‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 53 sur 121 · Matth. v · texte numérisé non relu

Matth. v

chemin étroit qui mène à la vie : ceux qui ne deviennent pas comme de petits enfants n’entrent pas dans le royaume des deux1.

Il va de soi que l’homme peut ne pas se diriger vers le royaume, ou revenir en arrière alors qu’il avait commencé sa marche. Israël, le peuple élu, l’héritier légal, le fils premier-né, a repoussé toutes les avances; le parti-pris du refus perce sous les excuses diverses des invités au grand festin2, ces excuses qui se changent parfois en blasphèmes contre le Maître, en violences contre ses envoyés3. Devant les invitations et devant les avertissements divins, sous l’apparence des actes et des paroles d’obéissance, la volonté de la personne cède ou résiste à son gré. A l’ordre du Père, dans lequel se concilient l’amour et l’autorité : « Mon enfant, va aujourd’hui travailler dans ma vigne », le fils qui répond : « Oui, Seigneur », peut n’y point aller, comme le fils qui répond irrévérencieusement : « Je ne veux pas », peut, plus tard, se repentir et faire la volonté de Dieu4.

Quelques textes des évangiles paraissent restreindre cette libre disposition de lui-même que d’autres textes confèrent à l’individu. Dieu n’agit-il pas avec tant de persuasion, tant d’insistance, que la personne, inévitablement, doit céder? Le mot par lequel le maître de la maison charge son serviteur de compléter le nombre de ses hôtes : « Contrains-les d’entrer », n’est-il pas une image de l’action qu’exerce parfois sur ses créatures le Maître de la terre? Avec Augustin, une partie de l’Église chrétienne a conclu par l’affirmative, et le romanisme a fait sienne cette fausse interprétation. Dans

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