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La perte du Canada [microforme]

hotre histoire présente bien peu d’épisodes aussi douloureux que la perte du Canada.

En faisant passer cette colonie aux mains

> \P des Anglais, le traité de Paris nous erilevait du même coup un vaste territoire, qui s’étendait &1-delà des provinces anglaises des bords de l'Atlantique, depuis Québec, en passant par les grands lacs, l'Ohio et le Mississipi, jusqu’à la Louisiane et à la Nouvelle- Orléans. L'œuvre si courageusement et si laborieusement accomplie par les Jacques Cartier, les Champlain, les Cavelier de la Salle, était perdue pour la France, et notre vieille ennemie, l'Angleterre, recueillait le fruit du génie et du travail de nos découvreurs et de nos colons.

Elle devait pourtant payer bientôt sa victoire beaucoup plus cher que notre défaite ne nous coûtait, car il n'est

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pas douteux que la conquête du Canada valut aux Anglais la perte des Etats-Unis. Jamais, en effet, leurs colons des bords de l'Atlantique n'auraient osé rompre le lien qui les rattachait à la métropole, s’ils avaient toujours senti le besoin d’être protégés par elle contre les Français du Canada.

Nous n'en avions pas moins subi un coup bien funeste à nos intérêts, sans qu'il nous restât au moins la ressource d'imputer nos revers à la fatalité ou au hasard. La funeste politique du gouvernement de Louis XV et l’insouciance qu'il montra toujours pour les intérêts coloniaux de la France avaient produit tout le mal.

Toutefois, si le Canada, abandonné à lui-même, ne put être sauvé par les efforts de ses défenseurs, le spectacle de leur héroïsme pouvait du moins adoucir pour la France l'amertume de la défaite. Le sang du noble, du chevaleresque Montcalm et des braves qu'il commandait, ne coula pas en vain sous les murs de Québec : la colonie fut perdue, mais l'honneur resta sauf.

L'ouvrage que M. Francis Parkman a publié en 1884 sous le titre de Montcalm et-Wolfe, nous fait assister à la chute de la puissance française en Amérique. Passer rapidement en revue les péripéties de ce drame terrible est, on ne saurait le nier, d’un grand intérêt; je voudrais pouvoir dire en même temps d’une haute utilité, mais je n'ose. Quand on considère, d’après des faits qui ne sont pas bien éloignés de nous, à quel fil léger peut tenir l'avenir d’une colonie, on se prend à douter sérieusement de l'efficacité des leçons que présente l'histoire, et l’on en vient à se demander avec un amer découragement si la lumière que jette le passé a jamais servi à éclairer l'avenir.

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célèbre des deux côtés de l'Atlantique, et les États-Unis peuvent hardiment le placer au rang de ces historiens dont ils sont justement fiers, les Washington Irving, les Prescott, les Bancroft, les Motley, les Ticknor, les Hildreth, les Spark, à ne citer encore que les principaux.

La Conspiration de Pontiac et la Guerre indienne après La conquête du Canada, l'Oregon Trail, esquisses de la vie dans les prairies et dans les Montagnes Rocheuses, et surtout la France et l'Angleterre dans l'Amérique du Nord, suite de récits historiques, telles sont les œuvres que la science de l'histoire doit jusqu’à ce jour à M. F. Parkman.

Le dernier de ces ouvrages formera, quand toutes ses parties seront achevées, l'histoire complète de l’occupation française dans le continent américain.

Les cinq parties publiées avant 1884 portent pour titres : 1° Les Pionniers de la France au Nouveau-Monde:; 20 les Jésuites dans l’Amerique du Nord au XVIIe siècle; 3° La Salle et la découverte du Grand-Ouest; 4° l'ancien régime au Canada sous Louis XIV; 5° le comte de Frontenac et la Nouvelle-France sous Louis XIV. Ces ouvrages ont obtenu un grand et légitime succès : le premier compte déjà dix-sept éditions, le dernier est parvenu à la septième.

L'auteur a publié, en 1884, la septième et dernière partie de cette vaste composition; comme nous l'avons dit plus haut, elle porte pour titre les noms de Montcalm et Wolfe, ces deux héros en qui se résume l'effort suprème fait par le Canada pour se conserver à la France, et par l'Angleterre pour le lui enlever,

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