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de la mission Dieulafoy, | TANENS + … avaient réussi à dresser, en 1885, a permis de constater, pour la première fois, que sous les pieds de sept de ces figures étaient gravés les noms de plusieurs satrapies (1). Le caveau qui est à l’intérieur de la tombe se compose d’un vestibule et d’une chambre plus basse ; dans le sol de cette demeure sont creusées des cuves funéraires,au nombre de une à neuf. Les murs, absolument nus, n’ofirent pas trace de sculptures ni de dessins quel-
conques.. = Il est fort vrai- 1} 172 7R7 semblable que, com- Ç À /\| AU 4
me on l’a supposé, = l’idée d’une tombe ” creusée dans une ,.
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(1) XXII V, p. 622, ig. (1. — Trône de Darius à Persépolis. P, À, * à 8
quand il faisait partie de larmée de Cambyse ; les hypogées de Beni-Hassan ont certainement frappé son esprit.
Les Perses n’avaient pas de temples, nous dit Hérodote ; Phistorien d'Halicarnasse, qui appartenait à un pays où le sol était couvert de temples, de statues et d’autels, avait été vivement frappé de ce qu’aicun de ces objets familiers ne se rencontrait chez les ennemis héréditaires de l’'Hellade. Il est clair qu’il n’y a pas eu d’architecture religieuse. Cependant, en disant que les autels étaient inconnus, le père de l’histoire avait en vue ceux qui, chez ses compatriotes, servaient aux sacrifices sanglants ; car, pour l’autel du feu, celui sur lequel brûlait le symbole du dieu suprême, nous savons exactement en quoiil consistait, puisque nous en avons une représentation lans les tombes rupestres. Il y avait bien, en Cappadoce, des temples qu'y a vus Strabon, mais c’étaient des oratoires des Mages, et on n’en peut rien inférer au sujet de la religion des Perses au temps des Achéménides. Voici d’ailleurs, à titre de renseignement, le passage du géographe grec qui se rapporte 4 nos recherches (1) : « On rencontre dans ce pays [la Cappadoce] ce qu’on appelle [en grec] les Pyraethées, dont quelques-uns sont des sanctuaires véritablement imposants, avec un autel au milieu, sur lequel, parmi des monceaux de cendres, brûle le feu éternel entretenu par les Mages ».
En divers endroits de l’Iran actuel, on trouve de petits monuments que l’appellation populaire désigne sous le nom d’étech-gâh, « place du feu »; la question est de savoir à quelle époque il convient de les faire remonter, car on ne peut douter de leur destination, à raison de leur apparence de fourneaux quadrangulaires; ce sont bien des autels du feu. A Naqch- Roustem, à gauche de la nécropole, il y a deux autels de ce genre, taiilés dans le roc ; ils sont de grandeur inégale et plus larges à la base qu'au sommet; les quatre faces présentent
(t) V, XV, 1, 15.
quatre arceaux en plein cintre reposant sur quatre colonnettes engagées dans les angles; au sommet, une table carrée, entourée de merlons triangulaires et offiant une dépression où lon allumait le feu. Or, ces autels sont d’une forme différente de ceux dont la représentation figure sur les façades des hypogées et rappelleat au contraire un édicule chaldéen figuré
Wi. 12 — Deux Pre du feu à Naqus i Récit
sur le monument connu sous l'appellation de « pierre noire de Lord Aberdeen » (1). On se demande si ces deux autels ne seraient pas antérieurs à la construction de Persépolis et s’ils ne remonteraient pas à l’antique bourgade perse a\ant son
élévation au rang de capitale (2).
À Pasargades, non loin du tombeau de Cyrus, il existe deux
socles qui ont pu être utilisés comme bases pour des autels du
G) XXII, 1 - .79. — (2) Zd. op. t V, p. 64.
feu: on les appelle éakhi-1 lâoûs, « estrade du paon » ; ce sont des monolithes de forme cubique, évidés à l’intérieur ; un escalier de sept marches, également monolithe, donne accès à l’üun des blocs ; l’autre à disparu. Pourquoi ces autels vont-ils par paireP C’est un problème pour lequel on ne possède aucune solution acceptable. Cependant on en connaît d’uniques, comme celui qu’on a trouvé à Firoûz-âbäd, l’ancienne Goûr, et qui est aujourd’hui démoli; il est seul de son espèce. Ces autels n’étaient donc pas nécessairement par paires.
Les ruines des palais royaux, à Persépolis et à Suse (1), offrent une base sérieuse à l'étude, qu’on a poussée assez loin pour en tenter la reconstitution. Demeure du roi, c'était le véritable centre politique de l’empire ; c'est à la porte de ce palais, la Sublime-Porte de l'empire ottoman aujourd’hui disparu, que se traitaient les affaires ; et, derrière cette porte, demeurait dans un asile inviolable, entouré de son harem et de ses serviteurs, l’autocrate qui commandait à une grande partie de l’Asie. La langue protocolaire a gardé, au xx° siècle,
des traces de cette antique organisation. Dans l’Inde anglaise,
où le persan, sous les Grands-Mogols et même sous la domination de la Compagnie des Indes, a été la langue officielle du gouvernement, on appelle encore durbar (transcription anglaise de dar-bér) une audience solennelle du vice-roi ; or cette expression signifie simplement audience solennelle (br) à la porte du souverain (dar). C’est sur les édifices royaux que se sont portés les efforts d'imagination des
architectes. Tandis que les monuments funéraires ne présen-.
tent qu’un type uniforme, le constructeur a cherché à varier ses plans : c’est que chaque roi voulait une demeure personnelle et ne souhaitait pas se servir de celles que lui avaient léguées ses devanciers ; c’est ainsi qu'aujourd'hui, en Perse, le fils héritant une maison de son père défunt préfère se bâtir
(1) Sur le palais de Darius 1° à Suse, voir XCI.
er
une demeure nouvelle plutôt que d'utiliser l’ancienne ; celleci, non réparée, tombe bientôt en ruines. Les anciens avaient
déjà fait cette remarque : « À Suse, dit Polyciète, contempo-
rain d'Alexandre (1), sur le sommet du tertre, chaque roi se fait construire un bâtiment séparé, avec trésors et magasins de dépôt, bâtiment destiné à recevoir les tributs levés pendant son règne et qui doit rester comme un monument de son administration, » Ce que dit Polyclète des trésors royaux est également vrai de l’habitation du souverain.
Cyrus avait fait élever à Pasargades, en souvenir de la Victoire remportée sur Astyage et les Mèdes, des palais qui sub. sistaient encore à l’arrivée d'Alexandre et dont on croit trouver les restes dans des ruines situées ai nord-est du tombeau du fondateur de la monarchie, à énviron 800 mètres de distance. On peut reconstituer avec assez de vraisemblance un porche à quatre colonnes flanqué de deux pièces latérales, puis une grande salle hypostyle à deux rangées de colonnes. Cinq pieds d'hommes sculptés sur une des dalles montrent qu’il existait une décoration de bas-reliefs (2), analogue à celle de Persépolis. Les colonnes sont de dimensions médiocres et peu nombreuses. Trois piliers formént la partie de l'édifice la mieux conservée ; c’est sur eux qu’on pouvait lire une courte
inscription rédigée dans les trois langues officielles, le perse; le susien et le babylonien : « Je suis Kourach;, roi, Athéménide ».. =
Les ruines des palais de Persépolis se laissent apercévoir sur un haut soubassement, un tertre (4akht), auquel menait une route carrossable qui le contournait par le sud, puis rejoignait la montagne et abordait le tertre au levant ; mais
| l'entrée monumentale, celle que franchissaient les gens que | leur service appelait à la cour où qui y étaient mandés, c'était | le large escalier conservé encore intact aujourd’hui. Il forme
() V, XV, in, 21. — (2) XXII, t, V, p. 666,
deux volées divergentes parallèles au mur de soutènement : il est large de sept mètres et comprend cent six marches, cinquante-huit à la rampe inférieure, quarante-huit à la supérieure, telles que les a comptées Coste. Cet escalier débouche sur la seconde terrasse, celle des Propylées et de la salle aux cent colonnes. Une esplanade porte les restes de la salle hypostyle de Xercès ; elle est surélevée de trois mètres ; et derrière elle, avec trois mètres de plus, on rencontre les débris des palais de Darius et de Xercès.
Ces propylées se composent de deux piliers gigantesques sur lesquels est sculptée en ronde-bosse la partie antérieure du | corps de deux taureaux à face humaine, type bien connu par | les taureaux ailés de Khorsäbäd au Musée du Louvre, provenant de Ninive ; c’est donc une imitation du style assyrien, mais une i Ditation libre, car ces taureaux n’ont que quatre pattes, tandis que Îles assyriens en ont cinq (1). Ce monument, haut d’environ onze mètres, a été construit par Xercès, comme en font foi les’inscriptions trilingues qu’il porte et où il est qualifié de « portique qui montre tous les pays », c’est-à-dire, sans doute, « d’où l’on découvre une vaste étendue de pays ».
La salle hypostyle de Xercès était la salle du trône où, à certains jours et en grand apparaf, le roi donnait audience et recevait les ambassadeurs étrangers ; c'était le plus somptueux et le plus grandiose des monuments que renfermait le tertre
de Persépolis. Treize colonnes sont encore debout, sur les
trente-six formant le groupe principal; devant et sur les côtés, il y avait encore trois séries de douze colonnes chacune, soit en tout soixante-douze colonnes de 19,42 de hauteur dont il est aisé de compter les bases. L’escalier est orné de sculptures sur les murs; une figure de soldat correspond à chaque marche de Pescalier ; la file suit le mouvement de la rampe, de sorte que les personnages semblent monter les
(1) XXIX, V, p. 782.
degrés pour se rendre au palais. Sur le perron central, on voit défiler à gauche les serviteurs qui mènent les chevaux et con-
duisent les chars, les courtisans, les gardes ; à droite, divers
personnages représentent les différents peuples apportant des présents consistant en fruits où amenant des animaux de leur pays. Les attitudes ne sont pas variées, elles sont toutes les mêmes (1); dans ces défilés de tributaires dont nous venons de parler, de gardes, de grands seigneurs mèdes et perses se rendant à l’audience du roi, les corps sont disposés dans le même sens ; il n’y a de variété que dans quelques détails des costumes ; cependant, au défilé des seigneurs, l’on en voir quelques-uns se retourner et tendre la main à leur voisin ou la lui poser sur la poitrine ou sur l’épaule ; mais la position des pieds n’est pas naturelle ; on saisit Pembarras d’un artiste.
désireux de varier les attitudes, et n’y réussissant qu’avec à 4 q
maladresse. Le roi n’a guère que trois attitudes, selon qu’ilest en adoration devant l’autel du feu, qu’il terrasse des monstres, lions ou griffons, ou qu’il est assis sur son trône. Dans ce dernier cas, il est coiffé de la cidarts, tiare lisse, plus large au sommet qu’à la base, et qui était l’insigne de sa haute dignité ; sa robe médique était la candys de pourpre, descendant jusque sur les pieds. D’une main, il tient le sceptre; de l’autre, une fleur. Un serviteur, debout derrière lui, lui tient un chasses mouches au-dessus de la tête.
La découverte dela frise des Archers, à Suse, par Dieulafoy, permet de préciser luniforme des troupes perses. Les soldats portent l’arc posé sur l’épaule gauche. Sur leur dos est attaché un carquois dont le haut couvercle est tenu fermé par des liens dont les bouts sont ornés de houppes en passementerie. Ils tiennent des deux mains une longue pique, soulevée de terre, comme s’ils présentaient les armes. Cette pique, surmontée d’un fer de lance à longue douille, se termine en bas
(1) XXIT,t.V, p. 829. ë
par une boule ou pomme de lamême couleur que le fer. Ils sont vêtus d’une longue tunique qui tombe jusque sur leschevillés; les lafgés manches pendantes couvrent le bras: jusqu’au poignet ; la tunique est bordée d’un riche galon et ornée tantôt dé rosaces ét tantôt de losänges qui trancheñt sur la couleur du fond. Les pieds sont chaussés de bottines à läcets en cuir jaune ét souple. Ils portent des bracelets d’or au poignet et des annéaüx aux oreilles. La coiffure est une calotte entourée d'une corde roulée en torsade, tandis qu’à Persépolis la plupart des gardes sont coiflés dé la tiare (1).
— D’autres monuments complètent ce que nous enseignent ces figures au sujet de ces vêtements ofiéntaux qui causaient tant de surprise aux Grecs. Le Musée du Louvre possède uné série d’intailles où l’on voit des Perses vêtus de la robe à manches dite candys, éoiffés de la cidaris, sorte de turban qui doit corréspondre à la corde roulée en torsadé qué nous venons de voir; d’autres portent la erdaris à sépt cornes et sont vêtus d’ün châle: on y trouve encôre des archers, etmiême un âréher à cheval, sé rétournant suûf sa monture ; cette dérñière intaillé est gréco-perse (2).
Au centré de l’ésplanade ést la salle aux cent colonnes, dont âücune n’est plus debout ;mais on voit encore les traces d’un paväge eh pierres de différentes couleurs (3). Pour trouver ün monument dont les murs enfermeraierit üñ aussi vaste espace, où la toiture reposérait sur uñ pareil nombre de fûts, où la splendeur du décor répondrait mieux à l’énormité des dimensions, il faudrait aller jusqu’à Karnak, en Égypte (4). Cette salle d'audience est probablemeñt añtérieure au palais de Xercëès ;il se peut que Darius [*f lait fait élever. Il est également probable que c’est cette même salle à laquellé Alexandre :
(1) Zd. op, t V, p. 822.
(2) L. DELAPORTE, Cafalogue des cylindres orientaux, t. II, p. 174 (pl. 92, fig. 41, 42, 44; pl. 91, fig. 24; pl. 107, fig. 39).
(3) Cf Esther, I, 60. — (4) XXII, V, p. 727.
PI. IV. — Archers perses. Frise en céramique de lApadäna @e Suse.
mit le téu, sous Vinspiration de la courtisane Thaïs ; les cen-
dres qu’on y a trouvées sont celles du bois de cèdre carbonisé.
? Quant au palais d’habitation de Darius, il est bâti sur la ne qui domine de trois mètres celle où se trouve la colonnade de Xercès. Tous les appartements donnent sur la gratide salle couverte, au centre de l'édifice. C’est là qu'était lé härem du roi. Dans le livre d’Esther, on distingue la maison royale de la maison des femmes.
Au moment de la conquête macédonienne, les principales cités n’aväient plus de murailles ; une iongue période de paix les avait laissées tomber en ruines, ce qui était d'autant plus - facile qu’étant construites en briques crues séchées au soleil,
le défaut d'entretien en avait eu vite raison; Ecbatane et Suse étaient des villes ouvertes (1). Toutefois, chaque ville avait conservé sa citadelle, où le roi pouvait se mettre à l’abri avec ses trésors, derrière une ceinture d’épaisses murailles (2).
+ En résumé, l’étude des monuments prouve que l’art des
Achéménides n’est pas né spontanément du génie du peuple ; où sent que c’est un travail commandé à des artistes élèves de l’Assyrie et de l'Égypte, et déjà un peu de là Grèce. La Perse était un parvenu de la fortune ; il fallut créer de toutes pièces un art qui fût la parure et l’honneur de la nouvelle royauté, La volonté souveraine du despote oriental, qui veut étre obéie sur<le-champ, recruta partout les agents chargés de satisfaire eñ toute hâte son caprice (3).
Là monnaie venait d’être inventée en Asie mineure (4), mais elle ne circulait pas encore dans les parties centrales et orientâlés de Pémpire: ni Persépolis, ni Suse n’en ont fourni, tandis qu’on en 4 trouvé en quantité des époques parthe et sâsânide.
@) V, XVI, is Poryse, V, XLVIII
(2) XXII, t. V, p. 765. — (3) Za, op.,t. V, p. 845.
(4) On en partage le mérite entre la Lydie et l’Ionie. On attribue à Gygès; fondateur de la dynastie des Mermnades, les émissions les plus anciennes ; ce sont des globules épais de forme irrégulière, portant un ou plusieurs poinçons sur une des faces. LXXXVI, p.32, 33.
Les trésors du roi renfermaient des métaux précieux enlingots ; à Suse, Alexandre mit la main sur quarante mille talents en métaux bruts, et seulement neuf mille en monnaïe d'or (1). Darius fit le premier frapper une monnaie d’or que, de son nom, on appela Darique : « [Il battit monnaieavec del’or auquel il avait fait donner, par l’affinage, toute la pureté possible (2). » En effet, le métal en est presque pur. Le roi y est représenté sous les apparences d’un archer qui a mis un genou en terre et bande son arme; Agésilas, qui faisait campagne en Lydie et en Phrygie, rappelé par la volonté de Sparte, put s’écrier, comme le raconte Plutarque : « Cesont dix mille archers perses qui me chassent de l’Asie. » C’est ainsi que de nos jours on parle volontiers de la cavalerie de Saint-Georges qui a puissamment aidé les entreprises de l’Angleterre.
Où frappa aussi, à côté de la darique enor, des sicles médiques en argent et valantle vingtième de la pièce d’or. La monnaie divisionnaire était représentée par les pièces d’argent et de bronze frappées par les cités ou les princes locaux, dans les ateliers monétaires de l’Asie mineure et dela Phénicie. Ces pièces perses ne portent d’image que d’un seul côté, à l’avers; au revers, il n’y a qu’un carré creux. On peut placer vers l’an 516 le début dela frappe des dariques; mais, commeelles ne portent aucune légende, on ne peut déterminer nileur date, nilerègne du monarque sous lequel elles ont été frappées. Néanmoins, par l’examen du portrait du prince et des caractères artistiques des médailles, on est parvenu à déterminer quelquesémissions de ces monnaies (3).
Les Perses n’ont pas pratiqué par eux-mêmes la glyptique, la gravure en creux sur descachets en pierre dure; on possède quelques intailles, assez rares, où sont gravées des inscriptions en vieux perse : mais c’est le produit des ateliers de Babylonie où cet art se transmettait de père en fils depuis un temps im-
() VI, XVII, 66. — (2) I, IV, 166. Cf. LXXXVI, p. 33 6) XXXI; LXXX VI, p. 56.
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mémorial. Un monument curieux de cette lointaine époque, c’est le sceau même de Darius, que conservele British Museum est un cylindre à la mode assyrienne, une chalcédoine verte
sur laquelle est gravée l’effigie du roi chassant le lion, avec
Pinscription en trois langues : « Moi, Darius, le roi ».
Les inscriptions que nous ont Dell Aa hide sont rédigées en trois langues: levieux perse, l’anzanite ou susien, et le babylonien : mais il y en a où une seule langue est employée, la langue de la cour et de la famille royale, le vieux perse. Toutes ceslangues sontécritesencaractères cunéiformes ; mais le dernier decestroissystèmesestsingulièrementsimplifié. Leséléments dela graphie perse sont évidemment empruntés à écriture babylonienne ; mais, au lieu des centaines de signes et des nombreux idéogrammes qui caractérisent cette dernière écriture, on ne trouve en perse que trente-six caractères distincts, chacun ayant une seule valeur, au moins en principe, et quelques rares idéogrammes, peu employés pour la plupart. La graphie de l’anzanite ou susien des inscriptions achéménides est aussi d’un type simplifié, mais dans une proportion moindre, et l’on y compte encore plus de cent caractères. Pour transcrire le perse, on a donc simplifié énormément lécriture cunéiforme : c’est une révolution considérable, due probablement à des scribes qui connaissaient la graphie araméenne ;
en présence de la graphie perse, on a l’impression d’une gra-
phie araméenne faite avec des signes cunéiformes : il y a seulement un peu plus de caractères, parce que les cunéiformes fournissaient des ressources illimitées pour la transcription de
anne
sons étrangers aux langues sémitiques. On ignore comment
et par qui le système cunéiforme a été ainsi adapté à la notation du vieux perse (1); on devine un ordre royal transmis aux bureaux de l'administration héritée des vieux royaumes de Babylone, et des scribes ingénieux s’évertuant à satisfairele
(1) LXXIX bis, p. 40.
désir exprimé en haut lieu de voir la langue des triomphateurs prendre place à côté de celle de Suse où avaient régné les ancêtres de Cyrus, de celle de Babylone que celuici avait conquise (1):
La langue que transcrivent les inscriptions doit représenter à peu près exactement le parier courant des Perses de l’entourage de Darius et de Xercès; elle avait encore un aspect archaïque dans l’ensemble, mais on était à la fin de la période ‘ancienne (2). Pour l'inscription d'ArtaxercèsIIl, onest conduit à admettre que le texte en a été écrit par un étranger ignorant la langue : on déclare même que c’est la seule hypothèse possible (3). Il est probable que personne ne lisait les inscriptions perses ; celle de Bisoutoûn était un monument historique, mais il n’était pas destiné à être lu par les passants, et il est permis dé se demander s’il y a jamais eu beaucoup d’hommes sachant lire ce type d’écriture. Aussi Darius en fit-il faire des copies et des traductions que l’on envoya dans les diverses provinces, à en juger par la version araméenne que l’on a trouvée dans les archives de la colonie juive d’Éléphantine, en Égypte. On en infère que l’inscription de Bisoutoûn ne peut être plus tardive que 510. Une de ces copies, tracéesur pierre en cunéiforme babylonien, a été trouvée récemment sur lesite de Babylone (4). Il est probable que le texte babylonien était la version officielle, car le papyrus correspond à celle-ci. Toutefois, le papyrus n'est pas la copie originale, mais une seconde copie faite sur la première par les Juifs d'Éléphantine vers l’an 420 (5).
On n’a rien qui prouve que l'écriture perse ait été d’un usage courant et qu’elle ait servi, comme l'écriture babylonienne, à des fins pratiques. Si les Achéménides avaient imité
leurs prédécesseurs de Ninive et de Babylone, et avaient uti-
(1) Cf: Zd: op., p. 19. — (2) Id. op: p. 13. — (3) Id. op., pe 20.
(:) Verüffentlichungen d. deulsch. Orient-Gesellschaft, IV, p. 24*
(6) A. Cowcey, Jewish Documents of the time of Ezra, Londres, SPCK, 1919; Aramaic Papyri of the fifth century, B. C. Oxford, 1923, p. 249-250.
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