DEUXIÈME PARTIE LES PARTHES ARSACIDES
Les conquêtes d'Alexandre furent partagées entre ses lieutenants. Pendant que son beau-frère Arrhidée lui succédait en ” Europe, Perdiccas fut choisi comme régent del’empire d'Asie en attendant la naissance d’un héritier, fils de Roxane. Les satrapies échurent à divers généraux, l'Égypte à Ptolémée, la Syrie à Laomédon de Mitylène, la Médie à Péithon, la Cappadoce à Eumène, la Cilicie à Antigone. L’Inde continua d’être gouver- née par ses rois indigènes, Taxile et Porus, tandis que l’Adherbaïdjân restait sous la dépendance du satrape perse Atropatès, qui lui donna son nom (Atropatène). Il n’y avait plus de pouvoir central pour former le lien entre ces diverses provinces, où les nationalités se réveillaient, et la guerre éclata bientôt ; Perdiccas, qui aurait voulu maintenir l'unité de l’État conquis, fut défait par Ptolémée en Égypte et assassiné par ses soldats. La mort d’Antipater en 319 amena uneseconde guerre ; Eumène fut défait par Antigone en Susiane non loin de Chouster (1) ; le vainqueur voulut s’attribuer la succession d’Alexandre,
(1) Au confluent des deux bras du Karoun. JANE DiEULArOoY, À Sue, Paris, 1885, p. 99. i
mais Séleucus prit le dessus ; la dernière guerre entre les Diadoques ou successeurs du grand général éclata en 310 et se termina par la bataille d’Ipsus en Phrygie; Antigone, malgré l’appui de son fil; Démétrius Poliorcète, y vit se terminer son rêve et sa vie. L’Asie resta en grande partie le domaine de Séleucus et de ses successeurs.
Les Séleucides datent le commencement de leur règne de ‘année 312, début de l’ère qui porte leur nom: ils eurent d'abord Babylone pour capitale, ensuite Séleucie sur le Tigre, un peu au sud de la Bagdad du moyen âge, enfin Antioche en Syrie. Séleucus entretint des rapports d’amitié avec Sandrocottus (Tchandragupta), qui avait pour captiale Palimbothra (Pâtaliputhra) et avait fondé dans l’Inde la dynastie Maurya, et avec Sophytes (SAubhüta), autre prince indien de Lähore, dans le royaume de Taxile ; son ambassadeur Mégasthène rapporta de sa mission un traité sur l’Inde que nous n’avons plus. Sous le petit-fils de Séleucus, Antiochus II Théos, qui régna de 261 à 246, la Bactriane et la Parthiène se rendirent indépendantes.
Le royaume gréco-bactrien, dont le rôle, au point de vue de la pénétration de l’Asie par la civilisation hellénistique, fut si important (influence probable sur la sculpture gréco-bouddbique du Gandhara, et par suite toute la sculpture indienne), ne nous est connu que par Trogue-Pompée, écho de Posidonius de Rhodes, et abrégé par Justin, et par la numismatique. Son fondateur, Diodotos II, dont le père portait le même nom, frappa d’abord sés tétradrachmes avec le profil d’Antiochus Il, puis remplaça celui-ci par le sien quandil eut déclaré son indépendance. Ses États s’étendaient de la Sogdiane jusqu’à [a Margiane, c’est à-dire de Samarcande à Merv.
À cette même époque se fonde le royaume des Parthes. La Parthiène est nommée comme province dans Pinscription de Bisoutoûn ; le peuple qui l’habitait venait de Scythie, où les Iraniens momades avaient pu se mélanger avec des popula-
tions hétérogènes. Arsakès, fondateur d2 la dynastie des Arsacides, se rendit indépendant des Séleuc:des en 250, vec l’aidede la tribu nomade des Aparniens, branche des Dâha, à
‘laquelle il appartenait lui-même. Il périt dans un combat sou-
tenu peut-être contre les Bactriens. Les luttes entre les Séleucides et les Lagides aidèrent son frère Tiridate (248 214) à s’emparer du royaume de l’Hyrcanie (Djourdjân) et de sa capitale Zadrakarta (Astérabad). Son alliance avec Diodore II lui valut de battre l’armée des Séleucides, d’affermir son indépendance et de prendre le titre de Grand Roi ; c’est de lui que date l’ére des Parthes (14 avril 247) (1). Le nt des ancêtres que pratiquaient les Parthes transforma son frère Arsakës en divinité,
et le portrait de celui-ci (il est représenté assis sur son trône)
figura sur les monnaies au type imité de celui des Séleucides. Où rattachait en même tempsla dynastie à celle des Achéménides, en donnant poür père aux deux frères un certain Phriapitès, fils d’Aftaxercés IT. Ainsi se rétablissait l'empire perse; mäis la conquété aväit marqué l’Iran d’ernprei ntes trop profôndes pour que ceïte rénovation fût une véritable régéréra-
tion. C’est beaucoup plus tard que les Sâäsânides élèveront la
prétention de reprendre l’antique tradition perse. Tiridate put procéder tranquillement à la consolidation de
* soû pouvoir: Il se fit constraire un palais, nommé Dara, auprès
de la montägne de Zapaértenon, probablement près de la ville iodèrné d’ABiverd; mais sa capitale resta Hécatompyle, dans la Comisène, dont le site est représenté aujourd'hui par des ruines au sud-ouest de Dâméghân. Son fils, Artaban, àappelé Arsace par Justin, lui saccéda (de 214 à 196) ; il s’empara d Ecbatane, mäis fut repoussé par Antiochus IL. qui lobligea à livrer sa capitale et parcourut le pays jusqu’à l'Hyrcanie. La
paix qui intervint ensuite permit au Séleucide d'attaquer Eu-
: (1) Cette date est établie par,une tablette babylonienne donnant ïes, deux diés séleucide et parthe. Cf. IX, IL, p. 483; G. SMITH, Assyr. Discoveries, 889. Eusèbe et Justin donnent dés datés divérkentès. £
130 LES PARTHES ARSACIIES
thydème de Magnésie dans son royaume gréco-bactrien. Le règne de Phriapitès, qui vint après lui, fut tranquille, parce que les Bactriens avaient des visées sur Inde et avaient dirigé leurs forces de ce côté. Son fils, Phraatès Ier, soumit les Mardes du Tapouristan (Tararistan, Mazan‘éran) et les chargea de garder, pour son compte, les Portes Caspiennes qui permettent de passer du Khorasan en Meédie. Il se choisit pour successeur son frère Mithradatès (171-136), qui, au cours de son long règne . de trente-sept ans, fit de l’État parthe un grand empire. Les | Séleucides étaient affaiblis par les guerres avec Rome et parles insurrections des Juifs, persécutés par la folie d’Antiochus IV Épiphane. Mithradatès enleva Merv aux Bactriens, dont le roi Eucratidès était occupé par l'Inde, et ia Médie à des princes plus ou moins indépendants ; il donna cette dernière province à son général victorieux, Bacasis. Ses entreprises s’étendirent à l'Élam (Susiane), à la Perside et à la Babylonie.
Mithradatès, qui pouvait se vanter d’avoir rétabli l’empire et avait pris le titre de Grand Roi, et son fils Phraatès II virent leur puissance se consolider par les succès que leurs troupes remportèrent sur les armées des Séleucides ; Démétrius II, Antiochus de Sidé furent successivement défaits ; le second perdit la vie au milieu de la bataille. Phraatès eut à combattre les Scythes qu’il avait appelés à son secours, et qui serévoltèrent ; illes attaqua, mais une troupe de prisonniers grecs passa à Vennemi ; il fut défait et tué. Son oncle Artabau II mourut en 124 des suites d’une bles.ure reçue en combattant ies Yué- Tchi, qui, poussés en avant par es Huns (Hioung-nou), venaient de rejeter empire gréco-bactrien dans l’Inde. C’est à la même époque que l’on voit les Saces (Saka) s’installer dans le Nord de la Drangiane et donner au pays le nom de Sakastâna (Sistan actuel).
Mithradatès Il, fils d’Artaban, ne succéda pas tranquillement à son père ; il due d’abord s'assurer le trône en combattant deux compétiteurs dont les monnaies nous ont livré les noms
NS Area ASS nd M ss
> à LA PERSE SOUS L'INFLUENCE HELLÉNIQUE 431
Arsakès Nicéphore et Arsakès Dikaïos Philheliène ; toutefois, il réussit à les éliminer l’année même de la mort de son père ; il s’assura par d’heureux combats la frontière de l’est et éten- dit ses États jusqu’à l’'Euphrate et à l'Arménie. C’était l’époque où le plus célèbre des homonymes du roi des Parthes, Mithridate, roi du Pont, avait tenté de barrer la route aux conquêtes des Romains en créant un puissant royaume dans l'Asie mineure ; ce redoutable adversaire rappelait à ceux-ci les luttes contre Hannibal ; après trois longues guerres, ils finirent par
avoir raison de lui.
Un interrègne suivit l’époque de Mithradatès II, jusqu’au moment où Sanatroïkès, en 76, un vieillard, frère de Phraatès IT ou fils d’Arsakès Dikaïos (1), prit le titre de roi des rois, ce qui n’empêcha pas Tigrane, roi d'Arménie, de s'emparer de la capitale de l’Atropatène et de dévaster ia région de l’Euphrate et du Tigre: Son successeur, Phraatès III (69), eut à intervenir entre Tigrane et Pompée, de qui il obtint, pour son collègue d'Arménie, la restitution de la Gordyène. Profitant ensuite des embarras que Pompée causait à Tigrane, il reprit la Mésopotamie perdue par son père. Il fut empoisonné par ses fil:, Mithradatès III et Orodès, en 60. Le premier, après quatre ans de règne, fut déposé et banni par les nobles, à cause desa cruauté, puis exécuté sur l’ordre de son frère, après la prise de Babylone, où il s’était fortifié. C’est pendant le règne d’Orodès que le triumvir Crassus, proconsul de Syrie, perdit contre les Parthes la fameuse bataille de Carrhæ (Harrân). en l’an 53. Sur les conseils d’Abgar II Ariamnès, prince de l’Osrhoëne avec Édesse pour capitale, et vassal des Parthes, le général romain s’engagea dans les plaines de la Mésopotamie, où la cavalerie parthe pouvait s'étendre à l’aise, au lieu de contourner le pied
(1: L’interrègne provient d’un passage de Trogue-Pompée dans Justin; sur la difficulté qui en résulte, voir JusTi, IX, Il, p. 498. C’est Perty Gardner qui considère Sanatroïkès comme le frère de Phraatès Il, tandis que A. von Hutschmid le prend pour un fils d’Arsakès Dikaïos.
des montagnes. Harcelées par une nuée de flèches que tiraient sans s'arrêter les cavaliers iraniens, les légions furent enfoncées par les charges de la grosse cavalérie, couverte de cottes de mailles. Pendant les négociations entreprises au cours de la retraite, Crassus fut tué äu milieu d’un tumulte qui s’éleva brusquement, et qui était peut-être préparé d’avance (9 juin). Plus de vingt mille Romaîns restèrent sur le champ dé bataille ; dix mille prisonniers furent transportés à Merv. La tête coupée de Crassus, transportée à Artaxata, ÿ servit à un jeu de scène d’un effet barbare : au milieu d’une représentation dés Bacchides d'Euripide, elle y fut jetée devant le roi et son fils Pacorus, qui y assistaient.
Orodès semble avoir fait choix de Ctésiphon, eh face de Seleucie, sur le Tigre, pour $a capitale ; elle dévait le réster soûs les Sâsänidés. La défaite des Romains l’encouragea à déseñtreprises plus lointaines ; il songea à atlaquer la Syrie; une expédition menée contré Antioche, en 51, coûta la vié à son général Osakès ; cet insuccès fut vengé, neuf ans plus tard, par le prince Pacorus. C’est qu'entre temps, les partisans dé la République romaine avaient, malgré l’aide du roi des Parthes, perdu la bataille d: Philippes (42) ét que Labiénus, venu à Ctésiphon, avait décidé le roï à entreprendre cétte expédition. Pacorus arriva aisément à Jérusalem, où il trancha le différend existait entrè les deux partis qui se partageaient la Judée, en dônnant le titre de roi à Antigone, filsd'Aristobule. Le général d’Antoïne, Ventidius Bas$us, ancien muletier du Picenum, dans ŸItalié centralé, poussa vivement les troupes parthes dans le Taurus et les battit définitivement à Gindarus, dans la Syrie du Nord (9 juin 38) (1). Pacorus y périt. Orodès, dégoûté du pouvoir, le transmit én 37 à son sécond fils, Phraatès IV, né d’uñé concubine.
(1) En arabe, Djindäris; cf. MEnREN, Cosmographie, p. 158; c’est une
très ancienne ville, nommée Kinalua dans les inscriptions assyriennes; cf. SAYcE, Transac!. Soc. Bibl. Arckæol., t. VII, 1882, p. 292,
dites ds.
ef, ÿ
Celui-ci employa des moyens énergiques pour se débarrasser
des compétitions possibles ; il fit mettre à mort ses frères con-
sans uins, et étouffer sous des coussins son père, qui désapprouvait ses actes. Antoine voulait venger la défaite de Crassus ; il marcha sur l’Euphrate avec une armée considérable, et, y trouvant de la résistance, il se tourna vers la capitale de V’Atropatène, qui était alors Phraata (Takht-i-Suléimän) ; il ve fut complètement défait. Sa retraite jusqu’en Arménie s’opéra dan; les conditions les plus difficiles ; mais enfin il ramena la plus grande partie de son armée.
Pencant plus d’un siècle, les Parthes restèrent à l’abri des attaque; des Romains. Les guerres civiles qui se terminèrent par la bataille d’Actium et le triomphe d’Auguste y aidèrent singulièrement. Auguste avait fait présent à Phraatès d’une esclave italienne nommée Musa ; celle-ci contribua à répandre l'influence romaine dans l’Asie antérieure, et le roi envoya ses quatre fils à Rome, où ils vécurent princièrement; il est vrai que lItalienne voulait ainsi réserver le trône à son propre fils, Phraatès V, et, pour faire aboutir son projet, elle
n’hésita pas à empoisonner le vieux roi. Elle régna conjointement avec son fils, et fit frapper de. monnaies où son effigie apparaît à côté de celui-i ; mais son règne ne dura que deux ans. Un usurpateur, Orodès IL, fut tué à la chasse après quatre
ans de règne(1). Il fallut demander à Auguste d'envoyer le fils aîné de Phraatès, Vononès ; mais il était devenu étranger aux mœurs de Orient ; il fut bientôt écarté et l’on fit monter sur le trône Artaban III, qui régna trente ans ; il était un Arsacide par sa mère, et occupait le trône vassal de Médie, séparé de nouveau de l'Arménie. Un neveu des princes relégués à Rome, Tiridate III, vint le combattre et réussit même à entrer dans Ctésiphon, pour peu de temps il est vrai, car Artaban réapparut bientôt (37). Celui-ci aurait bien voulu reprendre l’Ar-
(1) Josèrnr, An'iquités judaïques, 18, 2, 4.
ménie, mais les Romains s’y opposèrent ; Tibère y envoya même son neveu et fils adoptif Germani:us.
A la mort d’Artaban, son fils, Vardanès, était absent; Gotarzè3 s’empara de Ja capitale, mais il fut bientôt vaincu par le prince légitime; il eut toutefois l’occasion de rendre un grand service au roi en lui dénonçant un complot, etilen fut récompensé par une réconciliation qui lui réserva le trône après la mort de Vardanès, assa:siné vers l’an 45 de notre ère. Gotarzès fut un tyran cruel ; il vainquit Meherdatès, petit-fils de Phraatès IV, que les mécontents avaient fait venir de Rome, et il lui coupa les oreilles pour l'empêcher de devenir roi. Quand Gotarzès mourut, bientôt après (51), on donna le trône à Vononès Il, qui était roi d’Atropatène et de qui on ignore l'origine, bien que quelques-uns fassent de lui le frère de son prédécesseur. Aurès un règne de quelques mois, il fut remplacé par son fils Vologèse IfT (51-75). Sous celui-ci, la guerre éclata avec les Romains; Corbulon prit et détruisit Art:xata, et s’empara sans combat de Tigranocerte. L’Arménie redevint ainsi romaine, mais pour peu de temps, car la victoire de Vologèse à Arsamosata rétablit Tiridate sur le trône vassal des Parthes. Ce succès restaura l’hégémonie de la Per:e sur l'Asie antérieure et jusque dans la vallée de l'Indus. C'est ainsi que sur les monnaies des rois Turuchka Kanerki, Ooerki et Bazodes, figurent des représentations de divinités zoroastriennes à côté de divinités grecques et indiennes, et parmi celles-ci la figure de Bouddba.
Viennent ensuite des rois dont on ne connaît pas l'origine
familiale, Vologèse Il, son frère Pacorus III, et Artaban IV (1), ”
qui ont peut-être régné sur des provinces diflérentes ; les dates de leurs monnaies s’entrecroisent. Des guerres intestines préparèrent une intervention des Romains ; Trajan en tira le surnom de Parthicus. Les succès de l’empereur sur le Tigre,
(1) CV, t II, p. 169.
FRET rep ALES PE
la prise de Séleucie lui firent réver la conquête de l’Inde ; mais
Al n’eut pasle temps de mettre à exécution ses vastes projets.
Osroës (Khosrau), qui régnait depuis l’an 107, n’avait d'autre ressource que de fuir, tout en faisant d‘vaster les contrées déjà parcourues par l’armée impériale. Trajan fit couronner solenneliement Pa:thamaspatès, fils d O:roës, et battit en retraite ; tombé malad: à Sélinonte en Cilicie, il y mourut le 7 août 117. Adrien conclut ia paix avec Osroës en 123.
Après ce dernier roi, mort sept ans plus tard, nous trouvons Vologèse II, qui était son frère, plus âgé que lui, et dont le règne dura dix-huit ans, puis Vologèse III (148-191)(1), de qui l’entente avec Antonin le Pieux ne l’empêcha pas de mettre son frère Pacorus sur le trône d'Arménie à la place du client de Rome, mais cela ne dura pas longtemps ; battues à Europus (2), ses troupes ne purent empécher l’armée romaine de détruire le palais de Ctésiphon et de brûler Séleucie ; la peste, qui éclata aussitôt, se répandit en Europe par lItalie, apportée par les soldats qui avaient survécu à l’épidémie. C’est ce Vologèse III qui est probablement désigné dans le Dinkart comme restaurateur de l’Avesta, où il est indiqué sous lépithète de Huväfrita (3).
La guerre éclata de nouveau sous Vologèse IV, fils du roi précédent; Septime Sévère fit de Nisibin le grand arsenal des Romains dans ces régions, de sorte que pendant longtemps les deux peuples s’en disputèrent la possession ; une flotte amena inopinément, en traversant le canal du Nahr-Malk4, l’armée romaine devant Ctésiphon, qui fut pillée et dévastée (199). La ville de Hatra résista pourtant, sous son roi Barsémius, qui
(1) C’est sous le règne de ce roi qu’il faut placer un prince arsacide nommé Anchikan, qui fit traduire en 140-170 la confession bouddhique appelée 7riskandhaka; c’est la plus ancienne traduction. F. W. K. MôLLER, Uigurica, Il, p. 89. :
(2) Doura, aujourd’hui Salâhiyyé, sur l’'Euphrate. :
(3) Avesta, Yasht d’Anahita, 130 ; passage relevé par FERD, JUSTI, Preuss.
L Jahrbücher, 88, 1897, p. 63,
utilisa les cavaliers arabes à son service et réussit à détruire par le feu les machines de guerre dressées devant la place.
Une lutte entre deux frères, Vologèse V et Artaban V, n’empêcha pas ce dernier de-battre les Romains à deux reprises sous les murs de Nisibin ; ceux-ci durent acheter la paix à un prix considérable. Ce succès marqua la fin de l'empire des Parthes; déjà, dans le Fârs, s’était formée une dynastie de princes qui allait rétablir l'antique royaume des Achéménides et pendant quatre cents ans empêcher les Romains de s’avancer vers l'Orient, la dynastie des Sâsänides.
ae Malte di: 2