LA
le
Le 5. — Le malade était absolument dans le même étal qu’avant l'attaque, lorsque le 16 au soir, il fut pris soudainement des symptômes d'une péritonile suraiguë,
Mort le lendemain à midi, :
L'autopsie montra qu’on avait eu affaire à un de ces cas de tuberculisation générale, dans lesquels on a peine à trouver un Set qui en soit exempt. :
Cerveau. — L’hémisphère gauche présente de nombreux tubercules à différents états (granulations grises, tubercules Mmiliaires, tuhercules crus volumineux), s’enfonçant dans la substance cérébrale, sans que la pie-mère décèle aucune trace de trace inflammatoire. :
Poitrine. — Cavernes dans les poumons; adhérence dans les plèvres, etc.
Abdomen. — Pas d’épanchement dans la cavilé péritonéale. Dans la fosse iliaque droite une couche purulente mince tapissait le péritoine viscéral et pariétal, dont l’inflammation limitée presqueà ce pointétail annoncée par un réseau capillaire sanguin très développé. On trouve ensuite une ulcération évidemment FTÉRTE de deux à trois lignes de dianètre, qui avait détruit et perforé l’appendice cœcal au niveau de la réunion de son tiers moyen avec son tiers inférieur, ainsi que le pelit mésentère qui le soutient.
Il y avait ainsi une communication libre entre la cavité péritonéale et le cœæcum ; de là l’épanchement qui explique la péritonite mortelle.
Appareil urinaire. — (Les lésions trouvées importent peu à l'intérêt de l'observation) qu’il suffise de dire que nulle part la dégénérescence tuberculeuse n'était aussi avancée que dans cet apareil, et que Ia tumeur attribuée au mésentère était en
Lt are réalité due au rein droit, entièrement converti en une masse
tuberculeuse.. 4
OBSER VATION ÎI
Perforation de l'appendice cœcal péritonite consécutive ; coxalgie ; tubercules des poumons, des reins, de la muqueuse intesti-
nale ; (Simon,interne à la Salpétrière,23 janvier 1846. Soc. anatomique).
Le 11 décembre 1845, est entrée dans le service de M. Prus à la Salpélrière, la nommée Ch...., âgée de 49 ans. Orpheline des enfants trouvés, elle fut élevée à la campagne ely passa sa jeunesse, Là, il y a trois ans elle fit une chute à la suite de laquelle elle éprouva de vives douleurs dans la hanche, puis tous les symptômes d’une coxalgie : déjà auparavant, elle avait présenté les signes d’une affeclion tuberculeuse des poumons, toux, crachements de sang, menstruation presque nulle et accompagnée d'accidents.
Il y a deux ans, elle fut ramenée à l’hospice des Orphelins, en sortit plus tard pour entrer à la Charité, dans le service de M. Velpeau, où pendant 9 mois, on tenta vairement de guérir Sa. coxalgie, el enfin en quittant La Charité, elle fut admise à La Salpêtrière le 14 avril 1855. Mais sa maladie empirait chaque jour ; les douleurs devenaient plus vives, les digestions difficiles, la diarrhée et une fièvre continue produisaient un dépérissement rapide ; aussi ful-elle obligée dans le mois de décembre, d'entrer à l'infirmerie.
L'état de la malade élait alors des plus graves : le membre inférieur gauche élait tuméfié, douloureux : la hanche sur-
tout élait le siège de douleurs continues et tellement vives que
PAP Tire CAROL PTT EE EN ET
les plus légers mouvements lui étaientinsupportables.Obligée à rester continuellement au lit, elle n'y pouvait même garder la position horizontale, et chaque soir je la trouvais mi-couchée, mi-assise, aspirant à un sommeil qu'elle pouvait bien rarement obtenir ; ses forces étaient épuisées, sa maigreur considérable, sa figure pâle exprimait la souffrance ; la fièvre ne la quittait plus et offrait des redoublements le soir ; elle avait perdu lPappétit ; le peu d'aliments qu'elle pouvait prendre étaient mal digérés, et fréquemment une diarrhée abondante venait augmenter sa faiblesse.
L’auscultation de la malade ne nous donna aucun signe bien caractéristique de tuberculose puimonaire ; à droite et au sommet il existait une légère matité avec un peu de rudesse de la respiration et une expiration légèrement prolongée ; mais pas de craquements sous les clavicules; pas de respiration amphorique ni.de pectoriloquie ; du reste la malade toussait à ‘peine, crachait rarement et jamais de crachats suspects, n’éprouvait aucune douleur dans la poitrine, | : ;
. Cet état resta à peu près le même, s'aggravant seulement vn peu chaque jour, jusqu’au 13 janvier, mais alors les vomissements qui étaient restès peu fréquents se répétèrent et la ma- Jade rejela non seulement ses lisanes comme auparavant, mais
ne put supporter ni aliments, ni boissons, même la potion de Rivière, dont chaque cuillerée élait vomie immédiatement après son ingestion. La diarrhée qu’on élait parvenu à maitriser un peu jusqu'alors, ne cédait plus ni aux opiacés, ni aux astringents, et des selles complètement liquides, d’une couleur verdâtre comme les vomissements,se succédaient avec une grande fréquence et épuisaient la malade.
Ainsi se passèrent trois jours pendant lesquels deux sy mptô-
æ 34 — mes attirèrent toute l'attention, les vomissements et la diarrhée, s’accompagnant de coliques, mais peu douloureuses et d’une légère lourdeur de tête.
Puis tout à coup, le 15 janvier, vers 4 heurres du soir, la malade a un frisson violent et accuse une douleur éxcessive dans l’abdomen. L’interne de garde appelé trouve. un état très alarmant ; la malade est couchée sur le des, incurvée légèrement à gauche, la face est pâle, anxieuse, ie pouls fréquent, petit, misérable, les extrémités froides. La malade ne répond pas ; elle pousse de temps ea temps des gémissements plaintifs ; ses dents sont serrées ; les pressions sur le ventre produisent d’une manière convulsive un renversement en arrière ; mais la douleur est égale parlout, et le résultat est le même quel que soit le point de l’abdemen que l’on explore : il y a un météorisme peu considérable. On ordonne l'application sur le ventre d’une forte dose d’onguent mercuriel, la suppression de toute espèce de boissons et de lavements. N
Pendant la nuit l’état s'aggrave encore, et le matin la malade offre un pouls à peine sensible, des extrémités froides, des dents serrées, une perte de connaissance complète : elle meurt à 8 heures du matin le 16 janvier. .
Autopsie, 27 heures après la mort. — En ouvrant l'abdomen, les intestins me parurent d’abord sains, mais après avoir soulevé les anses inlestinales qui reposaient dans la fosse iliaque droite, je vis une partie d’une couleur violacée, et présentant au centre de l’altération, une petite ouverture d’où suintail un liquide jaune-verdâtre, sale; deux ou trois cuillerées de ce liquide répandues dans le bassin, en baignaient les organes. J'examinai alors avec soin les parties environnantes; mais il
me fut impossible de découvrir aucune trace de secrétion mor-
Re bide ; les intestins éfaient libres partout, ne présentaient aucune fausse membrane. Tout au plus y avait-il un léger pointillé rouge sur les parties du péritoine les plus voisines de la perforation. Revenant alors à cette perforation, j'y introduisis un stylet, que je dirigeai en haut et qui arriva dans le cæcum ; dès lors la partie lésée me parut être l’appendice cœcale, ce dont je pus me convaincre plus tard ; je coupais le colon lombaire droit, l’iléon près de sa terminaison ; je détachai avec soin ces parlies ainsi que l’appendice, et voici la disposition que je constatai ; l’appendice est long de 0 m. 07 à peu près; il descend dans le bassin, contractant des adhérences, par son fond avec l’utérus un peu dévié à droite, par son bord droit avec la trompe utérine dans une assez grande partie de
son étendue et avec l'ovaire.
La perforation que j'avais constatée siège à Ia paroi antérieure de l’appendice, à peu près vers le milieu de sa longueur; une seconde perforalion existe un peu plus haut et plus à droile, près des adhérences avec la trompe ; ces deux ouvertures sont larges d’une ligne environ, offrant des bords amincis et taillés en biseau, de telle sorte que les tuniques internes offrent une destruction plus étendue que la séreuse, La cavité de l’appendice est très dilatée, telle qu’on peut y introduire le doigt. Il y a un léger rétrécissement à l’endroit où elle se réunit avec le cœcum ; du reste, celte cavité ne contient aucun Corps étranger, mais seulement un peu de ce liquide qu’on voyait suinter de la perforation ; la face interne de l’appendice présente des ulcérations où la muqueuse est détruite en partie.
Le cæcum présente également dans toute sa hauteur (0.085 environ) des ulcérations qui en occupent tout le nourtour en
forme de zone ; dans ces points la muqueuse a disparu; quel-
ques lambeaux hypertrophiés et fongueux subsistent encore et flottent dans la cavité. Les autres membranes sont rougeûtres, violacées, fongueuses, manifestement épaissies, Plus haut le côlon est sain, jusqu'au mijieu de l'arc à peu près, où existe une ulcération semblable à celle du cœcum, longue de 0 m. 055, . mais occupant seulement la face antérieure ; cette seconde lésion se reconnaissait à l'extérieur par la couleur violacée de l'intestin. Dans tout le reste de son étendue le gros intestin ne présente aucune allération. L'intestin grêle est sain dans toute sa longueur.et n'offre ni ulcérations, ni granulations tuberculeuses, ni granulations semi-cartilagineuses. Quelques ganglions mésentériques et mésocoliques présentent la dégénérescence tuberculeuse ; l'estomac offre seulement un peu de ramollissement.
Telles sont les altéralions qui se rencontrent dans le tube digestif, mais la plupart des autres organes m'ont aussi présenté des lésions. Ce sont (brièvement résumées) :
Le foie, gros, en état de dégénérescence graisseuse.
La rate, hyserhémiée, sans tubercules.
Les rêins, offrant chacun trois ou quatre tubercules dans leur substance corlicale.
La fosse iliaque gauche, offrant autour des vaisseaux iliaques 4 ou 5 tubercules crus, enkystés, d'un volume assez considérable,
Les poumons élaient creusès à leur sommet d’une multitude de petites cavernes, avec, au-dessous, granulations et Lubercules ; les plèvres étaient adhérentes,
Enfin l'articulation de la hanche présentait les lésions typi-
ques de la coxalgie à la deuxième période.