‹ La peste rougeChapitre 6 sur 45 · RONDIN · texte numérisé non relu

RONDIN

Le (jnu'ral en chef de rari/tec rcrolutionnaire à ses frères et amis les Cordeliers.

« L'armée révolutionnaire est entrée le 5 frimaire ,) (an II), dans cette ville coupable, nommée si injuste- » ment Commune affranchie. La terreur était peinte sur » tous les fronts ; et le profond silence que j'avais eu soin » de recommander à nos braves soldats rendait leur » marche encore plus menaçante, plus terrible. La plupart » des boutiques étaient fermées: quelques femmes s'é- » talent rangées sur" notre passage ; on lisait dans leurs » yeux plu!i d'indignation que de frayeur

» La guillotine et la fusillade ont fait justice de plus )) de quatre cents rebelles. — Mais une nouvelle commis- » sion révolutionnaire vient de s'établir, composée de vrais » sans-culottes; mon collègue Parreinen est le président, » et, dans peu de jours, la mitraille, lancée par nos ca- » nonniers, nous aura délivrés en un seul instant de plus » de quatre mille conspirateurs. — // est temps d'abréger )) les formes ! Leur lenteur peut réveiller, je ne dirai pas le » courage, mais le désespoir des traîtres qui sont encore » dans les débris de cette ville impie.

» La République a besoin d'un grand exemple ; il faut » que le Rhône ensanglanté roule sur ses rives, et jusqu'à » la mer, les cadavres des lâches qui ont assassiné nos

» frères; — et tandis que la foudre qui doit les exterminer )) en un moment portera la terreur dans les départe-

» ments , il faut que les flammes de leurs repaires dé-

» vastes annoncent au loin le châtiment destiné à ceux )) qui tenteraient de les imiter.

)) Ces mesures sont d'autant plus urgentes , que , dans » cette commune, forte de cent vingt mille habitants, on » trouverait à peine, je ne dirai pas quinze cents patriotes, » mais guitize cents hommes qui n'avaient pas été com-

» plices de la rébellion

)) Salut et fraternité.

Page 1