EN THÉRAPEUTIQUE
Ce côté de la question a déjà été étudié par MM. Jules Courmont et Genet pour les malades en puissance d’Anasarque.
Pour ce qui nous concerne, nous nous contenterons de donner les résultats des diverses médications à action très discutée que nous avons employées et dont nous avons pu apprécier l'effet avec une certaine rigueur.
C’est ainsi que l’Autosérothérapie de Gilbert pratiquée le 27 décembre dans l’observation n° I a amené une chüûte très rapide du poids correspondant à une baisse parallèle de l’épanchement, et l’efficacité de la thérapeutique nous a été démontrée par les faits suivants: le 3 Janvier on observait une légère reprise du poids et simultanément une légère augmentation du liquide, nous fimes alors une nouvelle injection autosérothérapique et rapidement le poids s’abaissa de 250 grammes en même temps que l’on constatait la résorption définitive de l’épanchement. Un nouvel essai pratiqué le 14 Janvier dans des conditions semblables, mais en pleine convalescence, resta au contraire sans influence sur la courbe des poids.
Il est vrai que M. Levy-Valensi et Mlle Pouzin se demandent si, en réalité, dans la méthode antosérothérapique de Gilbert, la résorption du liquide n’est pas amorcée par l'évacuation des quelques centimètres
cubes de liquide nécessaire à l'injection. Nous avons étudié de près cette objection et nous avons en effet constaté que les ponctions exploratrices avec évacuation minime (6 centimètres cubes dans l'observation Il, 3 centimètres cubes dans l'observation I) ont amené dans ces deux cas un fléchissement très net de la courbe pondérale, (200 gram. dans l'observation IT, 600 gram. dans l'observation I.
Ces constatations confirment absolument l'opinion de M. le Professeur Roger, de M. Levy-Valensi et Mlle Pouzin et de MM. Pic, Mouriquand et Cremieu qui ont montré l'influence des évacuations minimes sur la résorption des épanchements pleuraux. Mais il nous faut ajouter, que dans nos cas, si la résorption fut nette elle fut aussi essentiellement passagère et une réascension de la courbe des poids et du niveau du liquide fut notée dès le lendemain dans l'observation Il, le surlendemain dans l'observation IT. Il est vrai qu'il y a à tenir compte de ce fait que la ponction fut pratiquée au cours de la période d'augmentation du liquide, alors que ces ponctions nous paraissent avoir toute leur action pendant la période d'état où au début de la période de décroissance.
Mais en toute impartialité, nous devons déclarer que nous n'avons pour notre part jamais obtenu par la simple ponction exploratrice de résultats comparables en netteté à ceux fournis par l'autosérothérapie elle-même.
Nous nous demandons même, à titre purement hypothétique bien entendu. si de très minimes ponctions sont capables d'agir mécaniquement sur de grands épanchements pour hâter leur résorption et s'ilne s'agit
er —pas là encore d'un phénoméne autosérothérapique. Ne se pourrait-il pas en effet que la piqûre pratiquée dans la plèvre amenît la filtration d’une certaine quantité de liquide pleural dans la paroi thoracique et permit en quelque sorte une autosérothérapie spontanée minime
n'ayant entrainé dans nos cas que des résorptions très partielles et non définitives ?
Il nous a paru intéressant de dire deux mots avant de terminer notre étude d’une thérapeutique encore peu répandue, nous voulons parler des Corps Immunisants de Speugler qui ont été employés par nous dans les observations Il et II. Nous nous bornerons à noter strictement ici les phénomènes notés après leur emploi, deux cas ne pouvant suffire pour établir avec certitude leur action dans la pleurésie aiguë séro-fibrineuse, d’origine tuberculeuse.
Dans l'observation II, c’est dès le lendemain d’une friction de cinq gouttes de la solution au 1/30.000 faite au pli du coude, que nous avons vu la courbe du poids baisser en même temps que le niveau du liquide pleural, et la courbe des urines se relever nettement.
Les 9, 10 et 11 septembre les frictions furent renouvelées et le taux de l'urine se maintient à 2000 grammes. Dès le lendemain de leur cessation, les urines tombent à 1200 grammes et se maintiennent à ce chiffre.
Le 15, reprise de la thérapeutique par une friction de cinq gouttes : les urines remontent brusquement le 16 à 1 litre 800, le 17 à 2 litres 100 et l'ascension continue jusqu'à 2.600, chiffre atteint le 21. Il est indiscutable que dans ce cas il y a un rapport net entre l'emploi des
corps immunisants et l'apparition de la polyurie. Mais, est-ce un rapport de cause à effet ?
Dans notre troisième observation, nous avons pu observer les mêmes phénomènes. Un abaissement pondéral correspondant à uñe baisse de l'épanchement a été observé le jour même et le lendemain de leur emploi, correspondant aussi très exactement avec une ascension de la courbe des urines.
Comme on le voit, nous avions pu par le procédé très simple de la pesée quotidienne systématique de nos pleurétiques suivre avec une très grande précision l'évolution de leur épanchement et apprécier l'effet de nos diverses thérapeutiques.
Il s'agissait, il est vrai dans le cas présent de malades jeunes et nous n'oserions pas affirmer que la méthode donne d'aussi beaux résultats chez l'adulte. Il serait intéressant de poursuivre cette étude d’une façon plus complète. Nous regrettons de ne pouvoir le faire nousmême, mais cela n'entrerait pas dans les limites que nous nous sommes tracées et la voie reste ouverte aux bonnes volontés.
GÉNCDUS LONS
La pesée journalière est un procédé simple et des plus utiles pour suivre l’évolution des épanchements séro-fibrineux de la plèvre.
C'est chez l'enfant qu'elle acquiert son plus haut degré de précision, car elle est d’une application particulièrement simple dans le jeune âge et ses résultats y Sont d'autant plus rigoureux qu'il est facile d'éliminer par une surveillance un peu active toutes causes d'erreur.
De tous les procédés que nous avons expérimentés, la pesée nous a semblé un des meilleurs qui soient pour se rendre un compte exact des diverses périodes de la maladie : état d’augment, état stationnaire et notamment phase de régression.
Elle fournit encore des renseignements des plus précis sur la convalescence des enfants pleurétiques,
et apparaît de ce fait comme un élément pronostique de tout premier ordre.
C'est enfin un excellent mode d’appréciation des résultats de la thérapeutique instituée.
LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, Fu WEILL.
LE DOoYEN,
Pour le Doyen, l'Assesseur,