‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 13 sur 91 · LES IRANIENS SUR LE PLATEAU DE LA MÉDIE CAMPAGNES DES ASSYRIENS · texte numérisé non relu

LES IRANIENS SUR LE PLATEAU DE LA MÉDIE CAMPAGNES DES ASSYRIENS

L'étude préhistorique de la Perse a été amorcée par J. de Morgan (1), mais les recherches entreprises jusqu'ici ne jettent pas encore de lumière sur l'invasion du plateau de Médie par les Iraniens venus du Nord. On trouve des stations dans le Mâzandérän, sur le versant sud du massif du Démâwend, dans la vallée du Lar, près de Mohammed-Abäd, des restes préhistoriques dans les alluvions du torrent Ab-i Pardôma, rappelant les types les plus grossiers du quatérnaire d'Europe. Au Poucht-i Koûh, pays dés Cassites, et dans le Louristan, on a constaté la présence d’un atelier néolithique à Tépé-Goulâm. Des tombeaux de l’âge du bronze et un dolmen ont été découverts à Kravé-Cadé, dans les montagnes qui surplombent Lenkorân, sur la Caspienne. À des époques indéterminées et sûrement fort anciennes, des négritos ont habité l’'Élam ou

Susiane (2).

(D LXXXII, LXXKIV et LXXXV.

(2) LXXXIIL, et XX, t. IV, p. 3, 7, 17, 148, 161,

Les inscriptions cunéiformes du roi d'Assyrie Tiglat-Pileser [°', grand batailleur, vers 1115-1100 avant notre ère, nous renseignent sur les campagnes qu’il entreprit pour étendre sa domination : les Moskiens, au nord de la Commagène, sont attaqués, puis les montagnes d'Arménie, où lon rencontre des forêts impénétrables; il atteint le lac de Van (1).

C’est seulement avec Pexpédition de Salmanasar IIT en 837, c’est-à-dire à peu près trois cents ans plus tard, que nous trouvons cités les Parsua, dans les montagnes du Kurdistan, entre les sources du Zâbet de la Diyâla, contrée où régnaient vingt-sept princes avec autant d’États, et les Amadai, c’est-àdire les Mèdes, qui habitaient la plaine et apparaissent ainsi pour la première fois (2).

Ces deux peuples parlaient une langue indo-européenne ; nous avons sur ce fait le témoignage de Strabon (3) qui nous , informe que les Mèdes, les Perses, les Bactriens et les Sogdiens parlaient une même langue avec de légères différences. Ils n’étaient pas autochtones, pour autant que ce terme a un sens en parlant de populations primitives que nous voyons émigrer de place en place, aussi loin qu’il est possible de remonter dans le cours des âges, et même dans la préhistoire. C’étaient des immigrés ; ils venaient de ces vastes espaces presque déserts que les anciens ont connus sous le nom de Scythie, peut-être même de la partie de cet énorme territoire qui correspond à la Russie méridionale d’aujourd’hui. Le souvenir de ces transplantations a été conservé par PAvesta, qui parle en termes vagues d’un territoire perdu, d’une sorte de paradis terrestre appelé Airyanem Vaejo. Obligés par le froid de quitter leur territoire primitif, les Aryens vinrent dans la Sogdiane (Boukhara et Samarqand) et la Margiane (Merw) ; une invasion de sauterelles et des tribus hostiles les contraignirent

(1) DecarorTe, Évolution de l'humanité, t. VIIL, p. 271. 2) Æ VII, p. 103. — (3) V, xv, 724.

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