‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 35 sur 91 · GC (ET 77 P · texte numérisé non relu

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F.g. 9. -- Un de: chapifeaux de Suse (Musée du Louvre).

carrières qui fournissæient les matériaux nécessaires à ces constructions; on y tgæuvait un calcaire compact facile à débiter en gros blocs ; certaines variétés très dures se rapprochent du marbre. Pour é#iller les blocs extraits de la montagne, les hommes de corvée me suffisaient plus ; il fallut avoir recours à des hommes de métier, à des sculpteurs ornemanistes capables de modeler les bases et les chapiteaux de ces magnifiques colonnes.

Le chapiteau des colonnes est original et ne se rencontre nulle part ailleurs; ce sont deux demi-taureaux adossés, ou, plus exactement, la partie antérieure de l'animal, ce qu’on appelle la profomè ; à la place du taureau, dans le portique oriental du grand palais de Xercès, on trouve la licorne avec son mufle et ses pattes de lion. L’idée de ce chapiteau pourrait avoir été tirée d’une sorte d’éten dard qui figure dans un basrelief de Khorsäbäd, où la hampe est séparée du disque supérieur par deux têtes accolées et opposées d’un monstre au mufle de lion, portant une corne unique au milieu du front (1). & La colonne est cannelée et porte un grand nombre de cannelures. Dans les grandes salles hypostyles servant aux audiences, il n’y a pas de nef centrale; toutes les nefs ont la mêmelargeur, et toutes les colonnes sont pareilles. Le comble, portant les tuiles de couverture, était en bois de cèdre, au rapport de Quinte-Curce.

Les escaliers monumentaux qui permettaient l'accès des tertres sont composés de rampes divergentes et convergentes séparées par de larges paliers (2). Les combles étaient couronnés de créneaux, comme en Assyrie ; on a trouvé à Suse une brique émaillée qui a cette forme, et le monument sâsinide de Tâq-i Bostän se termine également par un ornement de ce genre.

Les revêtements de briques émaillées devaient offrir un

(1) XXIT, t. V, p. 507. — (2) Zd. op., p. 531.

spectacle magnifique, de véritables tableaux, chauds aux yeux, comme on peut s’en convaincre en contemplant, au Musée du Louvre, la frise des Archérs et celle des Lions, provenant des fouilles de Marcel Dieulafoy à Suse. Les Babyloniens savaient depuis longtemps appliquer l'émail sur l’argile et fixer à grand feu ses tons vifs et francs (1). On employait aussi des plaques de métal ornées de dessins repoussés au marteau ; le bronze était le plus fréquemment employé, mais on se servait aussi de l’or et de Pargent. Les Grecs ont connu un platane d’or

qui ornait une des résidences royales ; mais, loin d’admirer la

beauté du travail, ils s’en moquaients;on disait qu’il ne donnait pas assez d’ombre pour abriter même une cigale contre les rayons du soleil (2). Quant à l'existence de revêtements en bronze, elle est certaine : on a trouvé à Suse un fragment d’un ornement de ce genre (3) destiné à là couverture d’une porte.

Près de Mechehèd-i Mourghâb, on rencontre un édifice appelé par les indigènes « tombeau de la mère de Salomon », . parce que son toit à double pente rappelle les tombes des femmes dans les cimetières musulmans (4); mais tout le monde est d'accord pour y voir le tombeau de Cyrus: Dieulafoy seul Pa pris pour celui de Cassandane, ferime du grand conquérañt (5). Il se compose d’une petite chambreportée sur ün sou- Pbassement de six assises en retrait l’une sur l’autre de manière à 1ormer des degrés. Dans les temps anciens, il était entouré d’un portique dont on voit encore quelques bases. La difficulté de l'identification provient de la description de Strabon (6), qui nous inforine qu’à l’époque où Alexandre Pas$a par la ville dè Pasarsadés, il y visita le tombeau de Cyrus; C'était uné tour dé dimensions médiôcres, au milieu d’un parc pleitié et massive pär en bas, cette tour se terminaît par un toit'ét

(1) Id. op., p. 519. — (2) XÉNoPHON, Helléniques, I, VIX, 88.

(3) XXIT, 2 p. 557.

(&) J. OPPERT, Pasargades et Mourghab, dans le Journal asiatique, t. XIX, 1872, p. 548-555.

(6) LI bis, I 50. — (6) V, XV, in, 7,

ra

par une chambre dont l’entrée était tout à fait étroite. L'expression de /our pourrait faire douter que cette description s'applique au monument de Mourghäb, qui ne ressemble pas à ce que nous entendons par (our ; maïs les inscriptions qui figurent sur les monuments voisins, où Cyrus se nomme lui. même, doivent faire penser que le mot grec correspondant à .

So

fig. 10. — Tombeau de Cyrus à Pasargades.

«tour » a un sens plus large qu’en français (1). Cette tombe, que visita Alexandre, et dont Aristobule, qui y pénétra sur l'ordre du roi de Macédoine, put dénombrer les objets que contenait l'intérieur, fut pillée au milisu des désordres qui suivirent le départ du conquérant pour ia Bactriane et l’Inde, malgré une garde permanente de mages qui recevaient un

(1) Sur cette question, voir XXII, V, p. 603 et (12.

LES ARTS SOUS LES ACHÉMÉNIDES ait

mouton par jour et un cheval tous les mois (1). Arrien, dan:

son Anabase (2), a aussi décrit ce monument : il n’y est pas. question de tour; ce qu’il en dit se rapproche des récit: de: voyageurs européens (3).

Non loin de là est un édifice en ruines, qui, lui, ressembl: fout à fait à une tour sur p'an carré; la res‘itution en est d'autant plus aisée qu’il en existe une réplique à Nagch-i Roustem, où elle est d’une conservationadmirable. L'existence d’une tour funérairedu même type à Xanthos, en Asie mineure, lève, par la comparaison, tous les doutes qu’on pourrait avoir sur sa destination (4).

C’est encore sur le site de lPantique Pasargades que l’on voit un bas-relief sculpté sur un bloc calcaire, représentant un personnage vu de profil, vêtu d’une longue robe tombant jusqu’à la cheville; le bord de l’étoffe est orné d’une frange d’effilés et d’une bande de rosaces. Le bras droit, le seul. qu’on aperçoive, à demi fléchi, semble tenirun objetindistinct. Les cheveux, disposés en quatre tresses, sont coupés ras à la

- hauteur du menton. Au-dessus de la tête, deux grandes cornes de bouquetin, divergentes, encadrent une coiffure très compliquée où l’on a distingué trois disques solaires surmontés de paquets de joncs et de plumes d’autruche, plus deux serpents; ce personnage a quatre grandes ailes, deux dirigées en haut et deux tournées vers le bas. C'est sur ce monument que se

lisait, en caractères cunéiformes, l'inscription aujourd’hui disparue : « Je suis Cyrus, roi, Achéménide » (5). Le style assyrien du monument indique la provenance des euvriers d'art qui furent chargés de l’exécuter.

(1) Le mouton était destiné naturellement à la nourriture des Mages, mais non le cheval, qui devait être offert en sacrifice à la mémoire de Cyrus. Les voleurs n’avaient pu enlever le cercueil, et Alexandre ordonna à Aristobule de recueillir les restes du corps du grand roi. Cf, HARLE?Z, Religion persane sous les Achéménides, p. ‘.

(2) ARRIEN, Anab., VI, 9,

6) XXII, V, p. 57, (00. — (4) Zd. op, V. p. 381, fig. 268. (8) Zd. op., V, p. 668. Voir la figure page 43,

Les hypogées funéraires où ont reposé Darius et ses successeurs, creusés à même le roc, dans le flanc de la montagne, ‘existent encore aujourd’hui ; on les retrouve tels que les a décrits Diodore de Sicile (1). Ils forment deux groupes; il y a on de ces monuments derrière les palais de Persépolis; quatre autres, à cinq kilomètres de distance des premiers, dans la localité que la langue du peuple a moe Naqch-i Roustem, «sculpture de Roustem », parce qu’on a cru y reconnaître le héros national chanté par Firdausi. Ils sont établis sur le même PUTICR la partie visible, formant tableau, est divisée en trois parties superposées donnant l'apparence d’une croix grecque, de 24m,50 de hauteur. La partie inférieure est taillée en forme de parallélogramme ou de table rase, sans ornement ni moulure d’aucune sorte. Les deux autres parties, prises ensemble, représentent une façade de palais; sous un portique formé par quatre colonnes couronnées du chapiteau à la tête de bœuf, on voit la porte surmontée par la gorge égyptienne. Le haut du onument offre un tableau en bas-relief représentant le roi debout sur un socle formé de trois marches ; de la main ‘gauche, il tient un arc appuyé sur le 8ol; il étend la main droite, en signe d’adoration, vers un äutel sur lequel brûle le feu, symbole d’Ahura-Mazdà, dont l’image plane sur la scène éntière; comme on le sait, c’est la répétition d’un motif familier à l’Assyrie. Le disque solaire apparaît derrière cette image. Vingt-huit figures d’hommes, distribuées en deux files superposées, soutiennent le plancher de lestrade ; elles représentènt les diverses provinces de l'empire perse, comme le montre l'inscription du tombeau de Dariüs à Nagchi Roustem, la seule, d’ailleurs, que l’on rencontre sur ces restes du passé : les aütres sont vierges de toute écriture. Le texte dit : « Regarde l'image de ceux quiportent mon trône, et tu com- . prendras combien est grand le nombre dés pays que Darius

(1) VI, XV, A. À à

ju:

ombeau de Dar

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