‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 18 sur 91 · L’EMPIRE DES MÈDES · texte numérisé non relu

L’EMPIRE DES MÈDES

une occasion où son armée sortit victorieuse des généraux d'Assurbanipal; l’Assyrie fut envahie et Ninive assiégée. Ce ne fut qu’un blocus, dont l’écho nous a été transmis »ar

le prophète Nahum (IH, 2-3). Cyaxare aurait peut-être : éussi

à s'emparer de la ville par la famine lorsqu'il fut rappeié en toute hâte dans son pays par l’invasion des Scythes (1). Ces peuples avaient franchi le Caucase par la passe de Derbend et envahi l’Adherbaïdjân : le roi mède se porta à leur rencontre, au nord du lac d'Ourmia, fut défait et contraint d’accepter les conditions du vainqueur (633). Le: Scythes ravagèrent le pays tout entier :iln’y eut que les forteresses pour résister à ce torrent dévastateur qui s’étendit jusqu’à la Méditerranée et dont Jérémie fut témoin (VI, 23). Cette catastrophe prit fin par uneruse de Cyaxare, quiinvitaleroi des Scythes, AACTER ainsi que ses principaux officiers, à un banquet où il les enivra et les fit mettre ensuite à mort (2). Les Scythes, privés de leurs chefs, furent attaqués et, malgré une résistance désespérée, finalement chassé; vers 615, après une occupation qui avait duré vingt-huit ans.

Assurbanipal était mort vers 625; sous son successeur Sarakos, Nabopolassar, gouverneur de Babylone, prit le titre de roi; il marcha contre des e:vahisseurs inconnus qui remontaient depuis l’embouchure le cours du Tigre et de l’'Euphrate ; il réclama le secours des Mèdes, et Cyaxare se joigoit à lui. Ninive fut assiégée, et, quand Le roi assyrien vit quetoute résistance était im po;s ble, il allumaun bûcher: t périt dans les flammes, lui et sa famille. La capitale fut prise en 606, et détruite de fond en comble ; il n’en est depuis lors resté que des ruines. Il en fut de même des autres villes et des sanctuaires des dieux qui ne lui avaient pas prêté assistance,

comme le dit expressément le cylindre de Nabonide (3).

(1) I, I, cini-civ; TROGUE-lOMPÉE, dans JUSTIN, II, ?, et JorpaNês, De

Origine Gelarum, 6.

(2) E, L, cv, — (3) Col. IT, !, 2 à #i,

À partir de ce moment, les Mèdes dominent une grande partie de l’Asie antérieure. Nabuchodonosor, fils et successeur de Nabopolassar, conclut une alliance avec eux et épouse la fille de Cyaxare, Amytis. Les Babyloniens s’étant réservé les plaines, les Mèdes gardent pour eux le plateau de l'Iran et y joignent l’Arménie, les sources du Tigre, la Cappadoce, où ils retrouvaient établis d’anciens envahisseurs aryens. leurs congénères. La conquête de ces régions fut d’autant plus facile qu’elles avaient été ravagées par les Cimmériens et les Scythes et que depuis lors elles vivaient dans un état d’anarchie qui eur enlevait tout pouvoir de résistance. Les Mèdes ne s’arrêtèrent qu’à l’'Ha'ys (Qizil-Irmaq) où ils se trouvaient placés en face du royaume guerrier et puissant de Lydie, sous le gouvernement d’Alyattès, de la dynastie des Mermnades.

Une étrange légende nous a conservé la cause prétendue de la rupture entre la Médie et la Lydie. Cyaxare avait pris à son service un corps de Scythes en qualité de chasseurs et leur avait confié quelques jeunes gens de la noblesse pour faire l'éducation de ceux-ci. Un jour, ces chasseurs étant revenus bredouilles, le roi les insulta; pour se venger, les Scythes assassinèrent et coupèrent en morceaux un de ces jeunes gens, et le servirent au roi dans un banquet, en guise de mets ; puis ils s’enfuirentauprès d’Alyattès, qui refusa de les livrer. La guerre éclata. Les Mèdes, plus nombreux que les Lydiens, n’avaient cependant pas de troupes qui pussent être comparées aux hoplites grecs ou à la célèbre cavalerie lydienne ; pendant six ans, les hostilités se poursuivirent sans aucun avantage apparent; la septième année, une éclipse de soleil, qui avait été prédite par Thalès de Milet (28 mai 585), effraya tellement les deux armées qu’elles résolurent de mettre bas les armes : des négociations s’ensuivirent ; la Babylonie, qui joua le rôle d’arbitre, fixa l’Halys comme limite entre les deux Etats.

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