‹ La peste rougeChapitre 3 sur 45 · CONVENTION NATIONALE · texte numérisé non relu

CONVENTION NATIONALE

Séance du samedi 13 juillet 1795.

Un secrétaire fait lecture des lettres et adresses.

Le Président. — Citoyens, des parents des citoyens d'Orléans condamnés par le tribunal révolutionnaire demandent à être introduits.

Plusieurs femmes éplorées, soutenues par un homme, dont tous les mouvements annoncent le plus violent désespoir, paraissent à la barre; on entend des cris : Grâce! grâce !

Un des pétitionnaires. — (c Législateurs , c'est au nom » de l'humanité, c'est au nom de la justice que nous nous » présentons devant vous.

» Nos pères, nos frères, nos enfants marchent au supw plice. L'un d'eux est père de dix-nruf enjmts... (Un » mouvement éclate dans l'assemblée.^ De dix-neu'' en- » fants, dont quatre ^ont aux frontières... Léonard Bour- » don ne nous démentira pas ; il est assez généreux pour » s'unir à nous pour demander un sursis qui donne à nos » malheureux parents le moyen de prouver leur inno- » cence... »

On demande dans l'extrémité gauche Vo'dr^; du jour.

Les pétitionnaires redoublent de sanglots et des cris : Grâce ! grâce!

Un des pétitionnaires, — a J'offre ma tête pour sauver » mon cousin, le père de famille le plus respectable... » Un ordre du président fait retirer les pétitionnaires. La Convention passe à V ordre du jour.

Les tribunes applaudissent (1).

Séance du quartidi 4 brumaire an II.

Dumont, député, se plaint de n'avoir trouvé dans la société populaire de Beauvais qu'un patriotisme à la glace ; mais il a employé des mesures révolutionnaires qui en ont déjà haussé le thermomètre.

Isabeau, Tallien et les autres députés commissaires à Bordeaux , annoncent un pareil succès dans cette ville , occasionné par leur arrivée. Ils ont désai'mé les gens suspects. — Il y a des fusils garnis en or. L'or ira à la Monnaie ; les fusils aux volontaires ; les fédéralistes à la guillotine.

Dans la même séance , le député Barrère annonce que des Français, des Bretons ont célébré à Brest une fête en réjouissance de la mort de la reine (2)... Non , Barrère, non ! pas des Français ! pas des Bretons , mais de brava=

(1) Histoire des Révolutions de Paris , par Phidhomme, n" 210, page 24.

(2) His'oire des Hé"olutions de Paris, par Prudrohme , 171 , 11° 2W.

sans-culottes, mais d'honnêtes assassins soudoyés par toi et les tiens pour couper des tètes, piller le peuple, outrager la vertu et profaner les tombes Non, pas des Français! non, pas des Bretons!

Séance du tridi lô frimaire on II.

On a fait lecture d'une lettre du tribunal révolutionnaire de Ville affranchie ( Lyon ) , en date du 9 frimaire , dans laquelle il est dit : « que chaque jour le glaive de la loi ;/

^)j ait tomber par trentaine la tête des com^piratevrs

» que les deux tribunaux, occupés saus relâche desfonc- » tions qui leur sont confiées^ ont déjà envoyé à la mort » plus de deux cents contre-révoluticnnaires , dont plu- » sieurs, en montant sur l'échafaud, ont crié : « Je meurs » POUR Louis XVII ; VIVE Louis XVII ! qu'ainsi les rois » n'ont plus d'a)ius qu'à lapotence (1). »

Séance du quarti'li, /" décade, i nivôse an II.

La Convention nationale , après avoir entendu le rapport de son comité de salut public, décrète :

Art. 1". — L'armée de la République dirigée contre Toulon a bien mérité de la patrie...

Art. 10. — Le nom de Toulon est supprimé. Cette commune portera désormais le nom de Port de la Montaghc.

(1) Prodhomme , Histoire des Révolutions de Parh. vnl. WIl. page 340.

Les maisons de l'intérieur de cette ville rebelle seront RASÉES; il 11 y sera conservé que les établissements nécessaires au service de la guerre, de la marine , des subsistances et approvisionnements (1)»

lia Société des Jacobins.

« Placez la terreur à l'ordre du jour! Que l'égalité » promène sa faux sur les têtes ! Que les suspects répon- » dent de la sûreté des braves sans-culottes! Que celte » classe impure de prêtres, de rois, de brigands couronnés » tombe sous la hache révolutionnaire »

Translation du cœur de jflarat aux CJordeliers.

Un orateur a lu un discours qui a pour épigraphe : 0 cor Jesus^ o cor Marat : Cœur sacré de Jésus^ cœur s'tcré de Marat , vous avez les mêmes droits à nos hommages.

L"orateur compare dans son discours les travaux du 7ï/s de Marie avec ceux de Vami du peuple ; les apôtres sont les Jacobins et les Cor délier s ; les Pub'icains sont les boutiquiers ; les Pharisiens sont les aristocrates ; Jésus est un prophète, et Marat est un dif.l.

L'orateur a fini par comparer la compagne de Marat à

(1) Prudhomme , Histoire des Révolutions de Paris, vol. WII, page 359.

la mère de Jésus : celle-ci a sauvé l'enfant Jésus en Egypte, l'autre a soustrait Marat au glaive de Lafayette , qui était un nouvel Hérode (1).

(l) Histoire des Révolutions de Paris, par Prudhomme , n" 211, page 61 .

Des IVonis.

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