‹ La peste en Turquie dans les temps modernesChapitre 48 sur 60 · LA PKSTE N'KST PAS UNE MALADIE ENVAHISSANTE · texte numérisé non relu

LA PKSTE N'KST PAS UNE MALADIE ENVAHISSANTE

sur SOS germes, sur leur vitalité et leur ténacité. Nécessairement alors, quanti la maladie diminue et s'arrête, on est porté à attribuer cet elTet aux moyens employés, quelque minimes qu'ils soient. Tel a été, et tel est souvent encore souvent le cas en thérapeutique. Ai-jo besoin de rappeler l'époque, encore voisine de nous, où nous croyions notre intervention si puissante dans la plupart des maladies? Cette croyance n'a pas pu se maintenir quand on a vu les systèmes thérapeutiques les plus opposés ou les plus nuls amener des résultats presque identiques dans la guérison et dans la durée des maladies. On en est ainsi arrivé à comprendre que la plupart des affections avaient un cours naturel dont elles ne déviaient que difficilement. Cela a rendu la thérapeutique non pas nulle, à Dieu ne plaise, mais plus difficile dans l'enregistrement de ses succès, plus précise dans la notation de l'action des remèdes. Ainsi, la comparaison que l'on peut faire des épidémies modernes de la Gyrénaïque et de la Mésopotamie avec celles qui les ont précédées au commencement de ce siècle et dans les siècles passés, mène à cette conclusion : que la fin des épidémies, en I808 et en 1874, 1875, 4876, 1877, a eu lieu précisément à la même époque que dans les épidémies antérieures. De plus, si l'on compare les pestes qui se sont développées dans l'Empire ottoman de 1858 à 1877, à celles qui ont eu lieu en Perse dans ce laps de temps, on voit que la durée des phénomènes morbides et leur répétition n'est pas plus grande en Perse, où les mesures sanitaires ont été pour ainsi dire réduites au

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minimum, ou tout à fait nulles. On reconnaît môme que la peste, malgré l'absence presque complète des mesures restrictives, n'a jamais présenté en Perse l'extension et les répétitions annuelles qu'elle a eues en Mésopotamie, de 4874 à 1877. Elle s'est toujours, on peut le dire, éteinte sur place avec une remarquable constance. On aurait adopté les triples cordons sanitaires de la Russie et les quarantaines les plus sévères , qu'on ne serait pas arrivé à un résultat plus avantageux que celui de la limitation spontanée de la peste dans le Kurdistan en 4871 et à Recht en 1877. On aurait intercepté toutes les communications, entre l' Azerbaïdjan et le territoire de Mukri, envahi par la peste en 1874, qu'on n'aurait pas pu mieux préserver qu'elles ne l'ont été naturellement les villes de Maraga, ïauris, Soudje-Boulak, Ourmiah^ Khosrova.

Tous ces faits ne nous donnent pas le droit de dire que les cordons et les quarantaines sont inutiles ; mais ils nous permettent d'affirmer que, s'ils sont souvent inefficaces, au moins par suite de leur application dé- * fcctueuse, ceux qui les appliquent ainsi n'en sont pas moins les témoins oculaires de la disparition de la peste et de son extinction naturelle.

Ainsi, des faits que nous avons passés en revue dans les livres précédents, des considérations et des commentaires auxquels nous nous sommes livrés à leur sujet, il ressort une grande vérité qu'on ne saurait trop mettre en lumière ici, parce qu'elle devra être un jour, quand elle sera connue dans tous ses détails, la base scienti-

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