Matth. vi, 23; Luc xii
conception analogue à celle du Lévitique plaçant dans le sang le lieu de l’àme, du principe vivifiant1.
Mais la destinée des deux éléments n’est pas semblable, ni leur sort lié. Si le corps dépend de l’élément spirituel, celui-ci est indépendant de l’élément matériel ; la mort de l’organisme corporel n’entraîne pas l’anéantissement de l’esprit qui le faisait vivre : les hommes peuvent tuer le corps, ils n’ont aucun pouvoir sur l’âme2.
Organisme purement sensible, intermédiaire actuel entre l’esprit et les autres esprits, les évangiles ne mentionnent guère le corps que pour noter combien sont secondaires les soucis dont on l’entoure, combien sont inférieures les joies, dangereuses les passions qui l’animent. L’attitude de Jésus est opposée, sur ce point, à celle du paganisme grec, qui honore l’athlète comme
le sage, et dans les jeux olympiques en Elide, dans les jeux isthmiques à Corinthe, dans les jeux pythiques à Delphes, glorifie comme des vertus la force et la beauté3. Dans les évangiles, la beauté vraie et la vraie force sont celles de l’esprit. L’attitude de Jésus est très différente de celle du pharisaïsme, faisant du corps une partie de l’être aussi durable que l’être lui-même, qui subsiste comme l’esprit dans la vie future, qui est vivifié avec l’esprit au jour de la résurrection4 * *. Dans les évangiles, le corps ne complète ni n’altère l’intégrité de la personne : Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le; si ta main te fait tomber dans le péché,