SCÈNE PREMIÈRE MADAME LOCEiiAlS, ANDRE, LOGERAIS
LOGERAIS, entrant joijeux.
André, ton noyé est rentré. Tranquillise-toi!
ANDRÉ
Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
LOGERAIS
Tu le demandes? Il a fait la noce pendant doux jours avec les trente francs de la facture qu'il était allé toucher, parbleu .. Il aura causé ma joie, ton noyé Je le trouve admirable... je le dis qu'il est admirable... Tous les défauts, tous, il les a... 11 finit par devenir beau.
MADAME LOGERAIS
Pourquoi l'as-tu envoyé toucher une facture ?
ll^l LA PETITE AMIE
LOGERAIS
Tu remarqueras qu'elle n'est que de trente francs.
MADAME LOGERAIS
Mèm.e de trente francs.
LOGERAIS
Tu veux le savoir. Je vais te le dire. Parce que depuis cinq mois qu'André nous Ta amené, j'avais constaté chez lui tous les vices ! Il était menteur, poltron, ivrogne, oh ! ivrogne ! il buvait l'alcool des lampes, — lubrique... il courait après les apprenties et les septuagénaires ; quoi encore? Il était insolent que ça m'en faisait plaisir. Mais je n'avais pas encore pu le pincer comme filou. Ça y est ! Maintenant je suis satisfait, je l'ai assez vu, je viens de le mettre à la porte.
MARGUERITE, j)Ci'^^(^'^ssant à la j)orte de Vatelier.
Madame Logerais ! [Elle disparaît. Madame Logerais sort )
LOGERAIS
Il veut te parler avant de partir. Je vais te l'envoyer !... [A la porte de Vatelier.) Allons, Chariot arrive don Juan, arrive, ivrogne... Viens, mon ami, mon doux ami, M. André est là... {S' effaçant pour le laisser passer.) Passez, monseigneur. [Logerais sort. On voit paraître un être hébété, minable et souffreteux, boitant. Rien de risible. Il entre.)
LA l'ETlTli AMIE 113