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KYSTES DES MACHOIRES

Le traitement chirurgical des kystes des mâchoires comporte des soins post-opératoires très simples.

L’incision suivie de curettage laisse une cavité plus ou moins volumineuse, qu’on bourre de gaze iodoformée ou simplement aseptique.

La cicatrisation se fait lentement par bourgeonnement profond de la poche sous la surveillance du chirurgien qui devra renouveler le pansement tous les jours.

Finalement, il reste une dépression plus ou moins complète qui, dans certains cas, devra être comblée par un appareil prothétique.

SINUSITES.

Si on adopte le procédé de Rodier (') pour le traitement des kystes des mâchoires, les suites deviennent beaucoup plus simples. Rodier conseille en effet, après avoir fait l’ablation du kyste, de procéder à l’hémostase soignée de la cavité, d’en faire un bon savonnage, de la laver à l’eau bouillie, et de la badigeonner à la teinture d’iode. Les jours suivants, le malade devra procéder plusieurs fois par jour au savonnage et au lavage de la cavité, sans laisser ni pansement, ni tamponnement à demeure dans l’intervalle des lavages.

L’auteur a vu tous les malades ainsi traités guérir en i quelques semaines et sans complications.

SINUSITES

Sans vouloir passer ici en revue tous les piocédés opératoires proposés pour drainer les sinus de la face, nous ne pouvons cependant omettre de mentionner le traitement opéj ratoire et post-opératoire de la sinusite frontale et maxillaire qui appartiennent vraiment à la chirurgie générale aussi bien qu’à la spécialité.

T SINUSITE FRONTALE

La sinusite frontale peut être drainée par voie frontale ou par voie nasale.

i° Voie fr°ntale (« Opération de Kulint). — Après l’opération, d reste une large brèche créée par l’abrasion de toute la paroi antérieure du sinus ; on draine au niveau de la partie interne de la plaie. Celle-ci suppure peu, et le lambeau cutané vient s’appliquer à la paroi profonde du sinus. Il en résulte une difformité parfois très disgracieuse. Pour y remédier, on a

Rodier. Revue de Stomatologie , 1907, janvier, n" 1, p. ig.

i Ho

conseillé de faire des injections sous-cutanées de paraffine, de vaseline liquide ou d’installer un appareil de prothèse (lames métalliques).

2° Voie nasale. — Le drainage par voie nasale est conseillé par Luc et par Killian.

Dans tous les cas, on suture complètement la plaie cutanée qu’on recouvre d’un pansement compressif.

Luc introduisait dans le sinus un drain qui sortait par la fosse nasale. Actuellement, on laisse le sinus communiquer largement avec la fosse nasale sans drainage.

Killian tamponne et draine. Le drain et la mèche sortent par le nez. Le tamponnement est laissé deux jours en place. Le drain n’est retiré qu’au troisième ou quatrième jour.

M. Sébileau ne draine ni par le nez ni par la peau. Il ne fait pas de pansement compressif pour éviter la dépression apparente.

Les lavages sont complètement inutiles et ne doivent pas être conseillés.

Il faudra se contenter de faire faire des inhalations mentholées plusieurs fois par jour pendant plusieurs semaines.

Complications post-opératoires. — Lorsque le sinus est bien drainé, il est exceptionnel d’observer des complications post-opératoires.

Il arrive cependant que, lorsqu’on intervient, l’infection est déjà installée dans le diploé crânien. Si on ne l’y a pas reconnue, ou si on ne l’y a pas poursuivie, X ostéomyélite progresse après l’opération, en déterminant des phénomènes généraux graves, de la fièvre et parfois une thrombo-phlébite des sinus ou une encéphalite qui emporte le malade. Il faudra donc réséquer toutes les parties osseuses envahies dès que l’ostéomyélite sera reconnue.

Les abcès du cerveau, la thrombo-phlébite des sinus postopératoires s’expliquent par l’insuffisance du drainage ou par une propagation de l’infection ayant gagné le diploé-cianien.

L 'infection méningée reconnaît souvent la même origine,

SINUSITES.

mais il est des cas où elle est due à un accident opératoire. Au cours du curettage du foyer, la paroi crânienne a pu être lésée, et l’infection, à la faveur de cette brèche, souvent passée inaperçue, gagner les méninges. Une méningite se déclare presque aussitôt; la fièvre, la céphalée, les vomissements, la raideur de la nuque se succèdent très rapidement pour aboutir au délire et au coma. Quand l’infection méningée fait suite à une ostéomyélite crânienne, elle est moins brusque et peut se localiser; on peut alors intervenir secondairement. On réséquera largement l’os frontal et on fera un bon drainage. Cette intervention pourra être couronnée de succès dans les cas de lésions limitées.

IL SINUSITE MAXILLAIRE

On draine actuellement le sinus maxillaire par la cavité buccale (alvéole ou fosse canine) ou par le nez (procédé de Caldwell-Luc).

i° Voie buccale. — Cowper arrachait la deuxième prémolaire, trépanait l’alvéole, et lavait le sinus avec de l’eau bouillie ou une solution légèrement antiseptique.

Ces lavages seront continués les jours suivants matin et soir, puis, à mesure que la suppuration diminuera, on les espacera pour ne les faire qu’une fois par jour, puis tous les deux jours. Le drain laissé en place sera bien surveillé, et ce

n’est que lorsqu’il ne donnera plus qu’on sera autorisé à l’enlever.

Il restera pendant quelque temps une fistule toujours longue à guérir.

La fistule simple cède en général à des cautérisations répétées. t

La fistule suppurée réclame au contraire presque toujours une intervention secondaire autoplastique.

Le drainage par la fosse canine à la manière de Desault aisse pendant un an ou deux, une cavité ouverte dans la ouche; les aliments y pénètrent et retardent l’épidermisa-

MERCADÉ.

tion, si tant est qu’elle puisse se produire, car certains sinus sont inépidermisables, d’après Killian.

Les pansements doivent être renouvelés tous les jours; le sinus doit être cautérisé de temps en temps, car il a une tendance désespérante à se fermer.

La situation de ces malades devient très pénible.

La méthode endo-buccale de M. Sébileau comporte des suites beaucoup plus simples. La mèche est retirée au bout de 24 heures.

Le traitement consécutif comprend des gargarismes et des lavages intra-sinusaux plusieurs fois par jour avec de l’eau oxygénée. On fera l’antisepsie des fosses nasales à l’aide d’une pommade mentholée et pendant i5 jours le malade ne prendra que des aliments liquides et demi-liquides.

La guérison survient en quelques semaines par accolement des deux lèvres de la section gingivale.

On a signalé à la suite de l’opération de M. Sébileau quelques légères complications. La fluxion de la joue du côté opéré guérit facilement en une semaine; les dents peuvent être, dans certains cas, anesthésiées par suite de la trépanation de la fosse canine; des troubles vaso-moteurs et sensitifs peuvent s’observer pendant quelque temps par lésion du nerf sous-orbitaire.

20 Voie nasale (opération de Caldwell-Luc). — Dans ce procédé le sinus, ouvert par la bouche, est drainé par le nez après fermeture de la plaie buccale. On fait un tamponnement du sinus avec une mèche de gaze qui sort par le nez et qu on retire au bout de 24 à 48 heures.

THYROÏDECTOMIE TOTALE

S’il est une opération que la physiologie condamne et qu’à moins de cas de force majeure (cancer par exemple) on n'est

THYR 01 DEC TOMIE T O TA LE.

plus autorisé à pratiquer chez l’homme, c’est bien la thyroïdectomie totale. Dès leurs premières opérations, Kocher, Reverdin (i882-83) observèrent, à la suite de la thyroïdectomie totale, les altérations de la nutrition, les arrêts de croissance, la bouffissure de la face, le gonflement des extrémités, la torpeur intellectuelle, les troubles nerveux qui constituent le cortège habituel du myxœdème post-opératoire et qu’ils rapportèrent à la suppression de la glande. Un peu plus tard, Billroth décrivait les accidents tétaniformes après la thyroïdectomie totale (convulsions tétaniques, contractures, secousses fibrillaires, tremblement, etc., se manifestant sous forme de crises aiguës), accidents que les expériences de Moussu nous permettent de rapporter aujourd’hui à la parathyroïdectomie.

Il n’est donc pas étonnant qu’on ait pu penser, à un moment donné, que la thyroïdectomie totale avait vécu, et que Poncet et Rivière, au Congrès de Chirurgie de 189g, aient avancé que, même en face d’un cancer thyroïdien, toute tentative chirurgicale active paraissait non seulement inutile, mais même dangereuse. Et cependant Carrel se demande si, « en présence de l’évolution fatalement mortelle du cancer

thyroïdien, il est nécessaire de redouter si fort la venue hypothétique de la cachexie strumiprive ». La thyroïdectomie totale, en eftet, n’est pas fatalement suivie de myxœdème ou de tétanie, et c’est ce qui nous permet d’en étudier les suites opératoires et les soins destinés à en prévenir les accidents

post-opératoires.

SOINS POS T - OPÉRA TOIRES

Malgré les résultats parfois heureux de la chirurgie thyroïdienne radicale, nous ne pouvons encore nous défendre d’une certaine hésitation à enlever complètement une glande dont la physiologie expérimentale nous a appris à reconnaître 1 importance. Aussi est-il naturel que, dans les cas où le chirurgien a été conduit à 1 ablation totale de la thyroïde, il ait

iC>4 CHIRURGIE DE LA FACE ET DU COU.

cherché, par des prescriptions opothérapiques ou par des greffes, à combler le déficit glandulaire.

La tétanie a pu être combattue pendant un temps par la saignée et les injections de sérum.

Le bromure, le chloral, la morphine ont pu, dans certains i cas, dominer les accidents tétaniformes.

Les différentes préparations thyroïdiennes ont certes donné quelques résultats; les extraits thyroïdiens et parathyroïdiens t ont pu atténuer les accidents et même les supprimer dans c certains cas. C'est ainsi que Mac Callum(') rapporte l’histoire d’une femme qui, après ablation de tout le corps thyroïde, présenta des phénomènes de tétanie qui disparurent dès „! qu’on lui donna de la glande parathyroïde de bœuf.

L’opothérapie parathyroïdienne n’a malheureusement qu’une action inconstante et passagère; elle n’empêche pas la terminaison fatale.

D'autres substances auraient une action similaire, en particulier les graisses bromées ou alogénées [Corandi et Marchetti^)].

C’est à la méthode des greffes qu’on doit certainement les meilleurs résultats post-opératoires.

Les premiers essais expérimentaux de greffe thyroïdienne et parathyroïdienne appartiennent à Schiff, Christiani, Ferrari, Lusena. Ils furent tentés chez les animaux et principalement chez le chien.

Payr(3), en iqo6, essaie la greffe thyroïdienne dans la rate. Kocher(4), en 1908, préconise la greffe dans le cartilage de conjugaison de l’extrémité supérieure du tibia. Il creuse là une loge dans laquelle il dépose un corps étranger (petite balle de caoutchouc ou en argent) qu’il retire au bout de quelques jours pour le remplacer par un fragment de corps thyroïde.

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