‹ La petite clique dévoilée ou Quelques explications sur les manoeuvres dirigées contre la minorité patriote [microforme]Chapitre 1 sur 5 · PAROLES D’UN CROYANT · texte numérisé non relu

PAROLES D’UN CROYANT

Ouvrage défendu par NoTRE SAINT PERE le PAPE, et réimprimé par Ludger Duvernay, imprimeur de la Minerve, à Montréal, en 1836.

| | Il faut vivre dans cette province reculée de l'empire britanni- | À que, parmi les individus qui, tout en se disant PATRIOTES, cherchent nu à opérer la dégénération d’une population paisible, et dans ces #1] e temps de fièvres politiques, où tous sentimens de respect humain du se trouvent sacrifiés à la basse jalousie, pour avoir à répondre aux attaques multipliées de misérables, qui ne se font les instrumens aveugles des actions les plus deshonorantes que parcequ’ils en espèrent un impudique salaire.

Ces réflexions viennent naturellement assaillir toute âme hon- . nête qui a le courage de lire les sales et infâmes articles dont la Minerve et son digne accolyte, le Vindicator, ne rougissent point de souiller leurs colonnes depuis quelque temps, au grand scandale même de leurs plus bénévoles admirateurs. Depuis le vôte des subsides, C. C. Sabrevois de Bleury, Ecr., avocat du barreau de Montréal et membre du parlement-provin-

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} | cial pour le comté de Richelieu, est en butte aux persécutions polémiques les plus dégoutantes comme les plus dégradantes, tant pour ceux qui s’en rendent coupables que pour ceux qui en

permettent la publication. Ce sont les efforts impuissants d’une PETITE CLIQUE, qu'il est du devoir des véritables amis du peuple

de signaler à son animadversion.

Chacun admirera le dédaigneux silence que Mr. de Bleury s’est imposé dans cette circonstance ; il a dû lui en couter pour faire ployer son amour propre outragé au sentiment d’un juste mépris ; fort de sa conscience, il doit attendre du temps la justification victorieuse de sa conduite parlementaire ; il ne pouvoit décemment descendre dans l’arène où ses lâches ennemis politiques sembloient vouloir l’entrainer pour se vautrer dans la fange dont ils se complaisoient à se couvrir eux-mêmes.

Mais, quand la dignité de ce qu’il se devoit à lui-même venoit fermer les lèvres au député du comté de Richelieu, ses amis ont crû qu’ils avoient un devoir impérieux à remplir envers leurs concitoyens : celui de repousser la calomnie qui s’attache à flétrir un homme dont l'éloge se trouve placé dans la bouche de tous les gens de bien. Ils entreprennent cette tâche honorable avec d’autant plus de chaleur, qu’il est nécessaire de prouver que la Minerve et le Kindicator nc sont pas, comme ils le prétendent, les échos de Popinion publique, encore moins ceux des chefs du parti libéral ; ils l’entreprennent avec d’autant plus de fermeté, qu’ils sont eux-mêmes patriotes, dévoués de corps et d'âme à la cause patriote, et qu’ils sont intimement convaincus que rien, dans la conduite de Mr. de Bleury, ne peut faire présumer qu’il ait dévié, un seul instant, des devoirs imposés à un député du peuple, des sentimens d’un sage et constant réformateur.

Nous remonterons un peu haut pour arriver aux tristes résultats de l’échauffourée politique dans laquelle on a tenté de compromettre à la fois le caractère public et privé de Mr. de Bleury ; car cet événement tient à des motifs qui sont loin de puiser leur source dans l'intérêt populaire ; il a été exploité par des hommes qui ne simpathisent point avec les chefs purs du parti patriote. On verra comme, souvent, les causes les plus insignifiantes, accolées avec les passions humaines, peuvent produire des effets déplorables.

. La représentation /hationale en Canada, comme partout ailleurs, est loin de former une réunion sans mélange d’âmes douées de toutes les vertus, d’esprits véritablement dévoués au bien public, de consciences détachées de tous calculs personnels. Laissant à part le petit nombre de ceux qui puisent leurs inspirations

dans le besoin de perpétuer les abus, parceque ceux-là étant réputés bureaucrates vôtent en conséquence de leurs opinions, nous ne nous occuperons que de ceux qui’ sont parés du beau titré de FATRIOTE ; et là, encore, nous devrons établir une distinction; car il s’en trouve'quelques uns qui font du patriotisme méfier et marchandise. Pour ces derniers; ils entendent toujours dépasser les bornes, parcequ’ils craignent de ne jamais paroitre &ssez chauds dans leurs'principes; ils crient sans cesse après leurs collègues de bonne foi et les dénoncent à l'opinion publique, parcequ’ils espèrent les maintenir sous leur dépendance et qu’ils. présument que leurs clabaudages léur rapporteront l'influence dont ils:ont grand besoin. Calculateurs de toutes les chances, ils deviennent jaloux de ceux qu'ils soupçonnent assez haut placés dans l'affection populaire pour arriver aux honneurs qu’ils convoitént eux-mêmes. Froids observateurs dé la foiblesse humaine, ils savent se jouer de la candeur des autres, pour les remorquer y leur suite et les charger de porter les coups qu'ils dirigent à écart: Bas et rempans vis-à-vis de qui est plus grand qu’éüx, ils conspirent contre lui en arrière et lui sourient en face. : Enfin ce sont des hypocrites politiques, et ceux-là sont les plus dangereux, dar ils

professent l’hypocrisie la plus difficile à démasquer.

Nous sommes heureux, cependant, d’avoir à dire que ces faux amis du peuple sont en bien petit nombre parmi nos reprée :1tans ; mais leur astuce décuple leurs forces, et ils éxercent ur: espèce de captation contre laquelle chaeun devra se : mettre en garde quand on les connoîtra.

Leur chef est un avocat qui veut à tout prix s’affublér du chapeau de juge ou devenir Orateür. Louis Ménard dit Lafontaine, autrement Louis Lafontaine Menard, ou ‘enfin L.'H. Laron- TAINE, comme il se fait appeler actuellement, a beau affecter de se tenir dans l’ombre,et,selon la stratégie des grands diplomates,

laisser ses Séides se compromettre seuls ostensiblement, il n’en est pas moins désigné, dans tout ment comme la vapeur mo-

trice qui met en mouvement le bâtiment de la petite clique ; lorsque les cartes seront bien brouilléés, à la manière qu’il Penténd, on le verra prendre son essort ét planer, comme le vautour, pour

fondre sur sa proie. Qu’on se rappelle avec quelle mauvaise A à

D Lis trtn tt tone temps

grâce il se défendit, en 1834, d’avoir été proposé pour Orateur par linapperçue minorité bureaucrate; la poire n’étoit pas mûre alors, et il falloit bien prendre l’air de mauvaise humeur contre des ennemis que les amis n’avoient pas jugé à propos de seconder. Qu'on se souvienne: combien il se montra acharné pour envoyer MR. PariNEau en Angleterre et les efforts qu’il fit pour provoquer cette assemblée chez Josepx Roy, dans laquelle son espoir fut déçu et son empirique crédit trébucha lourdement. A l’entendre: c’étoit l'intérêt du pays qui dictoit cette mesure, c’étoit un nouvel hommage rendu à Mr. PAPINEAU, qui seul avoit la capacité de contrebalancer Jon Neizson dans la métropole ; mais, - |! intérieurement, l’artificieux cabaleur prévoyoit qu’une convocation du parlement auroit lieu en l’absence de l’O‘Connell-canadien et que les patriotes placeroient au fauteuil celui qui, modestement, se fesoit appeler le N'apoléon-canadien. Narozeon ! lui ! ! ! il n’en } seroit pas même le singe, car le vainqueur de l’Europe n’auroit Ù pas voulu d’une bête sans énergie. Qui peut effacer de sa mémoire le langage groskier dont cet homme se servit contre l’hon. D. B. Vicer, parceque, dans cette circonstance, ce vieillard | . #’étoft montré assez offensé du peu de compte qu’on sembloit te- 1 nir des services qu’il pensoit avoir rendu à Londres, pour s’opposer aux vues de la faction ? Le discours du chef cliquocrate | fut tellement outré que ses amis sentirent combien la publication | en tourneroit à sa honte et qu’ils firent les instances les plus puissantes auprès de Mr. Leon Gosseiin, sécrétaire de cette as- | semblée, pour qu’il ne livrât pas à l’impression les notes qu’il avoit prises? À cette époque, les intimes de la clique buvoient, | chez le docteur VALLEE à la santé du nouvel Orateur en con- l templation ; O. PerrauLT, O‘Cazracuan et jusqu'a Duvernay prenoient part à la joie des libations ! Qui oubliera toutes les dénonciations dont il fut l’artisan contre les juges de la province, l’acharnement qu’il mit contre le juge GaLe ; les écrits qu’il livra au public pour rendre ces magistrats odieux aux citoyens; Paffectation avec laquelle il dovo qu’il ne falloit nommer que des juges canadiens et les choisir seulement dans les rangs des hommes aimés par le peuple; la petite note dans laquelle il étoit dit: ‘qu’on pensoit qu’on jetteroit les yeux soit sur l’hon. D. B. Vicer soit

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