‹ La Persé antique et la civilisation iranienneChapitre 5 sur 91 · X : AVANT PROPOS · texte numérisé non relu

X : AVANT PROPOS

Eï elle a trouvé un ion de bleu exquis : elle a caplé son ciel, comme le parfum de ses roses, pour la joie des sens.

L'art de la Perse est ortental et il est aryen (1) : comme

celui de la Grèce, — duquel il relève pour la sculplure, — il manifeste, jusqu’à un certain point, le sentiment de la mesure et le goût de l’ordre (2). Sa séduction agira sur les Arabes et, par les Arabes, sur l’art occidental du moyen âge.

Dans l’ordre moral et religieux, beaucoup plus que dans les arts, les Iraniens se sont distingués de leurs voisins d’Aste.

On ne peut qu’entrevoir le processus, analogue à celui que nous avons reconnu précédemment (3), qui, des clans pasioraux aux tribus fixées, puis aux Étais, a créé dans l'Iran «

une société puissante. Ce que nous suivons avec C!. Huaart,

c’est suriout l’extension du royaume médo-perse, la forma « tion d’un empire — qu’assurent, pour une pari, un armement | redoutable, lusage de la longue pique en particulier, mais plus encore des principes neufs. Laisser leur liberté aux à peuples soumis, tolérer leur religion, les administrer en iden- à

tifiant à leur bien le bien général de l'empire : c'était pratiquer une politique à la fois habile et morale, qui fait contrasie avec la froide cruauté des Assyriens (4).

Sans doute, après la Grande Mésopoiamie, il y avait eu

déjà la Grande Égypte qui, pour la première fois dans l’histoire de l’Orient, avait fait succéder une sorte de protectorat bien/aisant « à la conquête brutale, aux razzias imprévoyantes, aux massacres systématiques, aux déportations en masse, qui, pour les Sémites, nomades ou sédentiaires,

(1) « L'art perse, c’est déjà l'Europe qui s'annonce » (L. HoOURTICO, Éneys clopédie des Beaux-Arts, !. 1, p. 119).

(2) Sur l'influence grecque, voir À. CuaAPor, dans l'Héllénisation du monde î

antique, pp. 278 ei suiv.

(3) Tome VI. — (4) Voirt. VIII, p. x

MER ; vs AVANT-PROPOS ; xI | saint élé.. rop souvent la seule manière de traïter les peuples vaincus » (1). Mais les Égypiiens avaient été entrai- . nés peu à peu, pour des motifs géographiques ou économiques, À à élargir leur domaine. Le cas de Cyrus est différent. Cyrus : — dont CI. Huart fait icrun portrait saisissant — « est incon- È tesiablement une des plus grandes figures de l’histoire (2) » : ilsemble qu’il ait eu celte « idée géniale » d’organiser, d’uni- fier le monde et d'y faire régner non seulement l’ordre, la * prospérilé, la paix, — la paix du Grand Roi, — mais la justice. H Et ses successeurs oni plus ou moins hérilé de ceite inspi- * ration.

L) Ce vasle empire, créé par Cyrus, Cambyse, Darius, g « adminisirateur de génie » (3) lur aussi, élonnait et | effrayait les libres Hellènes (4) : el pourtant, première ÿ ébauche d’empire aryen, il a servi de modèle à Alexandre. « Ce que le Grand Roi a voulu faire d'Orient en Occident, L Alexandre l’a tenté d'Occident en Orient. À travers Xéno- : phon, à! a suivi Cyrus : « On sait qu’il professait la plus | grande esiime pour ce Perse idéalisé par un admiraieur | d’Agésilas » (5) et une réelle sympathie pour la noblesse ira- | nienne. Les Perses sont venus à lui, émerveillés et sédurïts. Il a désiré fondre les deux éléments. La cité grecque s’élargissait jusqu’au réve de la monarchie universelle. On a pu dire que « l’histoire d'Alexandre est une hisloire perse dont la ‘suite normale est la période hellénistique » (6).

4 (1) Voir More, i. VI, p. 882; cf. p. 411.— (2) Voir p. 51. (3) DARMESTETER, opuscule cité, p. 17. Sur l’administraïion perse, il y a des remarques très jusies dans GoBiNEAU, Essai sur l'inégalité des races humaines, 14. 1, p. 547 (3° édit.), et Histoire des Perses, ?. 1, 11° parlie. | (4) À. Jardé a moniré excellemment que, dans les guerres médiques, la Grèce a défendu, non pas la civilisation contre la barbarie, mais la liberté e \bja raison individuelles contre une royauté humaine mais despolique: voir à X, pp. 326 el suiv.

(6) An. Renacu, L’Hellénisation du monde antique, p. 205,

(6) S. Lévr, Nouvelles littéraires, 24 mars 1925. Voir, sur ce monde grécooriental : Jouauer, it. XV, An. REINAGH et A. CHapor, dans l’Hellénisation au monde antique, pp. 201 et suiv., 277 e! suiv., et G. Ranert, Revue des Éiudes anciennes, & XX VII, &.

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