Matth. xiii
Jésus, catégoriquement, met les disciples devant l’alternative : s’en aller ou le suivre avec une décision renouvelée1 2. Quand les Douze, en réponse à sa question : « Qui disent les hommes que je suis? » lui rapportent les suppositions diverses : les uns disent que tu es Jean-Baptiste, les autres Élie, d’autres Jérémie ou l’un des prophètes..., Jésus, sans s’arrêter à ces opinions inexactes, sonde le fond de leur âme : « Mais vous, insiste-t-il en accentuant la forme directe de l’interrogation, vous, qui dites-vous que je suis*? » La seule chose qui vaille, ce n’est pas la rumeur populaire ou la méconnaissance des chefs, c’est la conviction personnelle des disciples.
Car, à leur tour, ils vont au travers de la Galilée et de la Judée annoncer le Maître et lui préparer la voie. A peine leur cœur a-t-il saisi la solennité du message de salut et la grandeur unique du Révélateur que Jésus les envoie, d’abord les Douze, les premiers prêts, ensuite, d’après Luc, les soixante-dix, dont la préparation indirecte a été plus lente. Jésus les envoie comme Dieu l’a envoyé lui-même, avec une révélation pareille à proclamer : « le royaume de Dieu s’est approché3 », et avec une puissance analogue de rénovation physique et morale : « Guérissez les malades, ressuscitez les morts, chassez les démons4. » Ecouter ces messagers, c’est entendre le Maître5; les accueillir, c’est recevoir le Sauveur qui les inspire et Dieu lui-même qui a donné au monde ce Sauveur6. Lorsque le fait de la résurrection a créé un cœur d’apôtre chez les disciples qui n’en avaient eu jusque-là que le nom et la fonction, Jésus,