-il entourer ces malades des soins minutieux qu’on doit prodiguer à tous les opérés du crâne : isolement absolu dans une pièce obscure, piqûres d’éther, de caféine, injections de sérum, etc.

Les effets de l’opération se font sentir dès le réveil ; le malade ne souffre plus, et, si on se rend compte dans quel état de dépression la souffrance l’avait jeté, on conçoit combien ce bien-être, ne fut-il que passager, lui paraîtra appréciable.

Malheureusement, il ne va pas sans quelques inconvénients;

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l’ablation du ganglion, si elle fait disparaître les horribles douleurs de la névralgie faciale, détermine aussi une anesthésie partielle ou totale dans le territoire du trijumeau ; elle entraîne également une paralysie des muscles masticateurs.

La gène de la mastication due à la paralysie des masticateurs et à la présence des brides cicatricielles opératoires est parfois très considérable.

« On pourra dans ces cas, dit notre maître G. Marion ('), être amené à pratiquer la section de l'apophyse coronoïde, pour rendre au maxillaire inférieur sa mobilité compromise par la rétraction du temporal. »

Avant d’aborder l’étude des accidents post-opératoires de la gasserectomie, il nous faut signaler les cas où l’opération n’atteint pas son but. La récidive de la névralgie a été, en effet, plusieurs fois signalée, quelquefois complète (l’opération n’ayant apporté aucun amendement aux crises douloureuses), quelquefois partielle et se manifestant à de longs intervalles.

Il faut admettre que, dans ces cas, la résection du ganglion n’a pas été complète, car, dans tous les cas où le ganglion a été extirpé en totalité et contrôlé histologiquement, on n’a pas observé de récidive.

Dans les cas enfin où la récidive s’est faite du côté opposé, il est de toute probabilité que la névralgie était d’origine centrale.

COM P U CA TI ON S P OS T- OPÉRA TOI RE S

La résection du ganglion de Gasser nécessite une craniotomie large au moins dans le procédé par voie temporale, et comme telle expose aux graves complications de l’ouverture du crâne. Nous ne ferons que rappeler ici le shock, la méningo-encéphalite, le ramollissement cérébral, l’écoulement de liquide céphalo-rachidien par la plaie.

D autres complications sont plus directement en rapport

G- Marion. Chir. du système nerveux, p. 489. Steirjheil, édit., Paris,

u8 CHIRURGIE DU CRANE ET DU RACHIS.

avec l’extirpation da ganglion de Casser (nécrose osseuse, troubles oculaires). Ce sont elles que nous allons étudier ici, les autres ayant déjà été signalées à propos de la craniotomie.

Nécrose osseuse. — Dans le procédé de Krause. il est de règle de conserver le fragment osseux de l’écaille temporale dans le lambeau pour le réappliquer à la fin de l’opération. Malheureusement, ce fragment se nécrose parfois; Krause, Keen, Czerny ont observé cet accident plusieurs fois. Prat (') pense que, dans ces cas, le fragment osseux s’est nécrosé, parce que, après avoir été taillé, il fut décollé de la face profonde des téguments.

De plus, le degré d’asepsie, dit-il, ne doit pas être un des moindres éléments dans la genèse de ces nécroses.

Troubles oculaires. — On peut observer deux ordres de troubles oculaires après la gasserectomie : les uns intéressent l’appareil moteur, les autres les différentes membranes de Pœil.

L'amaurose du côté opéré est assez fréquente, et c’est là une complication qui tend à faire préférer à la gasserectomie la destruction de la racine du trijumeau.

i° Paralysies. — Les paralysies des nerfs moteurs de l’œil atteignent le moteur oculaire commun, le pathétique, le moteur oculaire externe. On a encore signalé des ophtalmoplégies totales et des paralysies de la pupille. Tantôt elles guérissent assez facilement en quelques semaines; tantôt elles restent définitives.

Cushing et Lexer admettent qu’elles sont dues à la compression exercée au cours de l’opération par l’écarteur cérébral.

Prat (*), alléguant qu’on les a observées à la suite de gassérectomies suivant la méthode de Rose, dans laquelle on ne faisait pas usage de l’écarteur cérébral, pense que « les troubles moteurs tiennent à ce que, au moment du dégagement du

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