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Fig. 50. — Qacr-é-Chtrin,
offre une chasse au marais, où des harpistes femmes suivent le cortège dans des bateaux. :
Les vêtements somptueux dont sont revétus les personnages de ces bas-reliefs ont permis de reconstituer la décoration des étoffes de prix ; c’est un témoignage irréfragable de l’art du tiserand dans le haut moyen âge oriental. Le vêtement du roi est fait d’une étoffe ornée de dragons ailés entourés d’une couronne; sur une autre pièce d’étofle, on voit le croissant dans une couronne ; il y a encore d’autres motifs. La voûte est très
ornée : ce sont des caissons décorés de plantes fantastiques. Ici l’on voit clairement l'influence de l'art byzantin sur des : Survivances de l’art hellénistique conservé depuis Alexandre ; mais les artistes chargés de l’exécution du travail étaient maaifestement inhabiles. Marcel Dieulafoy a établi l'identité d’ori-
Fig: 31. — Haouch-Khouri.
| gtne des rinceaux des chapiteaux et des palmettes des frises
susiennes.
le Takht-è-Girra est au sommet de la rampe qui conduit au
. col du Zagros, sur la route de Bagdad à KirmAnchäh3s ce fut de tout temps, et c’est encore, la principale voie de communication entre les basses plaines de la Mésopotamie et les hauts
plateaux de l'Iran. Aussi les Sâsânides avaient pris le plus
… grand soin d’entretenir cette route : elle est conservée, et on
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peut la suivre sur la distance de plusieurs kilomètres. Il y a là, en haut de la montée, un arc en plein cintre et des ruines; était-ce la chapelle dédicatoire, annonçant l'achèvement de la chaussée P
En descendant cette route, on rencontre Qacr-é-Chirin, le château de Chirîn («la douce »), la bien-aimée de ChosroësIl, dont le nom, devenu légendaire, a produit, dans la Perse mederne, tout un cycle de poèmes. C’est donc là le palais que fit construire le monarque ; il est entouré d’un immense parc d'environ 120hectares donton retrouve les débris de enceinte; il comprenait des villas isolées, et on voit encore les ruines d’un château fort qu’occupait la garnison. Les chambres du palais sont voûtées, mais il est probable que la partie haute était couverte de plafonds de bois, comme du temps des Achéménides.
Ici, l’on peut se rendre compte des procédés employés par les bâtisseurs. Toutes ces constructions sont faites de moellons roulés, de galets noyés dans du plâtre et provenant des alluvions voisines. Ces murailles grossières étaient revêtues d’un épais enduit de plâtre ; ce revêtement est resté en place sur quelques points, de sorte qu’il est loisible de l’examiner. Les colonnes étaient faites de briquestaillées et de plâtre ; c’étaient des matériaux de mauvaise qualité, ce qui en explique la ruine rapide.
En cet endroit, on est tout près de l’ancienne frontière de ce
qui fut l’empire ottoman. À un kilomètre de distance de celle-
ci; on aperçoit un groupe de ruines : les gens du pays lap-
pellent Haouch-Khouri en kurde, ce qui signifie « ferme de
l'écurie ». Les indigènes ont cru, en effet, que C’étaient les
écuries du palais, mais c’est une erreur populaire. L’examen ! du plan montre que cet édifice formait un palais complet.
La vallée du Séïn-Merrè est pleine je nombreuses ruines de villes. Zéïch était une cité autrefois; il en reste encore un pont ruiné en pierres de taille. Qai‘a-i Sâm, « la forteresse de
Säm (1) », est située dans la montagne ; la fortification se compose de tours rondes et carrées. À Chirvan, il n’y a plus qu’un amoncellement de décombres.
/” Un monument sâsânide encore debout en grande partie, c’est Fe Tâäg-i-Kisràä, « coupole de Chosroës », situé non loin du Tigre, en aval de Bagdad ; ce point est marqué par un sanctuaire musulman. celui de Selmän du Fârs, connu aujourd’hui
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Fig. 32. - Pont de Dizfoul.
sous l’appellation de Selmäân-i-Pâk, « Selmân le pur ». Il se compose actuellement d’un mur de façade où s’ouvre une salle voûtée (äwän) ; la voûte est elliptique ; elle s’est effondrée il y a quelques années seulement, à la suite d’un tremblement de terre. Cet édifice est construit en briques blanches de grande dimension. Huit salles plus petites s’ouvraient sur cette grande salle d'audience, quatre à droite et quatre à gauche ; elles communiquaient entre elles, mais les deux premières seules
(1) Héros du Livre des Rois; il était fils de Nérimân et grand-père de Roustem.
s’ouvraient sur la salle du trône. Lés arcatures sont en plein cintre, mais on trouve aussi des ogivés couronnant les évide: ments intérieurs. |
Un procédé fôuveau pour la Pérse est l'emploi des chatnäges en charpente ; les mäçonneries sont traversées par des pièces de bois dür réunies entre elles par des colliers. Leur résistance lutté contre les dislocations des murs. Ce procédé,
—= ee he Fig. 33. — Porte de douane dans les montagnes des Bakhtiyari,
inconnu des vieux Perses, doit avoir été emprunté aux Romains : les Byzantins en ont fait un fréquent usage.
Sur les bords de la Kerkha, à 26 kilomètres au nord-ouest de Suse, s'élevait un édifice appelé Tâq-Iwän où Kout Gâpân; il a l’aspect d’une cathédrale gothique ruinée : il est, en effet, constitué par une galerie longue d’une vingtaine de mètres : au milieu s’élevait une coupole. On dirait la réduction d’un monument royal à l’usage d’un gouverneur de province.
On range encore, parmi les édifices sâsânides, le palais de Machita; à l’est de la mer Morte; par le style des ornemenis, il se rattache aux influences byzantines. Le triangle équilaté-
A Me POSE
ral est un des éléments les plus caractérisés de la décoration susienne-achéménide.
Deux ponts remontent sûremént à cette époque, Ceux de Dizfoul et de Chouster, maintenatit en ruines. Le premier à 380 mètres de longueur et 72,65 de largeur, celle-ci ayant été réduite plus tard, lors de la réfection, à 5,75. La construction indique l’emploi de procédés romains. A Chouster, le pont repose sur un barrage transversal. Il a été bâti par des ingénieurs romains, comme d’ailleurs l'indique la tradition.
Sarvistân est un village fortifié sur la route de Chiräz à Dârâbguerd et Bender-Abbäs : on y voit les ruines d’une construction, couronnée d’un dôme ovoïde bâti en briques, que Dieulafoy faisait remonter à l’époque des Achéménides, mais cette opinion n’a pas eu d’écho. Firoûz-Abâd est l’ancienne Goûr, dont le Bouïde Adhod-ed-daula changea le nom en celui qu’elle porte actuellement, parce que gofr signifie «tombeau » en persan. D’après les géographes arabes Ibn-el-Fagth et Ictakhri, c’est Ardachir, fils de Bâbek, qui fonda cette ville : il est donc inutile de chercher dans les ruines qu’elle renferme les restes d’une construction achéménide.
Dieulafoy a énuméré soigneusement les diverses sculptures que lon peut voir à Naqch-i Roustem, «les sculptures de Roustem. » Ce sont : 1° Deux cavaliers, vêtus du costume royal, se passent la couronne : l’un a la main ouverte, tandis que l’autre tient encore cette couronne ; celui-ci porte un bâton de commandement ; celui-là se fait éventer par un flabellifère. 20 Trois personnages : les deux hommes de droite corres-
pondent aux cavaliers du premier bas-relief; le flabeliifère est
remplacé par une divinité armée d’un bâton qui peut être le baresman du rite zoroastrien, monté sur une fleur ; la divinité à tête nimbée est d’ailleurs costumée de la même façon que le personnage de droite. 3° À droite du n° 1, triomphe de Sapor ler sur Valérien : inscriptions en langue et caractères pehlevis, commémorant la victoire d’Édesse remportée sur les Romains,
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4° Le roi paraît s’adresser à ses grands officiers placés derrière une balustrade ; sa coiffure est celle de Behrâm II. 5° Guerriers combattant à cheval. 6° Un roi, une reine portant la couronne murale, un enfant et un officier ; le roi et la reine portent, suspendue au-dessous d’un enfant, une couronne. 7 Sapor à cheval; un autre bas-relief, dégradé, représente une transmission de pouvoirs. Ces deux dernières sculptures se rouvent dans un petit cirque en face de Naqch-i Roustem. € Enfin, sur le chemin de Chîr4z à la nrer, on a relevé quelques
Fig. 34. — Bas-relief de Shikofti Salman.
autres monuments en plus ou moins bon état de conservation : un tableau fort dégradé représentant la défaite de l’empereur Valérien ; la présentation de empereur Cyriadès imposé aux Romains; Valérien, contraintetforcé,rend hommageà Cyriadès (neuf registres représentant l'escorte du roi et l’armée romaine); le triomphe de Sapor (quatre registres montrant les porteurs de butin); Behrâm II et la soumission des Sidjistänis: le triomphe de Chosroës I®r, où le roi est assis et se présente de face, non de profil : c’est le seul cas de ce genre.
Les monuments de l'architecture n’offrent plusde es de
tic 7 de,
peintures; toutefois, cet art a dû être cultivé en Perse. Au nom
de l’hérésiarque Manès est resté attaché, dans les traditions de la Perse, le souvenir d’un livre ou d’un album, décoré de minia-
tures, connu sous le nom d’Arjeng. Ce n’est point là pure fan-
taisie littéraire, ni tradition inventée par le désir du peuple de se constituer des ancêtres dans cet art plastique. C’est en Asie
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Fig. 35. — Bas-relief de Naqchi Behram.
centrale qu’il faut enaller chercher des témoignages. Excommuniés, anathématisés tant par les chrétiens que par les mazdéens, les partisans de Manès, les Manichéens, se sont transportés
. dans les régions qui avoisinent le désert de Gobi, dont les sables
ont aujourd’hui recouvert des villes florissantes revenues récemment au jour. Plusieurs missions scientifiques ont exploré ces contrées : une anglaise, celle de M. Aurel Stein; une allemande, conduite par MM. Grünwedel et von Le Coq; une française, dirigée par M. Pelliot, La seconde a rapporté, entre autres, des fresques qui sont aujourd’hui déposées dans un sous-s0) du Kaiïser-Friedrich Museum, à Berlin, et non encore
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exposées à la vue du public. Ces fresques représentent des dignitaires manichéens, dans leur costume: Ce éoût des Iraniens : leur teint blanc, leurs barbes fournies et noires ne peuvent laisser aucun doute, Cependant, il paraît bieñ que ce sont des artistes chinois qui ont exécuté ces peintures murales, et il est difficile d’en rien inférer sur l’existence d'artistes persans en Perse. Toutefois, il semble sûr que, pour n’avoir fait aucune difficulté à se laisser représenter sur les murailles d’un pays lointain, ces Perses émigrés avaient dû connaître chez eux des portraits de ce genre et tenir à ce que cette décoration les accompagnât dans la nouvelle patrie que les persécutions les avaient contraints à se créer.
On a pu, néanmoins, déterminer une influence iranienne, se glissantentre le double courantindienetchinois qui accompagne la diffusion du bouddhisme dans le Turkestan oriental, redevenu chinois après quelques années d'indépendance. Non seulement les fresques de Tourfan nousreprésentent des seigneursiraniens, mais même la représentation du bodhisattya Vajrapâni de Dandan Uiliq, près de Khotan, nous offre une divinité bouddhique sous l’aspect d’un roi sâsânide, coiffé de la tiare, orné d’une barbe noire, vêtu d’une Casaque verte, portant le pantalon perse et de riches bottes de cavalier. 3
À Bâmyän, sur les contreforts du Pamir, en plein Hindou- Kouch, on a trouvé, en 1923, des fresques présentant le même mélange d’influences artistiques ; à côté de motifs bouddhiques, on constate la présence de figures de princes iraniens portant épée ou létendard, et même un personnage barbu, coiffe de ta tiare sâsânide en forme de globe et de croissant combinés, offrant de profondes analogies avec le portrait de Sapor Ier que nous a légué la sculpture, Celles de ces fresques qui datent du vi® siècle sont contemporaines de l’époque où Chosroës Ier, vers 560, à annexé la Bactriane à ses États. Nous aurions ainsi un témoignage irréfragable de l’existence d’une peinture sâsânide,
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