‹ La peste rougeChapitre 27 sur 45 · TE RENDUE FÉROCE · texte numérisé non relu

TE RENDUE FÉROCE

» .Nous avons décr' té de tout brûler, d'égorcjer tout le » monde, sans commisération, dans les départements in- » surgés de la Vendée et outres; par ce moyen, nous avons » prolo/Kjé cette guerre affreuse. Nous avons à nous re- )) procherle meurtre d'un million d'individus, tant hommes » que femmes et enfants, de part et d'autre. Nous avens » envoyé dans la Belgique des commissaires </?// o»//V?/Y » détester le nom français par leurs brigandages.

)> C'est nous qui avons établi les commissions militaires )) pour condamner les rebelles, moyen adroit pour confondre 1) les innocents, et les hommes trompés ou égarés. Ne trou- » vant pas assez d'énergie dans ces juges ou bourreaux, » nous les avons remplacés par une commission tempo-

» raire. Celle-ci a parfailoment répondu à nos vues , car » son premier coup d'essai fut d'en expédier 209 h la fois. » Il est vrai que nous avons choisi les jacobins de Paris, les » plus énergiques, pour aller faire ces expéditions, d'après » l'invitation de noire digne collègue CoUot d Herbois.

» Nous n'avions pas décrété les mitraillades, ainsi que » les noyades et mariages républicains de Nantes ;;wu/- ré- » parrr cette omission involontaire, nous avons ordonné )) la mention honorable des noyades, et approuvé la con- » dvite de nos collègues à Lyon.

» Et pour la destruction de cette ville, nous avions choisi » pour remplir une si digne mission, nos collègues Collot » d'' Herbois, Couihon, Mair/net , Méaulle, Albitc^ Uey- » naud, Châteatinevf-Iiandon, l'el(qy,rte, Nioche, Gau- » thier, les prêtres Fouchc dr Nantes, et liassal, tous ja- » cobins, et Dubois de (Irancé, pour le siège.

» Nos collègues Fréron, Barras, Snlicetti, Gasparin, Ro- » bespierre jeune et le général Delapoype, boau-pèrc de » l'réron, se sont chargés de faire fusiller huit cents indi- » viduaà Toulon, guillotiner tous les fédéralistes de Mar- » seill", ainsi que de faire dém.olir les plus beaux monu- » ments de cette ville, et d'ensanglanter tout le Midi.

» Ta' lien, Beaudot, et le prêtre Isabeau, se sont char- » gés de faire guillotiner à Bordeaux, dans le département » de la Gironde, tous les fédéralistes, aristocrates, enne- » mis de la journée du 31 mai, anli-maratisles, tous ceux )) qui parleraient mal du gouvernement révolutionnaire, et » ceux qui nous aviliraient.

» Vous voyez que nous avions sur toute la surface de la )) France nos Carriers et nos Leboiis, pour activer nos » boucheries. Ce sont les Coin il es di salut, jmblic et de » sùreio (jénérale, noire ouvrage, qui rfaienl cliarrjés de )) s -ir veiller, d'organiser toutes les commissions rcvolic- » lionnairc.-, populaires et viililaircs.

» Beaucoup de ces tribunaux étaient composés, d'après )) 710S inst- vêlions, d'hommei faciles à tromper, ou féroces '■> qui, daiis des orgies s''annisaie)it à calculer combien de 1) victii/i?s itspourraient f'dre par jour.

)) Tous ces faits étaient dénoncés à notre Comité de salul » public, ainsi que les atrocités de nos proconsuls. Eh I) bien! nos comités, au lieu de rêpriïiier de pareilles hor- )> rcurs, cunfirviaiciti lu conduite des agents du crime et les

» applaudissaient ! , . . .

» INos proconsuls des départements, d'accord avec les » membres de nos Comités de salul public et de sûreté gé- » nérale, \y\'v.^T\\v.y.T ow découvraient toutes les conspira- » lions et dépêchaient les individas à noire Iribunal révo- )) lulionnaire de Paris, ciui jugeait, ou pour mieux dire,

)) envoyait à la mort sans cj-amen

)) Ce sont nos Comités qui donnèrent l'ordre de conh sttuirc des milliers de bastilles pour te punir, peuple )> souverain, d'en avoir abattu une , le 14 juillet y, 1789.

» C'est pour parvenir plus facilement à les remplir qn.e

» nous avons fait les lois sur les suspects, et décrété que » le dénonciateur était un homme vertueux, (ju'il méi'itail y> bien de la patrie.

)) C'est donc à nous qu'ouest redevable d'avoir entendu )' les enfants dénoncer leurs pères, les pères dénoncer leurs » enfants; des maris, leurs femmes; les femmes, leurs maris; » Thomme de confiance, son bienfaiteur; le débiteur, son M créancier: aussi nos bastilles, en peu de temps, furent- )) elles encombrées; hommes, femmes, enfants, octogé- » naires, iovt c/uit bon pour ne pas laisser uiavqucr du » besogne à non b'mrrcaux juiliciaircy. Plusieurs même » de nos proconsuls remplissaient les écuries de victimes, )) les attachaient à des râteliers, et poussaient la barbarie » jusqu'à vouloir leur faire manger leurs excrànents . . ))

)) Nous avons cru devoir faire (jxiilloliner U,us les sa- » vauts et tons les (jrands aitii-tcs, dans l'espoir de rc- » ijner plnsfaeileinent sur l'ig^oi^a^cv. et par l'ignorance.

') Celait notre collègue David, le peintre, et membre n du Comité de sûreté générale, qui s'clmt ehanjé depour- )) suivre a tonte ouf rance les artistes : il leur fit une guerre » il mort : Robctpi(rre et ses collègues poursuivaient les n (jcns de lettres- chacun de nous avait sa partie de crimes n à counncttre.

» C'est sous nos yeux que nos Comités de salut j)ublic » et de sûreté générale o/7/^<///.s«/e//< les consjiirationsdans » les maisons d'arrêt de Paris,\.[A\c6 que le Lnxej/i bourg, » les Carmes, Port-Libre..., ai c.c^ soijanlC'^quinze mal-

» heureux détenus à Birct'c, qui s'étaient avisés de con- » spirer contre nous, de vouloir arracher notre cœur, le » faire griller et le manger.

» Ici, le ridicule touche à l'atrocité.

» Il ne faut pas non plus que nous oubliions la fameuse » conspiration de Saint-Lazare, découverte par noire col- » lègue LÉONARD Bourdon, Va-sassin de neuf pères de fa- » mille d'Oriéa >s.

» Ce sont aussi nos Comités qui ont découvert la conspi- » ration de Batz et de l'étranger, pour l'assassinat de )) C.ollol d'f'lerbois et de Rohespierre, et c'est notre col- » lègue Elie Lacoste qui nous en fit un rapport. — Nous )) avons décrété de suite que soixante individus, hommes, )) femmes et filles de dix-sept ans, qui ne s'étaientj«w«/s vus » ni connus, seraient traduits au tribunal révolutionnaire. »

» Nous avons cru devoir ne pas donner de suite à l'acte » d'accusation contre Co'lof, Billaud et Jkirrèrc , dans » la crainte trop bien fondée qu'ils ne parvinssent àprou- » ver que nous avions partagé leurs crimes ; en consé- » quence, nous les avons condamnés à la déportation : » entre eux, les brigands se ménagent. »

Voilà de grands aveux, ils sont sincères !...

La Fiance, en no inant la Convention, a produit une monstruosité qui fait frémir la nature.

Prudhomme, Membre de la Convention.

[Dkiwvniiirc des crmcs de In Kcvo'it/.o». Vol. I".

lie Règne des Koup^ei»

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