‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 54 sur 121 · Matth. xxi · texte numérisé non relu

Matth. xxi

la parabole il n’est point question de violence; la mauvaise volonté des invités est objet de regret, mais aussi de respect, de la part du père de famille. D’autre part, il est nécessaire que la maison soit remplie et que le festin commence'; les derniers arrivants, plus misérables encore que les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, hésitent devant la splendeur de la salle de fête; il s’agit non de les violenter, mais de les libérer.

La résistance obstinée des auditeurs, la réalisation des événements sont souvent mis en rapport avec l’accomplissement d’une prophétie, accomplissement tenu pour nécessaire. Si la foule ne saisit pas le sens des para-

boles, c’est parce qu’Esaïe a dit : « Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez pas, vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez pas1 2. » Si les Juifs ne croient pas, c’est parce que le même prophète a encore déclaré : « Dieu a aveuglé leurs yeux et il a endurci leur cœur3. » Si Jésus monte à Jérusalem avec ses disciples, c’est pour que se produise « ce qui a été écrit par les prophètes au sujet du Fils de l’homme4 ». Matthieu, plus que les autres, cherche dans les voix du passé le murmure annonciateur des faits du présent; Jean, plus que les autres, rapporte à Dieu directement la cause de l’attitude hostile ou favorable des hommes. « Tout ce que le Père me donne viendra à moi5 6, dit Jésus, mais nul ne peut venir à moi si le Père ne l’attire0. » « Celui qui est de Dieu écoute les paroles de Dieu; c’est pourquoi vous n’écoutez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu7. » Au-dessus des décisions de la per-

1. Luc xiv, 23 : àvyyy.aGGV e’.crîAQsTv fv y. (indication du but) ysij/aO?) gou s

c.y.Gç.

Page 1