XXII INTRODUCTION
conservées par Eusèbe avec tant de morceaux précieux du troisième siècle, donnent des épreuves des fidèles, pour FOrient, une image presque aussi complète que les épîtres de saint Cyprien pour l'Afrique et ritalie.
Ajoutons que Tbistoire de ces grands hommes se confond avec celle des persécutions elles-mêmes. A peu d'exceptions près, nous ne connaissons guère des martyrs les plus incontestables du premier ou du second siècle que leur mort héroïque; au contraire, nous pouvons faire la biographie des principaux docteurs du troisième. Clément d'Alexandrie émigré pendant la persécution de Septime Sévère; fils et instituteur de martyrs, Origène souffre de la môme persécution, assiste à celle de Maximin, et confesse la foi pendant celle de Dèce; Denys voit Témeute dirigée contre les chrétiens d'Alexandrie sous Philippe, est arrêté une première fois sous Dèce, jugé et envoyé en exil sous Valérien; Cyprien, du fond de sa retraite, gouverne son Église persécutée par Dèce, soutient le courage des fidèles de Carthage pendant la courte tempête qui éclate sous Gallus, est arrêté et condamné à Texil en vertu du premier édit de Valérien, arrêté de nouveau et mis à mort en vertu du second édit du même persécuteur. J*ai dit que les écrits des docteurs du troisième siècle suffiraient à faire connaître les persécutions de cette
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époque ; mais la plupart de ces témoins furent aussi des acteurs, et leur biographie seule fournirait, si tout le reste avait péri, les traits essentiels du tableau.
D'autres renseignements encore viennent le compléter. Comme pour les deux premiers siècles, This* toire profane esta peu près muette : je n*y vois guère à noter qu'une phrase de Spartien sur Tédit par lequel Sévère prohiba la propagande chrétienne. Mais, comme ces deux siècles encore, le troisième a quelques bons Actes de Martyrs : on en peut citer de tout à fait sûrs pour l'Espagne, l'Asie et l'Afrique. Ce dernier pays, en particulier, en offre d'excellents. « L'Afrique n'ayant point eu d'écrivains ecclésiastiques au moyen âge, on n'y saurait rencontrer, dit un savant que nous aurons Toccasion de citer souvent dans cette étude préliminaire, ces élucubrations amplifiées, embellies, pour ne rien dire de plus, dont abonde, en nos pays, la littérature hagiographique. De plus, les usages de la liturgie, dans l'Église africaine, autorisaient la lecture publique des Actes des martyrs, le jour de leur fête, à la messe solennelle. Cette circonstance ne put manquer d'appeler l'attention des autorités ecclésiastiques sur des pièces auxquelles on attribuait dans la liturgie une place réservée ailleurs, à Rome par exemple, aux seuls livres de l'Écriture sainte. Placés ainsi sous
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