‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 33 sur 121 · Matth. xv, 21-28. Cf. Marc vu · texte numérisé non relu

Matth. xv, 21-28. Cf. Marc vu

réserve son activité pour son peuple. Pourtant, il entend et il guérit. Il ouvre ou il rouvre à Zaehée1 les rangs du peuple de l’Alliance2; il veut attirer la Samaritaine dédaigneuse3, et, son ordre théorique s’effaçant devant l’étonnante réceptivité d’une foule, il passe deux jours entiers dans la ville de Sichar4. Jésus abolit l’antithèse : Juifs et païens, et lui substitue l’antithèse : bons et mauvais.

Le milieu social n’importe pas plus que le milieu ethnique. Le scandale des puritains et des formalistes est grand de voir un prophète s’asseoir côte à côte avec des péagers et des pécheurs5, accepter les hommages d’une prostituée6, de l’entendre convier à la table de Dieu, sans compter « les estropiés, les aveugles et les boiteux », les gens qui sont « dans les chemins et le long des haies7 », annoncer que les péagers et les femmes de mauvaise vie devancent dans le royaume des cieux le peuple de la promesse8.

Le milieu intellectuel ne compte pas davantage. Dans la foule des interlocuteurs qui le pressent de questions, et dont beaucoup finissent par croire, sur les bords du Jourdain9, à Jérusalem surtout10 et surtout dans le temple11, il n’y a pas que ce que les pharisiens appellent la plèbe12. Jésus insiste sur cette chose nouvelle au temps

1. Zaehée était probablement païen. S’il était Juif, il se trouvait exclu, de par sa profession, du sein de son peuple. Sa situation était la même, dans les deux cas, vis-à-vis du rigorisme rabbinique.

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