AVANT-PROPOS
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L’Evolution de l'Humanité répond à cette idée, qui s ‘impose de plus en plus, qu ‘il y a une unité dans Phisioire des groupes humains. Si l’on ne peul affirmer que leur origine sort unique, — mais on ne peui davantage affirmer le contraire, — leur solidarité, aujourd’hui manifesie, apparaît comme très ancienne : quelque éloignés qu’ils fassent les uns des auires, ils ont eu entire eux des rapports souvent étroits.
Nous ne croyons pas — sans nier l'intérêt de cette conception — qu'il soit conforme à une inlerprélalion vraiment scientifique de metire sur le même pied, dans une histoire du « monde », ious les groupements qui ont peuplé la terre. C’est par rapport au facteur logique — qui est l'élément. essenliel, profondément explicatif — que toute la matière de l’histoire demande à étre ordonnée, dès lors qu’on a une vue nelle de la causalité historique et de ses ariiculaïtons. À Conformément à ce principe, après avoir évoqué le grand travail collectif et en partie anonyme qui, au cours de la préhistoire, a posé les bases de la civilisation humaine, nous
avons passé la revue des grandes civilisations différenciées,
qui ont consittué la voie royale du progrès humaïn; nous
. avons assisté à la formaïion de ces empires qu: ont cherché
à unir les ressources humaines dans des combinaisons où la : vie devenait plus haule, — maïs pour un nombre souvent très limité d'individus : car l’éclat de la « civilisation »
YI AVANT-PROPOS
n’est pas en rapport nécessaire avec le bonheur du grand
nombre.
Avant de poursuivre l’étude dau monde méditerranéen, de ces pays el de ces groupements pour lesquels se sont rencon-
ltrées les conditions parl!iculières de progrès que nous avons:
fait ressortir, tl nous fal'ait embrasser du regard les grandes masses d’êires huma ns que Rume a iaissées en dehors, en marge de son empire pourlan! immense; le tome XXIII a été consacré à ces Germains avec lesquels elle est en contac!, en conflit, et qui bien'6' contribueront à l’écroulerment du colosse; les tomes XXV ei XXVI le seront à ces peuples d’Exiréme-Orient qui, sans qu’on puisse parler d'isolement, se sont déveioppés dans une indépendance relative et r’ont que tardivement noué de façon élroïle leur histoire à celle du reste de l’humanilé. Mais d’abord nous devons insister sur un peuple intermédiaire, celut des Perses, que déjà nous avons renconiré (1), et qu’i! ne suffil pas d’avoir entrevu à l’occasion de rapports avec ses voisins ortenlaux ou de poussées vers l'Occident. I! faut préciser son rôle qui, pour être moins éclatant que celu: des Grecs ou des Romains, n’en est pas moins considérable, Et c’est ce qu'entreprend ict Ci. Huari, avec sa grande autorité.
On est obligé de faire un effort pour comprendre quelle a été la fonclion, en quelque sorte, de l’Iran dans l'antiquiié. Aujourd’hui, cetie région es! en dehors des grandes
voies du monde : elle a serv: jadis de trait d'union entre l’Exiréme-Or ent et l’Occident; elle a vu les peuples en
-migralon, et plus tard les armées en marche, s’écouler à travers ses hauts plateaux, entre ia mer Casprenne et la
(1) Voir Moner, i VI, p. 406; DeLaporte, À VIII, p. 290; JaARDÉ, t, X, pp. 246, 326-848, 389-392, 407. Cf. t. XV et XXII,