‹ La Perse en automobile, à travers la Russie et le CaucaseChapitre 18 sur 35 · LA P ER SL EN AUTOMOBILE · texte numérisé non relu

LA P ER SL EN AUTOMOBILE

donne sur un petit jardin fleuri d’iris admirables* En face de nous, un peu à droite le Demavend, à gauche des montagnes neigeuses aussi ; des rochers élevés, derniers contreforts de la chaîne, viennent jusqu'à nous.

Un grand Persan, vêtu proprement, fume, étendu sous le portique. Il s'approche de nous; la conversation s’engage et nous prenons notre première leçon de persan où il nous enseigne les mots indispensables à la vie, c’est-à-dire ceux par lesquels on demande la nourriture. Nous apprenons à dire : oeufs, sucre, pain, thé, sel, cuiller, poule, puis ; chevaux, voiture, cocher. Nous savons déjà dire : vite (;oud). C'est le premier mot que nous ayons employé et on m’appellera par la suite : «Monsieur ZoiuL il nous dit aussi les nombres.

Une fois que nous savons cela, il nous raconte une histoire et, grâce au langage universel des gestes, nous le comprenons. Il montre mes grosses bottines américaines et nous explique qu H a chassé dans les montagnes en face avec un Anglais qui avait des bottines semblables et que la chasse est très belle.

Nous quittons à regret le repos parfumé de ce portique pour reprendre le chemin de Téhéran.

Bientôt le cocher nous montre une ligne d’arbres, c'est Téhéran. Les villes d Europe s annoncent au voyageur par des maisons et des monuments; dans les villes d’Asie, au contraire, les arbres hauts cachent les maisons basses et de loin, alors que le guide vous signale une cité, on ne voit que de la verdure.

Au lieu des faubourgs misérables qui font une ceinture de pauvreté à nos villes, ce sont des jardins qui entourent les villes d’Orient,

Le soleil nous a plongés dans une telle torpeur que nous n’avons plus la force de nous réjouir.

Nous approchons de la ville avec lenteur. La route est encombrée. Des soldats à pied ou à cheval reviennent du camp du Chah; des aniers poussent des troupeaux de petits ânes gris chargés de bois à brûler, de broussailles ou de poutres; un cavalier porte sur son poing un faucon encapuchonné. Une poussière se lève qui fait mal aux yeux.

Une heure encore, puis nous arrivons aux portes de Téhéran, qui

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