LA NATURE DE LA PERSONNE
Au point de vue psychologique, les évangiles représentent l’homme comme formé de deux parties : l’une visible, le corps; l’autre invisible, l’esprit; celle-ci capitale, celle-là presque négligeable, la seconde n’étant qu’un mode imparfait et temporaire d’être, la première constituant le vrai moi.
Par lui-même, le corps ne saurait subsister : il lui faut le concours de l’élément spirituel, sans lequel il est mort2, par lequel il renaît3. Les évangélistes corroborent indirectement le récit de la Genèse : l’homme créé déjà ne devient un être vivant que sous l’action du souffle de Dieu4. Sans esprit ou sans àme, le corps n’est que le un cadavre5 6; avec l’esprit ou avec l’àme,
le corps demeure quelque chose de distinct, toujours séparable de l’élément spirituel G, souvent opposé à lui. Il est, durant l’existence terrestre, le siège de la vie;
1. On voudra bien remarquer le titre de ees pages : « la personne humaine dans les évangiles. » Dans les évangiles, c’est-à-dire dans les documents tels que les manuscrits nous les ont transmis. Les questions d'authenticité, d’historicité sont donc réservées; une introduction critique formerait une préface plus développée que l'étude du sujet lui-même. Quand il sera parlé de l’enseignement de Jésus, quand les paroles de Jésus seront citées, il va de soi que l'on sous-entend la périphrase : « tel, telles que l’évangile de Matthieu, de Marc, de Luc, de Jean les rapportent. »