‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 23 sur 121 · Luc xi · texte numérisé non relu

Luc xi

4. Matth. vu, 1 1 ; Luc xi, 13. Luc substitue aux dons divers le don du Saint- Esprit. Ce qui ne prouve nullement la sympathie du rédacteur pour l’ébionitisrne ou une tendance à la spiritualisation. Cf. A. Plummer, A critical and exegetical commentary on the Gospel according to S. Luke, Edinburgh, 1896. — A. Loisy, Les Evangiles synoptiques, t. 1, p. 643. — F. Nosgen, Die Evangelien nach Matthèius , Mariais , und Lukas, Nordlingen, 1886. Avec H. -J. Holtzmann il est juste de dire que, « a la place des dons du salut, Luc met le Saint-Esprit comme le don le plus grand et le meilleur de Dieu ». ( Hand-Commentar \um N. T. , itci* Band, Die Synoptiker. Freiburg, i. B.; 1889.)

Un autre caractère du mal est la domination impérieuse qu’il exerce. Son universalité signale sa puissance et sa puissance fonde son universalité. Quelques textes semblent même affirmer l’inévitabilité du mal. A ses auditeurs bien disposés, fiers d’appeler Abraham leur père, le Maître promet la liberté par la foi1 ; quoique faisant partie du peuple dont les membres ne devaient jamais, de par la loi2, consentir à devenir esclaves, ils n’ont pas, constate Jésus, le pouvoir de croire, d’agir, de se donner; ils sont esclaves malgré leurs protestations, esclaves du péché3. Le péché serait-il fatal? S’il est fatal, il ne saurait être punissable. Mais l’état de fait : l’esclavage actuel dont nepeuventse libérer les hommes, n’est qu’une conséquence d’actes qui ne leur étaient point imposés, auxquels ils ont délibérément consenti; c’est en pratiquant le péché qu’ils ont eux-mêmes forgé leurs chaînes; leur responsabililé est entière.

L’évangile de Matthieu unit, dans la même phrase, les deux idées de nécessité et de culpabilité. « Il est nécessaire qu’il arrive des scandales, mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive4. » Le terme àvivx-rg semble choisi pour exprimer un destin que rien ne change, et la contradiction surgit. Elle n’est qu’apparente. ’AvQ/.r, yàp éLOs’v Ta cxavSaAa ne traduit pas la volonté divine, n’indique pas un événement décrété d’avance; la nécessité n’est ici ni morale ni normale, elle vient de la nature des choses actuelles. Le monde est tel, l’homme est tel qu’évidemment des scandales se produiront, qu’il ne peut pas ne pas en être ainsi. D’autre part, le monde a été rendu tel par l’action de l’homme; l’homme est devenu tel en cédant aux sollicitations mauvaises qu’il

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