‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 14 sur 91 · LES IRANIENS SUR LE PLATEAU DE LA MÉDIE · texte numérisé non relu

LES IRANIENS SUR LE PLATEAU DE LA MÉDIE

‘à descendre plus au sud, à Balkh, puis dans le Khorasan, d’où ils rayonnèrent en Perse (1).

Est-il possible de déterminer approximativement l’époque de

cette migration? En 1100, les Mèdes ne sont pas encore établis sur le territoire qui fut appelé, de leur nom, Médie. D’autre part, les Hittites avaient constitué en Asie mineure un empire qui lutta contre les Assyriens et les Egyptiens (2). Les Mèdes n’entrent en scène que longtemps après ces premiers envahisseurs ;en sepèrent gure faire remonter au delà du premier millénaire leur intrusion sur les hauts plateaux, habités alors par une population dont l’origine ethnique nous est inconnue; celle-ci fut, ou refoulée dans les montagnes, ou assimilée par les envahisseurs.

. Les Mèdes étaient divisés en six tribus, dont Hérodote nous a conservé les noms : les Bouses; les Parétacènes, les Stroukhates, les Arizantes, les Boudiens et les Mages (3). C'était un peuple de pasteurs, qui possédait des chevaux, des bœufs, des moutons, des chèvres, et avait dressé le chien de garde. Ils se transportaient dans des chariots dont les roueset les essieux étaient grossièrement taillés dans des troncs d’arbre. La famille était basée sur l’autorité paternelle et la polygamie ; la jeune épouse était enlevée de vive force, c’est-à-dire qu’on pratiquait Pexogamie. Ils connaissaient l'or, l’électrum ou composé d’or et d’argent qu’ils ne savaient pas dissocier, et le bronze ; leur art était restreint à des ornements très simples. Une fois établis dans le pays, ils devinrent agriculteurs, mais ils restèrent séparés en clans indépendants, qui pourtant savaient s'associer en cas de danger.

(1) CV, t. I, p. 211, 683. Cf. Avesta, Vendidad, 1, 6 suiv., et le Bundehech,

cc, 25, 30. Celui-ci situe cette contrée au nord de P'Adherbaïd nel ‘’Arrân du moyen âge, le Qara-bagh actuel.

(2) Hérodote (1, 1, 72) connaît une tribu qui avait pousé js PHalys ; ce sont les Hittites ou Khéta, appelés par les anciens Leuco-Syriens ou Syriens blancs ; de récentes découvertes (fouiiles de Boghaz-Keuï, anc. Pterium) ont montré que l’une, au moins, des langues de leurs inscriptions est inde-européenne,

Lors de la première expédition de Salmanasar III, en 844, contre Namri, quiestle Kurdistan, le roi assyrien trouve un pays qui avait été longtemps sous l’influeñce babylonienne. et dont le roi portait le nom sémitique de Marduk-Mudammik. Celui-ci s’enfuit dans les montagnes ; son trésor fut pris, son peuple capturé; on choisit un roi d’origine cassite, nommé lanzu, pour régner sur le pays dévasté. Ce Tanzu se révoltä sept ans plus tard; il s’échappa dans les forêts, puis fut enfin pris et conduit à Ninive en triomphe.

Sous le successeur de Salmanasar III, Samsi-Adad IV (824-812), les Mèdes sont de nouveau mentionnés; ils sont conquis et payeñt tribut ; il paraît bien que leur contrée était peuplée, que les villes y étaient nombreuses; les prisonniers qu’on en ramène forment un contingent considérable ; les chevaux, le bétail capturés se comptent par milliers. Adad Nirarilll, fils du précédent,en 810 et années suivantes, conduit sept campagnes en Médie sans s’y avancer beaucoup.

- En 744, Tiglath-Pileser I11, monté sur letrône le 13 avril 745, envahit le pays où, comme ses prédécesseurs, il trouve les clans désunis et les attaque les uns après les autres; il ramène de son expédition soixante mille prisonniers, d'énormes troupeaux de bœufs, de moutons, de muletset de dromadaires qu’il mène en triomphe à Kalah, sa capitale. Un de ses généraux pousse jusqu'aux pieds du Bïkni, « montagne de cristal », le mont Démâwend, qui paraît alors aux vainqueurs être lPextrême limite du monde vers le nord. Cette randonnée décida du succès de l'expédition, et les chefs du pays s’empressèrent de venir lui rendre hommage. Plus tard, en 737, ja Médie fut entièrement ravagée, sans doute à la suite d’une révolte : les vallées les plus lointaines, lesmontagnes les plus escarpées furent fouillées, et une multitude de captifs prirent le chemin des plaines. (3

Quinze ans plus tard, en 722, Sargon II s’empara de Samarie et transporta au loin la population du royaume d’Israël, ainsi

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