LA PERLE CACHÉH
ou plutôt à votre fils, en ce jour de deuil, qui est le 8ien.
Eurn. Je ne puis refuser,
ALEX. Et à présent pour ma récompense
EuPx. Demandez ce que vous voudrez.
ALEx. Votre bourse |
Eupu. Quoi ! un or vil ?
ALEX. Oui, oui, en vérité, je n’en ai jamais été si avide qu’en ce moment.
(Euphémien, étonné, lui donne sa bourse.)
(À PBibulus.) Prenez ceci, et fuyez. Au port d’Ostie, il y a encore un vaisseau en destination pour la Palestine ; là essayez d'obtenir votre pardon, au milieu des scènes de l’amour toujours prêt à pardonner.
(Bibulus sort.)
Furn. Jusqu'ici, Ignotus, toute ma dette demeure sans être acquittée, et doit rester ainsi. Car avec la vie, je vous dois tout ce qui lui donne de la valeur. Cette maison, ma fortune—tout appartient *. vous. Voici ma première demande—nous ne nous séparons plus. Partageons ce toit le temps qui nous reste à vivre. Où êtes-vous logé ?
Proc. Ne vous en déplaise, seigneur, à raison de certaines réparations, et..et..
Eur. Et quoi, de grâce ?
ALEX. Je suis parfaitement satisfait de mes appartements, seigneur.
Proc. Précisément, seigneur: monsieur tenant surtout à la tranquillité et à un pieux isolement, comme c’est un pèlerin, vous voyez, séigneur. ...
EvPu. Allons, allons, dites-le-moi tout de suite —0ù l’avez-vous logé ?
Proc. (embarrassé, et montrant derrière lui.) Eh bien ! là, seigneur.
Eupy. Là ? c’est dans ce chenil, que vous l’avez jeté, comme un chien ? Est-ce 1à l'accueil fait au pêlerin dans ma maison ? Honte sur toi, Proculus !
ALEX. Paix, bon Euphémien, Si je n'avais logé 1à, vous seriez mort !
Tous. C’est vrai.
ALEX. A présent cette chambre est bénie pour vous eb pour moi: je la réclame donc. C’est là que je veux vivre, et, s’il plaît au ciel, mourir,
Eux. Ignotus, il faut bien céder à vos instances. Mais dites-moiï, comment avez-vous appris le danger où j'étais? De qui cette voix que j'ai entendue ?
ALEX. Cette voix était là mienne.
Eurx. (À Part). Elle résonnait comme ceile de mon enfant.
ALEX. Pendant que je dormais profondément, il me sembla voir auprès de moi un être beau et
radieux comme l'aurore. Ses ailes pourpres étincelaient d’or, comme de jeunes cèdres sous la brise au coucher du soleil. Il me toucha le côté et m’éveilla. Alors j’entendis la perfide trahison de cet esclave. Lui, quand il entra avec son noir dessein, me crut profondément endormi, et laissi tomber ce papier empoisonné qui témoigne contre lui. Je me redressai, et par la porte, qu’il avait négligemment laiss e entr'ouverte, je vis tout le reste.
Eur. C’est une bénédiction qui est entrée avec vous ‘dans ma maison. Mais dites-moi, quel était cet esprit ? Il est entré, lui aussi, avec vous.
Azexis. Oh ! oui, je le connais ! je le connais ! c’est l’ange Qui veille sur le pèlerin ; Qui le conduit au seuil hospitalier ; qui change Sa peine en un bonheur serein | Ecoute: Quatre esprits, anges aux ailes blondes, S’occupent ici-bas de'nos œuvres fécondes, De nos œuvres d'amour, et les disent aux cieux. Dans un plateau d’argent, le premier, radieux, A qui souffre la faim porte la nourriture ; Le second tient toujours pleine d’une onde pure, La coupe de vermeil pour le pauvre altéré ; > Le troisième revêt d’un vêtement pourpré L’indigence humble et nue ; Mais l’hospitalité, charitable, ingénue, Réunit sous son toit ces trois anges d’amour,
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