‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 114 sur 121 · Matth. x · texte numérisé non relu

Matth. x

du seuil de l’éternelle gloire, leur répète, en lui donnant toute sa portée, l’ordre déjà entendu dans les campagnes galiléennes : « Allez et instruisez1. »

L’action directe du Rédempteur est désormais achevée, la terre ne verra plus par les yeux de la chair celui qui doit régner sur elle, le Christ n’apparaîtra plus pour appeler, pour révéler, pour enseigner; il n’agira que par ses disciples, que par les croyants; là ou ils parleront il les éclairera, là où ils agiront il les fortifiera, il sera « avec eux jusqu’à la fin des siècles2 », mais pour qu’il soit présent il faut qu’ils aillent, pour que son royaume vienne il faut qu’ils évangélisent.

Cette méthode du Christ substituant pour l’avenir l’œuvre de ses disciples à son œuvre, celle-ci étant continuée, universalisée par celle-là, attirant à lui les hommes qui ne le connaissent pas par l’intermédiaire des hommes qui le connaissent, est la méthode de Dieu3. Le Dieu transcendant de l’ancienne alliance s’est manifesté à des consciences humaines spécialement préparées, et par ces consciences il est entré dans l’histoire4; il a pris contact, par des individualités qu’il faisait surgir, avec les générations successives; il a, par degrés, en élevant au-dessus de leur temps et du niveau de leurs semblables quelques âmes individuelles, élevé de plus en plus, spiritualisé la foi et les espérances; et les étapes de la révélation en Israël ne sont pas marquées par des dates de miracles, mais par des noms propres de personnalités : Moïse, Elie, Esaïe, Jérémie. Quand les temps furent accomplis et que la préparation du salut fit place

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