‹ La personne humaine dans les ÉvangilesChapitre 85 sur 121 · Matth. xx · texte numérisé non relu

Matth. xx

4. Matth. xx, 26-27; Marc x, 43-44 ; Luc xxii, 26. Cf. aussi Matth. xviii, 4; Marc îx, 33; Luc ix, 48.

3. A. Loisy, en vertu du caractère de Marc, qu’il dit secondaire et polémique dans cette péricope, applique à Pierre et aux disciples l’avertissement que ceux qui sont les premiers seront les derniers, et à Paul et aux pauliniens le fait que ceux qui étaient les derniers sont devenus les premiers (op. cil., t. 111). La prétendue rivalité entre les deux apôtres et les deux fractions du christianisme qu’ils inspirent est, cependant, une théorie vraiment bien désuète.

matériel; il n’est question, dans son enseignement, que d’une libération, celle du péché, que d’une égalité, celle de la grâce. Malgré ce silence, dès le milieu du premier siècle, l’apôtre Paul rappelait aux chrétiens

d’Ephèse1 que leurs esclaves et eux avaient « un même Maître dans les cieux, et que devant ce Maître il n’est point fait acception de personnes2 ». Il invitait un chrétien de Colosses, Philémon, non seulement à pardonner une faute rigoureusement punie d’ordinaire, mais à recevoir l’esclave coupable comme un frère, à parachever une bonne œuvre, laquelle ne saurait être, dans la pensée de l’apôtre, exprimée avec une délicatesse infi-

nie, que la libération3. Par la suite, les Eglises et les chrétiens considérèrent le rachat des esclaves, leur affranchissement, comme un acte élémentaire de charité4. Au IVe siècle, Lactance écrivait : « Là ou tous ne sont pas égaux, il n’y a pas d’équité; l’inégalité exclut la justice... On me dira : N’y a-t-il pas parmi vous, chrétiens, des maîtres et des esclaves? N’y a-t-il pas entre eux des différences? Je répondrai : Aucune. Et ceci parce que nous nous savons tous égaux et que nous nous appelons tous frères... Quelle que soit la condition diverse du corps, ceux qui nous servent ne sont pas nos esclaves... L’esclave, parmi nous, est l’égal du libre, le pauvre du riche; la vertu seule fait, devant Dieu, toute la différence. » Et Chrysostome, quelque temps après, déclarait que le nom même d’esclave disparaîtrait de la société chrétienne5.

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