‹ La perle cachée [microforme]Chapitre 5 sur 29 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Atrium de la maison d’Euphémien. La porte qui donne sur la rue, à droite du théâtre: l'entrée qui conduit à l’intérieur de la maison, à gauche. Au milieu, au fond du théâtre, une petite chambre fermée, sous un escalier ; une table au centre, couverte d’un tapis qui descend jusqu’à terre. Derrière la lable, un fauteuil.

(Entre Bieuzus du côté où se trouve la maison; il regarde avec précaution autour de lui, puis se tournant vers le porte :)

Bis. Bon! Fort bien! Entrez. La place est libre, et le sera encore au moins une grosse heure.

Entrent UrsuLus et tous les autres esclaves, blancs et noirs, d'abord timidement, portant divers ustensiles de ménage, de Jardin et d’écurie : cuillers, brosses, râteaux, étrilles, &e. Ils se rangent de chaque côté, Bibulus allant se placer derrière la table. Après les autres, Eusèbe entre tranquillement, un livre à la main, et demeure à l'écart.

Urs. Pourquoi neus a-t-on ainsi tous réunis ?

Bi8. Tu vas le savoir, à l'instant même.

Dav. Attends un peu, car tu n’as pas de Nostre pour nous dresser la parole. Je vais donc eu faire un. (ZE tourne la chaise, et Bibulus monte dessus.) Là! je le fais avec cette chaise crurule, c’est-à-dire une chaise à bras, vois-t'1,

Bi8. Eh bien! camarades, je suis venu vous parler de nos torts de toutes sortes. J'ai été traité d’une manière honteuse. Bien entendu, quand je dis honteuse, je veux dire éhontée.

PLusieurs. Comiment cela ?

Bis. Comment cela? Muis, c’est que j'ai été enfermé toute la nuit dans un donjon—dans une cave—une cave sèche,remarquez bien, en compagnie de tonneaux vides, carcasses dont l'âme était sortie depuis longtemps, et j'ai été mordu toute la nuit par les moustiques. Tout cela, pour rien.

Tous. Honte! Honte!

Bi8. Allez-vous supporter cela? Allez-vous permettre que vos droits soient ainsi foulés aux pieds ?

Dav. Droits? mais, tu viens de dire que tu

voulais nous haranguer sur nos torts, et voilà que tu parles de nos droits. Lequel des deux ?

Bis. Nigaud! Est-ce que tu ne sais pas que plus un homme a de torts, plus il a de droits! Il faut que tous ses torts, il les fasse redresser.

Ver. Sans doute; Bibulus nous met cela clair comme le jour. Chaque tort est un droit. N'est-ce pas vrai ?

Br8. Exactement.

Dav. Et par conséquent, vice versa, chaque droit est un tort.

Bis. C’est cela. Voilà votre économie plitique moderne.

Ver. Aïnsi, droit ou tort, c’est tout un. Bravo!

Tous. Bravo! Bravo!

B18. Ainsi, c'était un droit, vous voyez—non, c'était un tort—attendez, oui, c'était ou un droit ou un tort, suivant le cas, de me tenir en prison toute la nuit ; et c’est ainsi que vos droits devinrent des torts en ma personne,

Urs. Mais tu ne nous as pas dit pourquoi c’était,

Dav. Hé! en effet, dis-nous donc un mot de nos droits qui ont été cause de tes torts.

Tous. Oui, oui ! pourquoi était-ce donc ?

Br8. Bah! pour un misérable broc, ou deux, de vin, que je bus à la santé du maître.

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