ENCORE PET AR
ÉLér. * D de Kiss:
Le silence absolu des historiens ne nous permet pas de savoir ce qu'était la religion suivie par les Perses pendant que les Arsacides, dont la cour était profondément influencée par les idées hellénistiques, luttaient contre tant d’adversaires pour maintenir l’indépendance du pays. Quelque lueur, cependant, nous autorise à entrevoir ce qui se passait dans lun, au moins, des États confédérés dont l’ensemble formait l'empire des Parthes.
. Dans la Perside, le Fârs de nos jours, il s’était créé, à la favear de l’affaiblissement du pouvoir des Séleucides, un royaume presque indépendant qui ne nous est connu que par la numismatique (1). C’étaient des prêtres-rois, qui Conser- vaient les traditions des Mages du temps des Achéménides ; surle revers des monnaies, le roi se tient debout, arc à la main, devant l’autel du feu, représentation qui nous est déjà connue par les bas-reliefs de Nag:h-i Roustem; à côté de l’autelest dressé l'étendard national, la bannière du forgeron Kâwè, dirafchi- Kâwiyâni, qui fut plus tard, à la fin du règne des Sâsä-
(1) A.-D. Mordtmann a appelé monnaies persépolitaines trois séries de monnaies frappées par ces dynastes locaux, tandis que Blau pensait les attribuer aux pyraelhes ou prêtres-mages de l’Elymaïde ou Susiane. Cf. Ed. DROUIN, | Observalions sur les monnaies à légendes en pehlevi, etc., dans la Revue
archéologique de 1885 ; CL. HUART, dans la Grande Encyclopédie, t. XX VI, p- 886, art. Persépolis. Sur une de ces monnaies, la tête du roi est enveloppée d’une cape semblable à celle que porte Darius Codoman dans la célèbre mosaïque de Pompéi; la partie inférieure est ramenée par devant et couvre la barbe, comme dans un passe-montagne.
nides, pris et détruit par les Arabes à la bataille de QAdisiyya. Ahura-M:zd4 plane sur le tout. Les iégendes sont tracées en écriture araméenne, remplacée plus tard par le pehlevi arsacide. Sur ces monnaies, ces princes prennent le titre de malké, c’esi-à-dire châh (roi); mais les auteurs arabes ont conservé le souvenir de leur appellation de Afrbad (aethrapaïti, maîtres du feu) qui indique leur caractère ecclésiastique. Ceux de ces princes qui ont pris le titre de malk4 sont deux Darius, Piroûz, Vatafradat ; d’autres ont celui de fratakaré, « faiseur de feu», tels que Bagakert, Bagadat, Artaxercès. Bagakert 1e a régné vers 220 avant l’ère chrétienne; Artaxercès IV, le dernier de ces rois, vers 220 après (1).
C’est dans ce milieu, ou dans les milieux analogues, que
les traditions fort antiques conservées, au temps des Athéménides, par les collèges des Mages, ont continué d’être cultivées et que l’on a pu rassembler, lors de la renaissance du Mazdéisme sous les Sâsânides, le recueil que nous avons en partie sous l’appellation d’Avesta. .
Certains auteurs ont cru que l’un des Arsacides, Vologèse [%, contemporain de Néron, avait fait rechercher les fragments qui subsistaient du livre sacré des Mages, soit par écrit, soit même dans la mémoire des fidèles; nous avons vu plus haut qu’il convient d’attribuer cette initiative plutôt à Vologèse III D’ailleurs, cette tentative paraît n’avoir pas eu d’autres suites, et il fallut attendre l'avènement des SA:ânides qui appuyérent leur religion d’État sur le livre reconstitué par un clergé dominateur (2).
(1) ALLOTTE DE LA FUYE, Étude sur la numismatique de la Perside, dans Corolla Numismatica, Oxford, 1906, p. 6-95 et pl. {II. On trouvera la iiste complète de ces princes dans J. DE MokGAN, Note sur la succession des princes mazdéens de la Perside (Compies rendus des séances de PAcademie de: inscriptions et belle--lettres, 1920, p. 132-140).
(2) XViEL, p. 5/6; CXX XVII, t. [IL p. XX11-XXIv.