‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 32 sur 121 · Matth. xv · texte numérisé non relu

Matth. xv

contradiction apparente de l’universalisme se réduit à une question de méthode. Durant des siècles, Israël avait été préparé pour recevoir le suprême révélateur; « le salut vient des Juifs1 2 »; c’est Israël qui, dans le plan divin, devait être la race éducatrice du monde. A lui donc le ministère de Jésus, à lui les premiers efforts des disciples, afin qu’un peuple de témoins se lève. Par cela même était laissée hors de la réalisation initiale du dessein de Dieu la mission païenne3. Il est trop évident que ce n’était là qu’une nécessité pédagogique, que, dans les Synoptiques comme dans le quatrième évangile, c’est au monde entier que Dieu a donné son Fils3.

L’évangile de Matthieu, qui rapporte la règle restrictive adoptée par Jésus et donnée à ses collaborateurs, raconte comment, en faveur d’un païen, centenier à Capernaüm, se produit un grand miracle opéré par le Maître4. Et de la confiance du soldat d’Hérode Antipas s’élevant à la contemplation d’un avenir prochain, Jésus prophétise, toujours d’après le même évangile, que « beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident », des points de l’univers les plus éloignés et les plus différents. Dans ce territoire païen qu’il était résolu à éviter, supplié par l’une de ces âmes païennes dont il ne pouvait entreprendre en personne l’évangélisation, Jésus refuse tout d’abord d’écouter5. Lorsqu’il écoute, c’est pour refuser d’exaucer : « 11 n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens », image parabolique et hyperbolique indiquant que Jésus

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