‹ La persécution iconoclaste d'après la correspondance de Saint Théodore StuditeChapitre 2 sur 11 · LES LETTIIES DE SAINT THÉODORE · texte numérisé non relu

LES LETTIIES DE SAINT THÉODORE

L'histoire de Thérésie des iconoclastes n'est plus à faire. Voilà plus de deux cents ans qu'elle a été écrite par le P. Maimbourg, S. J., dans un He ces livres tels que le xvii® siècle les aimait et qui n'ont pas cesse de mériter Testime. Notre époque, loin de laisser périr les traditions historiques du grand siècle, met dans ses études plus de curiosité scicnlinriue, et se plaît â recueillir les détails secondaires qui pornietlent tout â la Tois de préciser et d'approfondir un sujet. Maimbourg a résumé une période de plus de deux siècles dans un modcsle in- 4" de six cjnls pages en gros caractères. Il est donc facile d'y ajouter un livre supplémentaire, emprunté à une correspondance dont il n'a dit que quelques mots.

On a imprimé environ cinq cent cinquante lettres de saint Théodore Studite'. Il est certain que ce n'est pas là toute la correspondance

* La Palrohgie grecque (vol. XCIX) a réimprimé les deux livres de lettres publiées dans les Opéra varia du P. Slrmond (Haronius en avait Tait connaflrc plusieurs en insérant leur traduction dans ses Annales). Le premier livre comprend cinquantesept lettres, et le second deux cent vingt et une. En IS71, le P. Cozza a fait paraître h Home le vol. Vllï de la IVova PP. liihUolheca^ publié en très grande partie par le cartiinal MaT, où ont été insérées diMix cent qualre-vin<;t-<piatre autres lettres île saint Théodore, plus douze Tragments suppléant quehpics lacunes de la collection antérieure. La lettre CCLXXX se trouve déjà dans Sirmond (11, 2U. Palroi. (jr.y loc. cit., 11U7). C*cst son titre tronque qui a faussement persuade Mal qu'elle était inédite. \\ est moins excusable d*avoir réimprime (/. 315 et 278) la seconde cl la neuvième lettres du second livre de Sirmond, puisque les titres sont identiques.

(lu célèbre abbé. Il dit, par exemple, à son disciple Âthanase, qu'ils Échangent des lettres presque chaque jour ^ Or, des lettres adressées à ce moine, sept seulement ont paru. Cette collection épistolaire n'a pas encore été étudiée avec tout le soin convenable. C'est ainsi que les éditeurs successiTs ont reproduit sans observation le titre erroné d'un manuscrit qui date le premier livre du premier (807-811) et du second (814-821) exils du saint, et attribue le second livra au troisième exil (82i-826). Un peu d'attention eût suffi pour constater qu'au premier exil seul appartient le premier livre, tandis que le second livre réunit la correspondance du second et du troisième exils.

A part quelques lettres de condoléance, la correspondance des deux derniers exils roule loule enliôre, au moins indirectement, sur la perséculion des iconoclastes. Et bien que la culture littéraire ait été, comme on le verra plus loin, un vôrilable besoin pour cette nature d'élite, il est fort inutile d'avertir que le Studite ne fut jamais de l'école de Pline le Jeune et de Voiture, qui s'amusaient à prendre la plume uniquement pour le plaisir d'écrire. Les circonstances étaient trop graves et l'intrépide abbé vo^^ait les choses de trop haut ]>our qu'il n'nniretînt que par simple passo-lomps n^s actives ri^lulions épislolaires. Aussi, en négligeant la partie purement dogmatique, que reproduisent toutes les théologies, mômes les plus élémentaires, et sans en extraire davantage les notions trop générales, les traits particuliers suffiront amplement à dessiner un tableau^bsolument neuf de celle persécution étrange. L'élément chronologique ne lui procurera pas toute la netteté désirable, puisqu'il n'y a pas une de ces lettres dont on puisse sûrement déterminer le mois et môme l'année: il suffit d'ailleurs de se rappeler que tous ces faits se placent dans la période de la dizaine d'années qui termine le premier quart du ix» siècle.

» F^pisl. H, 30. Palrul. gr., loc. cU.y lt?33, U.

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