‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 21 sur 121 · Jean m · texte numérisé non relu

Jean m

même, comme il sait que le vent qui se lève vient du côté de l’aurore ou du côté du couchant. Mais comme il ignore le point de l’espace d’où part le vent et en quel point de l’espace il cesse, il ignore où et comment se produit en son être le tressaillement de la vie nouvelle, où et comment mûrit le fruit de l’action divine, où et comment l’esprit saint a pénétré en lui. Là ou n’atteint pas notre perception, plus loin que la portée de notre conscience, dans notre moi ignoré, dans l’insondable inconnu que porte en elle la personne humaine, Dieu est encore et Dieu travaille.

Avec l’action de Dieu, d’autres actions contraires à la sienne peuvent s’exercer sur le subconscient. Aux Juifs qui cherchent à le faire mourir Jésus déclare : « Vous faites ce que vous avez appris de votre Père1 ». Ass'urément leur hostilité contre la personne de Jésus, leur résistance à sa parole sont choses qu’ils savent et qu’ils veulent. Jésus cependant entrevoit, derrière les actes concrets, une invisible domination résultant de l’amas confus des hérédités, des influences subies, des dispositions antérieures. Inévitablement l’homme sort d’un passé qui l’oriente, il trouve en lui des tendances qui le prédéterminent; sous la vie consciente se cache et à cette vie consciente s’ajoute l’apport insoupçonné de ce que chaque être reçoit « dans la maison paternelle2 »; si l’intelligence n’intervient pas pour analyser, si la volonté ne suspend pas pour juger, ce subconscient se précise et déploie dans le champ éclairé de l’existence le mal ou le bien qu’il renfermait à Létat latent.

Au point de vue moral l’ensemble des textes est formel, sans qu’aucun fournisse une affirmation raisonnée ou

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