HN
La période comprise entre 1700 et 1748 formera l'objet de ia sixième partie ; elle reste à publier, l’auteur l’a laissée de côté pour donner immédiatement la dernière, en raison du haut intérêt qu'elle présente.
Dans le récit des événements qui ont précédé la perte du Canada, aussi bien que dans l'étude des causes qui Pont amenée, il serait difficile de suivre un guide plus sûr que M. Parkman.
Même avant la guerre de Sept-Ans, le xvine siècle avait été funeste à nos colonies d'Amérique. Le traité d'Utrecht nous avait enlevé Terre-Neuve et l’Acadie. Pendant la guerre de succession d'Autriche, les Anglais s'étaient émparés de l'ile du Cap-Breton et de sa capitale Louisbourg. A la paix d’Aix-la-Chapelle, ils nous avaient rendu ces dernières colonies; mais la question principale, celle des frontières, n'avait pas été réglée entre les deux nations. Les commissaires nommés à la suite de la paix n'avaient pus s'entendre, ni sur les limites de l'Acadie, ni sur la ligne des frontières qui devaient séparer la Nouvelle-France des colonies anglaises, Les représentants de l’Angleterre pr‘tendaient que l’Acadie comprenait non pas seulement toute la péninsule qu'on désigne aujourd’hui sous le nom de Nouvelle-Ecosse, mais encore la vaste région comprise entre le fleuve Saint-Laurent au nord, la baie du même nom à l’est, l'océan Atlantique au sud, et la Nouvelle-Angleterre à l'ouest. Les Français, au contraire, entendaient ne pas céder la presqu'ile tout entière; désireux de maintenir par
terre une communication pendant l'hiver entre Québec