‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 23 sur 91 · PUR · texte numérisé non relu

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que cet accident arriva dans une Agbatana de Syrie, tandis qu’il s'attendait à mourir à Ecbatane, comme on le lui avait prédit.

Ce mage s’appelait Gaumäâta. Dans son rôle de Bardiya ou faux Smerdis, ii détruisit beaucoup de temples en peu de mois (1), il fit disparaître tous ceux qui pouvaient avoir eu connaissance du cort du véritable Bardiya ; il proclama Paffran-

chissement du service militaire et des impôts pendant trois ans; il se retira autant que possible de la vie en public, ce qui ne surprit personne, puisque c'était l’étiquette, mais il ordonna aux membres de s& famille de rompre toutes relations entre

eux. Cette attitude éveilla les soupçons des chefs des sept

grandes familles nobles, qui avaient le droit d'accéder auprès

du souverain en tout temps. Îls s’assurèrent d’abord que Gaumâta n’était point Bardiya, et chargèrent une de ses femmes, Phédime, fille du chef perse Otanès, d'examiner dis-

(1) Il fant entendre par là les temples des peuples conquis, puisque les Perses n’en avaient point; il est clair que c’est le fanatisme religieux qui le poussa à cette extrémité, qui était une grave faute politique. Cf. l'inscription de Bisou-

toûn, col. 1; 1. 63-64; WrissBAGH-BANG, Die alipersische Keilinechrifien, p. 14-15,

crètement si le Mage avait les oreilles coupées, accident qui lui était arrivé autrefois (châtiment pratiqué jadis très fréquemment ex Orient). Sûrs de leur fait, les conjurés (1) se présentèrent a la porte de la forteresse de Sikthauwatich en Médie (S:kayahuvati), furent admis sans difficulté par les gardes des portes, brutalisèrent les eunuques qui leur interdisaient l’accès des appartements particuliers, et mirent aussitôt à mort GaumâAta et sa suite (521), Alors les conspiratéurs coururent en hâte à la capitale, ameutèrent le peuple, lui montrèrent la tête de l’imposteur et organisèrent un massacre des Mages ses partisans, dont le souvenir fut conservé par l'institution de la fête de la Magophonié. Ce dernier détail prouvé que la tribu mède des Mages avait pris parti pour le faux Smerdis, avec l’espoir probable de venger la rüine de la Médie et d'établir un pouvoir théocratique.

Les traditions populaires dont Hérodote nous entretient prétendent que, pour choisir entre les chefs des sept grandes familles celui qui monterait sur le trône, il avait été convenu que celui dont le cheval hennirait le premier au lever du soleil serait roi. C’est un exemple de la divinätion par les cheväux (hippomañicie). L’écuyer de Darius emmena d’avance le cheval de son maître à l’endroit convenu et lui fit entrevoir une jument, de sorte qu’au matin, le cheval du roi, reconnaïissänt la localité, se mit à herinir joyeusement. C’est par cette ruse que l’on dit que Darius monta sur le trône (2).

(1) Les. noms des conjurés sont donnés par linscription de Bîsoutoûn : Vindafarn4 (Intaphernës d'Hérodote), fils de Payalbares Hutäna ( tanès) fils de Thukhra; Gaubaruvi (Gobryas), fils de Marduniya (Mardonius); Vidarpa (Hydarnis), fils de Bagâbigna ; Bagabukhcha (Mégabyze), fils de Dâduhya: Ardumanich, fils de Vahuka. Sauf le dérnièr pour Hérodote. et les deux derniers pour Ctésias, les renseignements des auteurs grecs concordént avec ceux de linscription de Darius.

(2) Cette tradition populaire (I, III, LxvirI-LxxXVIT) jette. des , doutes sur la généalogie que Darius s’est attribuée dans son inscription; #il descendait réellement d’un prétendu Hakhâmanich (en réalité: nom de clan) par une ligne parallèle à celle de Cyrüs, il n’aurait pas eu besoin de la divination par les chevaux pour être choisi : en sa qualité de plus proche parent de

Darius er.

* Havait à reconquérir l'empire, dont les proyinces s'étaient L'apéléséés.

L'Élam fut le premier à vouloir secouer le; joug, sous limpulsion d’Athrina, fils d’ Upadarma, descendant d’une ancienne famille royale. évin- 1 cée du trône d’Anzan par les Achéménides ; un corps expéditionnaire ené voyé : à Suse le fit

prisonnier ; il fut | amené enchaîné à | Darius, qui le fit mettre à mort. À Babylone, Nidintu- Bel, prétendant être le fils de Nabonide, prit le nom de Nabuchodonosor II] ; le roi de Perse se mit à la tête de l’armée, mais ne put traverser le Tigre, dont le cours était tenu par une flotte

puissante, soutenue par une armée con- Fig. 8. — Darius [®", Sidérable. Après

avoir trompé l’ennemi sur ses intentions par des feintes suc-

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