‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 67 sur 121 · Luc xv · texte numérisé non relu

Luc xv

La personne humaine apparaît même dans les évangiles non seulement comme la réalité la plus haute, mais comme la seule réalité. Pour elle seule a été organisé le milieu terrestre, orienté l’évolution historique. C’est, entre la conception de l’Ancien Testament et celle des évangiles, une différence capitale que cette prédominance, ou mieux que cette importance exclusive donnée à l’individu. Dans l’Ancien Testament, au premier plan, objet de la pensée divine, des ordonnances de la loi, du ministère des prophètes, se trouve le peuple élu. La loi régit la morale et la religion d’un peuple ; c’est devant le peuple que sont placés par l’Eternel la vie et le bien, le mal et la mort; c’est à un peuple que sont annoncées les promesses.

Indépendamment du livre des Psaumes, recueil de cantiques et de prières, qui, comme les prières et les cantiques de toutes les religions, ont un caractère nettement individuel, il y a bien chez les prophètes des témoignages accentuant la valeur de la personne. « Que le sage, écrit Jérémie1, ne se glorifie pas de sa sagesse, que le fort ne se glorifie pas de sa force, que le riche ne se glorifie pas de sa richesse, mais que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de l’intelligence et de me connaître, de savoir que je suis l’Eternel qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre. » « Pourquoi dites-vous, interroge Ezéchiel2, pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d’Israël : les pères ont mangé des raisins verts et les dents des enfants en ont été agacées? Je

suis vivant, dit le Seigneur, l’Eternel, vous n’aurez plus lieu de dire ce proverbe en Israël. Voici, toutes les âmes sont à moi; l’âme du fils comme l’âme du père, l’une et l’autre sont à moi; l’âme qui pèche c’est celle qui mourra. L’homme qui est juste, qui pratique la droi-

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