‹ La petite comtesse (volume 2)Chapitre 4 sur 14 · ANTOINE · texte numérisé non relu

ANTOINE

LA MARQUISE

Que veux-lu, ma fille I quand nous perdrons la (ête, cela ne remédiera à rien.

BATHILDE

Ah I ma mère^ que je suis inquiète I

LA MARQUISE

Je ne suis pas fort tranquille non plus quant à cela. La bombe va éclater dans la journée, il n'y a pas à en douter.

BATHliiDE.

Quel coup pour lui ! et le jour de sa fête !

LA MARQUISE

Est-ce sa fête ?... oui, c^est juste,;., puisque c'est la mienne... Une chose assez plaisante, par parenthèse, que nous ayons le même saint, ton gracieux mari et moi 1

BATHILDE

Ne vaudrait-il pas* mieux lui tout avouer avant 'arrivée de ce terrible paquet?

ANTOINE, »urYenanU

(D*ua ton mystéiieux.) M. lo baroDL do FauqueroUcs demande à parler secrètement à madame la marquise.

LA MARQUISE

Boni l'autre maintenant, pour m'achever de peindre... Il demande à me parler secrètement, et il dit cela aux domestiques... comme c'est adroit! (\ AntoiDc) Priez M, de FauqueroUes de m'attendre dans la serre, et ayez soin que personne ne l'y voie entrer. (Antoine son.) Ce jeune homme a du zèle, mais quel étourneau I Heureusement, j'ai de la prudence pour deux.

BATHILDE

Oui, ma mère.

LA MARQUISE

Mais, pour en revenir à ton mari, peut-être en en effet vaudrait-il mieux le préparer... Au surplus, j'ai écrit dès l'aurore à ce brave Bonnieux, et je l'attends d'un moment à l'autre. Il est de bon con-

LE PARC. itf9

seil, et j'espère qu'à nous deux nous trouverons quelque paratonnerre.

ANTOINBy revenant, da même air mystérieux.

M. le baron attend secrètement madame la marquise dans la serre.

LA MARQUISB.

C'est bien, (a part.) Ce domestique est niais I — Au revoir, ma fille. Courage I

BATHILDE, seule.

Ah! que je suis tourmentée, mon Dieu!... Comment cela va-t-il se passer? Ma mère a été bien imprudente;... je crains quelque scène irréparable... Hélas I qu'on a de peine à être heureuse ! Tous deux m'aiment, et tous deux me font souffrir t (sue s'assoit «a an banc.) Mes goûts, cu fait de bouheur, auraient été si simples! — Une maisonnette comme celle-ci

(Elle dessme sur le sable atec la pointe de son ombrelle.), UUC CSpècO

de chalet dans un bois d'Amérique, en vue de la merrui ondule à l'horizon ; ici, un enclos de palissades pour le troupeau dont je suis la bergère; là, un hamac suspendu entre deux palmiers, et dans

iO

lequel je me balance au milieu de grandes fiourg de tapisserie et des oiseaux en miniature qu'on voit dans ces pays-là ; puis mon bien-aimé qui revient de la chasse, et qui apparaît ci-contre dans la clairière ; de cette main, il m'envoie une douzaine de baisers, de l'autre... Ahl (paui entre.)

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